‹ Souvenirs sur Madame de MaintenonChapitre 31 sur 71 · I N T K 0 D U C T I 0 N . XX\ VU · texte numérisé non relu

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que madame d'HavrincourL obtient pour La Beaumelle la communication de cette letlre très secrète de Godet des Marais sur le mariage, dont les dames de Saint-Gyr disent elles-mêmes : « Nous n'avons rien de plus fort'. » C'est elle enfin qui procure l'étonnante lettre de l'évêque de Chartres à madame de Maintenon sur les « occasions pénibles » auxquelles celle-ci était encore assujettie à soixante-dix ans. Communiquer celte lettre c'est toucher presque au secret de la confession. Mais madame de Louvigny dit, avec une. hardiesse singulière : « Le respect auroit fait supprimer cette lettre; mais elle constate un fait trop essentiel pour qu'on le taise'. »

Elle parle sur le fait de la révocation de l'Édit de Nantes, et c'est elle qui fournit le mémoire attribué à madame de Maintenon, dont La Beaumelle devait tirer un si grand partie

Elle parla, enfin, de cette question si débattue, la part prise par madame de Maintenon dans les affaires de l'État. Un moment, elle avait hésité. Mais, ici encore, la force de la vérité l'emporte ; elle écrit à La Beaumelle : « Il est

3. Voir ci-dessous, p. 2oi, el le Mémoire dans GeliroY t 1 p. 293. J' • .

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vrai et je vous le confesse que j'ay supprimé un petit mot dans les Entretiens de madame de Mainlenon avec madame de Glapion ... C'est quand elle dépeint les soirées du Roy travaillant avec ses ministres, et elle à son ouvrage. Elle dit : « Quand on veut de moy, on m'appelle. » Et il faut mettre : Quand il travaille avec ses )ninisb'es et qu'on ne in appelle pas, ce qui est très rare. Du reste comptés que j'ay été fidelle et plus fidelle que bien d'autres ne l'eussent été; je ne sçai comment allier ce trait qui marque, en effet, la part que madame de Maintenon avoit dans les délibérations avec ce qu'elle a dit mille fois, qu'on s'abusoit quand on s'imaginoit que tout passoit par elle '. )>

Cet abandon, cette confiante, cette naïve et droite sincérité ont fourni à La Deaumelle les traits que son parli-i>ris a soulignés et qui ont tant contribué à arracher l'auréole qu'un art savant et une discrétion fidèle avaient si soigneusement préparée et respectée.

La Beaumelle profita de tout. Il ne tint ses promesses que dans la mesure où elles cadraient avec ses propres convenances. On sait ce qu'il

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