XII INTRODUCTION
cautions. Même dans les matières de la religion, elle a peu d'influence sur le Roi, et si elle insiste pour lui conseiller de bonnes lectures, le ramener dans la voie du salut, il détourne la conversation et répond « qu'il n'est pas homme de suite, voulant dire qu'il ne suivoit rien' ».
Que ce contact est froid. Et il est si rude, le plus souvent! On lui reproche d'exercer une tyrannie domestique; elle est la première esclave : « Quand le Roi est revenu de la chasse, il vient chez moi; on ferme la porte et personne n'entre plus. Me voilà donc seule avec lui. Il faut essuyer ses chagrins s'il en a, ses tristesses, ses vapeurs; il lui prend quelquefois des pleurs dont il n'est pas le maître; ou bien il est incommodé. Il n'a point de conversation. Il est tard; je suis debout depuis six heures du matin ; je n'ai pas respiré de tout le jour; il me prend des lassitudes, des bâillements, je me trouve si fatiguée que je n'en puis plus. Le Roi s'en aperçoit quelquefois et me dit : « Vous êtes bien lasse, n'est-ce pas? Il faudrait » vous coucher. » Je me couche donc; mes femmes viennent me déshabiller; mais je sens que le Roi veut me parler; il reste encore quelque minisire...