Les dames de Saint-Cyr dans leurs Mémoires racontent
ainsi cette visite : « Il vint lui dire adieu; ils furent deux
heures ensemble dont la plus grande partie se passa devant le Saint-Sacrement. Puis le Roi nous fit l'honneur de venir tout seul à la salle de la communauté et nous dit : « Adieu, mes- » dames, je me recommande à vos prières dont j'ai bien » besoin, car je suis un grand pécheur. » En disant cela il ne put retenir ses larmes, ni nous les nôtres, parce qu'elles nous attendrirent extrêmement. Il ajouta: « J'espère que Dieu daignera les écouter. » Puis il nous a dit, en pariant de madame de Maintenon. « Je vous laisse ce que j'ai de plus cher. » (Madame de Maintenon et la maison royale de Saint- Cyr, p. 207.)
quittant, elle dit : « Je les ai toujours bien payés; ils ont eu des gratifications du Roi tous les ans; s'ils ont été sages ils doivent avoir amassé quelque chose », comme en effet plusieurs avoient fait, et dont ils avoient acheté des charges chez les princes.
Je dois dire encore qu'elle faisoit des gratifications à quelques-uns de sa livrée qui étoient mariés. Je ne dis rien des présents que tous ces gens-là étoient à portée de recevoir, car tout le monde sait que l'on en fait ordinairement aux domestiques des gens en faveur. Madame de Maintenon a fait ce qu'elle a pu pour s'opposer à cette coutume, et je n'en parle que pour faire voir que s'il y a eu de ses domestiques à l'aumône, ce n'a pas été sa faute; il s'en sera trouvé quelques-uns qui n'auront pas eu de conduite, et qui auront été libertins après sa mort, et c'est ce qui a donné lieu à ces discours.