DÉTAIL DE SA MAISON
Un écuyer.
Trois valets de chambre. Elle n'en avoit qu'un avant que madame la duchesse de Bourgogne vint en
France ; mais comme elle étoit souvent chez elle, elle en prit deux de plus pour le service de la Princesse.
Un maître d'hôtel.
Un officier, un aide d'office, un cuisinier, un aide de cuisine, un cocher, postillon, palefrenier, trois laquais.
Un portier.
Deux porteurs de chaise, deux ou trois femmes de chambre, une servante, un marmiton.
Elle ne se faisoit jamais suivre en carrosse que par un laquais et un homme à cheval, pour avoir l'air plus simple.
On lui demandoit un jour pourquoi elle n'avoit pas pris d'aumônier ni de pages. Elle répondit : « Cela auroit été bon à bien des choses, mais je n'ai pas voulu me mettre sur ce ton-là; il est au-dessus de moi. »
Elle étoit née simple et sans embarras, elle disoit souvent : « Que ne puis-je inspirer à tous mes enfants l'idée que j'ai, en me confessant, que c'est à Dieu même que je parle. »
Elle faisoit, autant qu'elle le pouvoit, un jour de retraite tous les mois.
Elle entendoit fort bien l'espagnol et l'italien, assez bien le latin. Elle savoit beaucoup et avoit beaucoup de lecture, mais elle étoit extrêmement modeste, disant : « Il ne faut pas qu'une femme paroisse savante. »
Ayant lu devant elle les Mémoires du cardinal de
Retz1, et ayant vu les portraits qu'il fait, à la fin du livre, de quelques notables de ce temps là, elle fit ceux-ci2 :