Emmanuel-ïhéodose de la Tour, duc d'Albret puis duc
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pension ne durera qu'autant que aous serez sage. » Il respectoit la religion et vouloit qu'on la respectât, et qu'on ne fût à l'église qu'avec toute la décence convenable, et vêtu honnêtement*. Madame la duchesse de Bourgogne devant un jour tenir un enfant sur les fonts du baptême avec Monseigneur, vint entendre la messe en habit de chasse : c'étoit après la messe que devoit se faire la cérémonie ; le curé de Marly, où étoit la Cour, ne trouva point qu'elle fût en habit décent; en conséquence le baptême fut remis à une autre heure, et le curé fut fort approuvé par le Roi d'avoir fait cette difficulté -.
Comme le Roi aimoit beaucoup ses jardins, il n'avoit rien ménagé pour les embellir ; effectivement ils étoient alors très beaux. Le Nôtre, illustre dans la profession pour les jardins, et qui étoit actuellement intendant des bâtiments, vint à Versailles un mois avant de mourir, et demanda à voir le Roi qui le reçut avec sa bouté ordinaire. Comme il étoit pour lors âgé de qualre-vingt-
de Bouillon, grand chambellan de France. Il mourut le 17 mai 1730, à soixante-trois ans.
1. Étant encore fort jeune il avoit appris que des personnes de la première qualité avoient été au masque sous des habits religieux; il les fit chasser de la Cour dès le lendemain. {Noie du manuscrit.)
2. Ce ne fut pas le curé de Marly, comme le dit mademoiselle d'Aumale, mais le curé de Versailles qui renvoya ainsi la duchesse de Bourgogne; il s'appelait l'abbé Hébert et fut fait en 1712 évéque d'Agen.
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huit ans, le Roi le Ht mettre dans une chaise roulante comme la sienne pour le faire promener dans ses jardins. Le Nôtre, enchanté de la façon dont le Roi le traitoit, et fort étonné de se trouver dans cette position si près du Roi, ne put s'empêcher de s'écrier : « Ah! mon pauvre père', si tu vivois encore, et que tu puisses voir un pauvre jardinier comme ton tils se promener dans une chaise à côté du plus grand Roi du monde, rien ne manqueroit à ma joie^ «
1. Jean Le Nôtre avait été, avant son fils, jardinier et dessinateur des Tuileries. ^ ^
2. Cette anecdote, qui se trouve dans Saint-Simon (Edit. Boislisle, t. VU, p. 194j, a été textuellement empruntée par lui au journal de Dangeau, t. VIT, p. 273. C'est encore aux notes prises par elle sur le journal de Dangeau que mademoiselle tl'Aumale l'aura empruntée.
LE SIÈGE DE TURIN. — L'ANNÉE 1709 ET LES CHARITÉS DE MADAME DE MAINTENON
Le manuscrit s étend assez longuement sur Vacceptation de la couronne d'Espag72e par Louis XIV au nom de son petit-fils le duc d^ Anjou, et sur les événements politiques et militaires qui marquèrent les preinières années de la guerre de la succession d'Espagne.
Cette partie du manuscrit ne contient rien d'inédit et offre p)eu d'intérêt. Du récit succinct des op)érations militaires, nous croyons cependant devoir extraire ce qui a trait au siège de Turin, en raison du rôle qui est attribué à la duchesse de Bourgogne et à madame de Maintenon.
Lorsqu*on fit revenir monsieur de Vendôme d'Italie pour l'envoyer en Flandre \ voici comment le duc d'Orléans fut envoyé à sa place. Depuis plusieurs
1. Ce fut à la suite du désastre de Ramillies (23 mai 1706) que Vendôme fut rappelé d'Italie où il commandait depuis le commencement de la guerre contre le duc de Savoie, pour remplacer Villeroyà la tète de l'armée de Flandre.
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années que la guerre duroit, ce prince n'avoit point encore été employé. En conséquence, il avoit tenu beaucoup de propos à la Cour, et s'éloil plaint amèrement de l'inaction dans laquelle le Roi le laissoit. Quelques personnes prétendent même qu'il en parla à madame de Maintenon, qui lui répondit qu'elle avoit entendu dire au Roi que la vie scandaleuse qu'il menoit lui déplaisoit fort, et que c'étoit la seule cause de la façon dont il agissoit avec lui; qu'à cela le duc d'Orléans lui dit qu'il n'y avoit point de passion qu'il ne sacrifiât à l'envie de servir Sa Majesté ; que madame de Maintenon en conséquence lui proposa de se défaire de mademoiselle de Séry ', connue publiquement pour sa maîtresse, que le prince, à cette proposition, n'ayant dit ni oui ni non, et que madame de Maintenon se flattant de son consentement, lui fit écrire tout de suite un congé en bonne forme, qui fut envoyé à l'instant à ladite demoiselle, laquelle se retira dans un couvent. Ce ne fut, prétend-on, qu'après cela que le Roi consentit à le nommer pour commander en Italie ^
1. Marie-Louise-Madeleine-Victoire le Bel de la Boissière de Séry, née à Rouen vers 1680, avait été nommée fille d'honneur de Madame en mai IG96: elle s'appelait alors mademoiselle de Chaumont.Le duc d'Orléansachela pour elle la terre d'Argenlon, qu'il fit ériger en comté en février 1709. Elle épousa en 1713 le chevalier d'Oppède, devint veuve en 1717 et mourut le 4 mars 1748.