XXXII INTRODUCTION
d'autre part, la vive et spirituelle physionomie de madame de Caylus. Voici, dans la génération suivante, une troisième figure aussi fine, aussi expressive, plus rare peut-être, madame de Louvigny.
Ces charmantes personnes ont réalisé, chacune avec les nuances de leur caractère particulier, l'idéal que se proposait madame de Maintenon dans la première conception de l'institution de Saint-Cyr. Elle entendait préparer ces jeunes filles, non pour le cloître, mais pour le monde, développer l'esprit, ménager les grâces, le charme, les garder du pédantisme et de la bigoterie.
On sait que son projet, si libre et si hardi, échoua en partie. En préparant pour Racine les diseuses d'Esther et d'Athalie elle pensa les gâter. Les prétentions, les vanités, les faiblesses humaines et féminines envahirent la maison : l'ivraie poussa avec le bon grain. « Ce ne sont plus des novices, disaient les mauvaises langues, ce sont des comédiennes'. »
Il fallut donc, sur l'avis des personnes pieuses et sages, rentrer dans la tradition et accomplir la réforme.