‹ Souvenirs sur Madame de MaintenonChapitre 2 sur 71 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

Il faut observer, cVabord, comment une femme s'habille. Selon la figure et l'air qu'elle se donne, on découvre le personnage qu'elle joue. Ecoutez celle-ci : « J'ai soutenu dans ma jeunesse et au milieu du plus grand monde de ne porter qu'une simple élamine dans un temps oii personne n'en portoit. Je n'avois pas assez de bien pour égaler les autres dans la magnificence de leur habillement; j'aimois mieux me jeter dans l'extrémité contraire... Je ne saurois vous dire l'estime que cela m'attira; on ne pou voit se lasser d'admirer qu'une jeune personne, au milieu du monde, eut le courage de soutenir un habillement si modeste; il l'étoit, en effet, et n'avoit rien de bas ni de rebutant; si la qualité de l'étoffe étoit simple, l'habit étoit bien assorti et fort ample, le linge étoit blanc et fin, rien ne sentoit la mesquinerie. Je paroissois plus avec cela que si j'avois eu un habit de soie décolorée... »

Rien qu'à ce trait, le grand-père Agrippa eût reconnu, chez Françoise d'Aubigné, le sublime détour du « paroislre ».

Le confesseur, le bon abbé Gobelin, qu'on eût pu croire plus myope, ne s'y trompe pas. Mademoiselle d'Aumale nous a conservé la remontrance où il alisse un de ces éloges divins aux-

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