‹ Souvenirs sur Madame de MaintenonChapitre 28 sur 71 · INTRODUCTION. XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIII

Il n'en reste pas moins que les premières leçons et certaines traditions qui se perpétuèrent formèrent des âmes exquises. A la fin du grand siècle, on vit s'épanouir, — fleurs d'esprit et de grâce, — les meilleures parmi les élèves de Saint- Cyr.

Il n'y a rieti à ajouter au portrait que M. Taphanel a tracé delà sœur deLouvigny : le tableau est achevé et digne du modèle : « C'était une frêle personne, toujours souffrante et en proie aux migraines, mais gaie, vaillante, soutenue par une foi enthousiaste, par la passion du dévouement et du sacrifice, par l'intensité de la vie intérieure. Ses compagnes l'aimaient, l'admiraient, proclamaient bien haut la supériorité de ses lumières et de son esprit. Elles ne songèrent jamais cependant à lui confier le gouvernement de la communauté. Elle-même n'y aspirait pas : elle se jugeait impropre à cette charge; et elle l'était, en effet, moins par l'absence de certaines qualités professionnelles que par l'excès de certaines autres. Sa vivacité, sa générosité lui auraient fait commettre mille imprudences. Elle n'entendait rien aux affaires; mais elle disait très bien les vers, chantait à ravir, jouait on perfection du clavecin et de la basse de viole : « Elle est musi-

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