‹ Souvenirs sur Madame de MaintenonChapitre 49 sur 71 · ET SOUVENIRS DE MADAME DE CAYLUS · texte numérisé non relu

ET SOUVENIRS DE MADAME DE CAYLUS

POUR SERVIR A l'histoire DE MADAME DE MAINTENON *

Le manuscrit dont nous entreprenons la publication partielle est divisé en plusieurs livres. Le j)remier est exclusivement consacré à la vie cC Agrippa d' Auhigné , le grand-père de madame de Maintenon, le second à la jeunesse de Françoise d'Auhigné, à son mariage avec Scarron et aux premières années de son' veuvage. Il ne s'y trouve rien qui ne soit dans les Mémoires mêmes d' A grippa d'Aubigné, ou dans le Mémoire sur madame de Maintenon, prccédeynment publié par nous. Le troisième livre commence par un récit succinct des premières amours de Louis XIV, cV abord avec Marie Mancini, ensuite

1. LaBeaumelle ayant intitulé sa publication : Mémoires pour servir à VUistoire de madame de Maintenon et à celle du siècle passp, l'auteur du manuscrit a voulu évidemment rappeler ce titre.

avec ynademoiselle de la Vallière. Rien non plus d'inédit, mademoiselle d'Aumale n ayant pu savoir aucuns détails par elle-même et ne parlant que par ouï dire. Il en est autremeyit lorsqu'elle en arrive à la liaison du Roi avec madame de Montespan, madame de Maintenon ayant été étroitement mêlée aux incidents et au dénouement de celte liaison. Ici, mademoiselle d'Aumale a pu être renseignée non seulement par madame de Maintenon elle-même, dont souvent elle invoque le témoignage dJrect, mais par les amis et contemporains de madame de Maintenon avec qui elle a pu s'entretenir. De plus, elle a eu manifestement à sa disposition la correspondance de madame de Maintenon dont les dames de Saint-Cyr étaient dépositaires, et qu elles ont dû lui communiquer, car, ainsi que nous le ferons remarquer dans nos notes, elle entre parfois dans certains détails minutieux qu^elle napu combattre que par ces lettres. Enfin mademoiselle d'Aumale a eu à sa disposition les Souvenirs de madame de Caylus, qui étaient encore inédits, puisc/uils nont paru quen 1770. Elle en fait largement usage, ainsi quelle le dit dans une note qu'on lira ci-après. Mats elle ne se borne pas à de fréquentes citations dont elle avertit le lecteur. A son pi'ojji^e texte, elle entreynêle des phrases tirées des Souvenirs de madame de Caylus,

sa7is les mettre entre guillemets. De plus, on remarquera que dans les endroits mêmes oii elle dit citer madame de Caylus, le texte qu'elle rapporte nest pas exactement conforme à celui des Souvenirs de madame de Caylus, tel que nous le connaissons par les éditions qui ont cours aujourdliui. Or nous savons par le témoignage d'un certain Marin, secrétaire du comte de Caylus {fils de la Comtesse), que ces Souvenirs furent imprimés en 1770 d'après une copie furtivement faite en vingt-quatre heures et probablement inexacte'. Il est donc plus que probable que nous sommes ici en présence du texte véritable des Souvenirs de madame de Caylus. Alonmerqué, qui avait eu entre les mains le manuscrit publié par nous aujourd'hui, et qui en avait projeté la publication, disait avec raison : « On y verra par intervalles le texte primitif des Souvenirs de madame de Caylus. Ce sera un point de curiosité assez grand

1. Voir à la fin des Souvenirs de madame de Caylus (édition Raunié, p. 326), la lettre que Marin écrivit en 1804 au directeur du Journal des Débats, lorsque Auger publia une nouvelle édition des Souvenirs de madame de Caylus. Voir aussi Vlntroduction mise par M. Asselineau en tète de l'édition publiée par lui. Quoi qu'en dise Marin, il est certain qu'il existait plusieurs copies des Souvenirs de madame de Caylus, et mademoiselle d'Aumale en possédait certainement une, puisqu'elle s'en est servie pour la rédaction de son premier Mémoire. Ces copies ont pu être, depuis lors, retouchées par le comte de Caylus, sans parler des inexactitudes probables de celle d'après laquelle ils ont été imprimés pour la première fois. De là l'origine de ces variantes.

6 MEMOIRES DE MADEMOISELLE D'aUMALE.

]30ur donner à celle partie de V ouvrage Vinlérêt de la nouveauté. » // faisait de plus observer que, « dans ce texte primitif, on retrouve toutes les négligences qui accompagnent nécessairement une composition faite sans peine, sans travail et sans recherche par une femme qui na pas à redouter le grand jour de la publicité^ ». En effet, la langue que parle madame de Caylus, dans le manuscrit de mademoiselle d'Aumale, est beaucoup jjhis familière et négligée que dans ses Souvenirs imprimés. Nous sciions étonnés si le lecteur trouvait quelle y pterd en agrément.

Lorsque mademoiselle d'Aumale cite madame de Caylus sans le dire expressément {ce qu'elle fait très souvent), nous n'avons point cru devoir mettre ces citations entre guillemets, mais lorsque ["emprunt est de quelque importance , nous l'avons signalé en note.

Nous commençoîis par la publicatioii d'un long fragment qui s'étend depuis l'arrivée de madcmie de Maintenon à la Cour, alors qu'elle s'appelait encore madame Scarron, jusqu'à son mariage ptrésumé avec Louis XIV.

1. Notice sur madame de Caykis, mise en tôle de ses Souvenirs. Collection Petitot, 2° série, vol. 66, p. 355 et 356.

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