XL INTRODUCTION
Ce ne fut pas la dernière lettre. Elle restait encore sous le charme. Elle admire toujours l'écrivain et ne peut rompre tout commerce avec son jeune ami. Elle reprit donc cette correspondance à la fois maternelle et caressante qui, à défaut '( d'auteur favori », s'adressait encore à « l'enfant gâté ». D'ailleurs, elle se sentait trop ensfao^ée, et avec elle la communauté entière, pour qu'on put se dégager facilement. On félicita ofriciellement La Beaumelle; on lui ofîrit une écritoire et des llambeaux d'argent. On lui écrivit une lettre habilement rédigée pour le remercier : « Notre reconnaissance vous venge aujourd'hui, monsieur, de toutes nos méfiances, de toutes nos réserves eimesme de tous nos refus\ »
La Beaumelle goûta de nouveau de la Bastille : l'hostilité de Voltaire veillait. On le plaignit; on intervint pour lui. Quand il fut délivré, on entretint encore avec lui quelque correspondance; on laissa les relations se détendre lentement, on le ménageait. Il savait tant de choses!
La sœur de Louvigny ne renia jamais complètement le rêve ou l'illusion où elle avait vécu. Dans une lettre qu'elle écrivait en 1757, deux ans