CHAPITRE Y
Agitation du peuple à la suite de la séance royale. — Cause de cette agitation. — • Mot de Sieyes sur le club breton. — Attitude de la cour. — Arrivée des troupes. — Discours de Mirabeau. — Adresse au roi. — Mirabeau chargé de la rédiger. — Il confie ce soin à Tauteur. — Anecdote à ce sujet. — Inquiétude générale. — Projets qu'on suppose à la cour. — Mirabeau craint d'être arrêté. — Mouvement de Paris. — Le roi se décide à y aller. — Mot de Mirabeau à cette occasion. — Contenance du roi à son arrivée. — Mort du marquis de Mirabeau. — Lettre sur les évènemens de Paris.
Ce fat à cette époque que le peuple commença à s'écliaufFei'. Je ne doute pas qu'il n'y ait eu des comités d'insurrection , des harangueurs payés, de l'argent répandu , et que ce directoire n'eût ses premiers agens à Versailles , bien plus dans la minorité de la noblesse que dans le tiers-état. — Je ne veux dire que les particularités qui me sont connues . Je crois fermement qu'à cette époque les députés du tiers -état agissaient avec très peu de concei't ; il n'y avait un commencement d'organisation que parmi les Bretons, qui s'étaient déjà exercés à cette tactique dans les disputes de leur province. Autant que je l'ai pu savoir, le club breton , qui se ren-
dait déjà très important par son union, fut pratiqué par la minorité de la noblesse ; on n'aura point d'histoire complète de la révolution jusqu'à ce que quelque homme de ce parti ait donné des mémoires fidèles. Une anecdote du temps que je me rappelle, c'est d'avoir rencontré Sieyes qui ne me nomma personne , mais qui sortait d'un conciliabule des Bretons et de la minorité. «Je ne retournerai plus avec ces hommes-là, me dit-il; c'est une politique de caverne, ils proposent des attentats comme des expédiens. :•
Duportetles Lameth ont eu la réputation d'être les machinateurs de la révolution de Paris. Le duc d'Orléans pouvait imprimer facilement le mouvement du centre. Il était au Palais-Royal comme l'araignée au milieu de sa toile. — Mais je n'ai l'ien su de tout cela que comme le public. Mirabeau n'était point lié avec eux. Son caractère fougueux et intraitable le l'endait peu propre à des coalitions. Il n'avait pas assez de suite dans l'esprit el n'obtenait pas assez de confiance pour être chef; il avait trop d'orgueil et trop de force pour être secondaire. Il restait donc indépendant, envieux à l'excès de tout crédit naissant dans l'assemblée, épigrammatique en gros , mais flatteur en détail , séparé de ses collègues par son dédain pour les uns et sa jalousie contre les autres. J'allais souvent à Paris avec lui. Je suis convaincu qu'il n'a pas eu la moindre part aux mouvemens de la capitale.
Ceux qui veulent expliquer la révolution par des
machinateurs cachés font une grande erreur. Ce n'est pas eux qui ont créé la disposition générale , ils n'ont fait que s'en servir ; ils l'ont augmentée , ils l'ont dirigée ; mais il est ridicule d'imaginer des conspirateurs pour expliquer une impulsion aussi grande, aussi soudaine, aussi vaste que celle du peuple français, à l'époque dont je parle. Tout était ébranlé à Paris. Les têtes les plus fi'oides participaient à la passion du moment. C'était la masse entière qui s'était échauffée. Un cri dans le Palais- Royal , un mouvement fait par hasard , un rien pouvait causer une commotion générale. Dans cet état des choses , ce sont les tumultes qui produisent les tumultes , c'est la maladie de la veille qui s'aggrave le lendemain.
Les détails se sont effacés de ma mémoire , mais je me rappelle cet intervalle de la séance royale , jusqu'à cette triste apparition du roi dans l'assemblée lorsqu'il vint se rendre à elle et pour ainsi dire se déposer après la prise de la Bastille; je me rappelle, dis-J8, cet intervalle comme un temps de trouble et d'obscurité : on faisait courir défausses alarmes ; on savait, on ne savait pas; on avait donné un ordre, on l'avait i-etiré : on voulait tout expliquer, tout deviner, supposer un motif aux choses les plus indifférentes .le palais était surveillé; on épiait tous lesmouvemens, tout faisait scène. Il y avait des insurrections dans Versailles qui naissaiejit , non d'un projet , mais d'une disposition soupçonneuse et irascible. Cependant , les trois ordres restaient divisés , dans
une attitude menaçante. La cour faisait marcher destroupes; Versailles se remplissaittle soldats étrangers ; un appareil militaire se déployait partout. On parlait sourdement d'un changement dans le ministère, et le nom des ministres désignés ne rassurait pas les communes. Tant de mouvemens ne pouvaient avoir pour objet de la part de la cour que de se mettre en état de faire respecter la séance royale, soit en ordonnant le déplacement de l'assemblée que le voisinage de Paris rendait trop redoutable , soit en prononçant sa dissolution, si on osait le faire sans s'exposer à la guerre civile, dont la seule idée faisait frémir le roi. Mais quelles que fussent les intentions de la cour , c'est-à-dire les intentions de ceux qui menaient les affaires , bien différentes de celles du roi , il y avait un secret alarmant dans toute leur conduite : on voyait des préparatifs , on voyait un plan se développer par degrés , et l'on n'en savait pas le résultat. Cette défiance alluma toutes les têtes , et la fermentation à Paris était au comble.
Reybaz et Clavière vinrent de Paris et nous assurèrent que bientôt il serait impossible de contenir le peuple. — Us excitèrent Mirabeau à se prononcer dans cette occasion : si l'assemblée , lui disaient-ils , a eu tort de se nommer Assemblée nationale , c'est une résolution sur laquelle on ne peut plus revenir sans avilir la représentation du peuple , et donner un triomphe complet à l'insolence de l'aristocratie. Les états-généraux dissous, la banqueroute est inévitable ; les peuples en se-
ront bien aises , le gouvernement adoucira les impôts, il n'aura plus d'embarras , et la cause de la liberté est perdue. — Je suis certain qu'à cette époque les créanciers de l'état , corps très nombreux , très actif, très puissant à Paris , étaient tous en opposition directe avec la cour, parce qu'ils voyaient bien qu'on n'avait qu'à faire la banqueroute pour se tirer du déficit , rester avec un surplus , et ne plus entendre parler d'états-généraux, de constitution , de souveraineté du peuple.
On sut enfin que la cour faisait sonder les régimens qui étaient arrivés à Versailles, et les gardes françaises , pour savoir jusqu'à quel point l'on pourrait compter sur leur attachement et leur service. II n'y avait plus de temps à perdre, et l'on crut que le roi lui-même avait besoin d'être averti des manœuvres dont on pouvait lui cacher le but et le danger. Ce fut de toutes ces considérations que résulta le fameux discours de Mirabeau sur le renvoi des troupes ; ce discours était une sorte de résumé de tout ce qui s'était dit dans nos conversations particulières : c'est moi qui l'avais composé , et Duroverai avait rédigé les résolutions qui contenaient les mesures proposées. Parmi ces résolutions, l'une consistait à demander au roi l'établissement d'une milice bourgeoise : ce fut la seule qui fut rejetée par l'assemblée , et c'était peut-être la plus importante. Duroverai prévoyait que si le peuple prenait les armes de lui-même , l'autorité royale serait perdue ; mais que si le roi présidait
à cet établissement , il pourrait faire un tel choix d'hommes et d'officiers que cette institution , comme celle de la milice anglaise , serait une sauvegarde contre les insui-rections , sans alarmer la liberté. La dernière de ces résolutions était de présenter une adresse au roi relativement au renvoi des troupes. Il y eut un comité chargé de rédiger cette adresse ; car l'assemblée renvoyait tout à des comités , afin de donner le moins d'importance possible aux individus ; mais comme de toutes les fonctions , celle de composer et d'écrire est celle qu'il est le moins aisé de faire en commun , le comité chargea Mirabeau de lui offrir le projet de cette adresse. Animé par le succès du discours et plein du sujet ; encouragé aussi , car il faut tout dire , par les flatteries et les caresses affectueuses de Mirabeau que la gloire de la séance avait enivré, j'écrivis d'abondance et avec la plus grande facilité cette adresse au roi dans l'intervalle d'une séance à l'autre (i).
Je me souviens d'une circonstance qui m'amusa dans le moment. Garât , qui faisait partie du comité chargé de rédiger cette adresse, vint chez Mirabeau pour s'informer de l'heure à laquelle il pourrait s'y rendre. Mirabeau n'en savait rien, car j'étais alors dans la verve de la composition. li tergiversait dans ses réponses , et détournait obliquement ses questions. — Le lendemain, dînant
(l) Voyez cette adresse. Pièces justificatives , n° 1.
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chez M. de la Rochefoucault , un autre membre du comité , dont j'ai oublié le nom , s'extasia sur le mérite de cette adresse, et sur la modestie de Mirabeau qui avait consenti à tous les changemens demandés comme si son amour-propre n'avait été pour rien dans cet ouvrage. Je ne sais si le mien fut plus sensible , mais je trouvai que les changemens n'avaient pas amendé l'écrit ; Duroverai avait gardé longtemps l'original , ce dont je n'avais pas même eu la pensée. Je fus flatté des applaudissemens donnés à cette adresse , mais je n'eus point la sottise de la regarder comme un chefd'œuvre : je sentais bien que son plus grand mérite était dans la circonstance : il y a de la noblesse dans le ton , de la simplicité dans le style, autant de mouvement oratoire qu'en pouvait comporter le respect dû au monarque et la dignité de l'assemblée qu'on faisait parler. Il y avait surtout de la mesure avec une espèce d'onction , et les bienséances du sujet étaient observées. Voilà ce que Mirabeau approuvait d'autant plus qu'il ne se sentait point du tout ce genre d'écrire. « Mon style prend facilement de la force, disait- il, et je trouve aisément des expressions ardentes ; mais si je veux être doux , onctueux et mesuré , je deviens insipide , et mon style flasque me fait mal au cœur. )»
J'aurais pu dans la suite trouver des défauts dans cette adresse, mais il ne m'aurait pas été permis de les dire à Mirabeau. Son amour-propre embrassait
si bien ses enfans adoptifs qu'il prenait d'abord pour eux des entrailles de père, (i)
Au reste si l'honneur de ces écrits appartenait à un autre , il ne faut pas croire que l'auteur ignoré n'eût ses jouissances. C'est un sentiment assez flatteur que la considération d'une petite société de cinq ou six personnes , sans compter les alentours qui partagent peu-à-peu la même confidence. Je n'ai pas eu à me reprocher le moindre mouvement de vanité indiscrète, ou pour mieux dire, c'était l'amour-propre même qui gardait son secret , car au moment où j'aurais été tenté de le révéler , j'aurais cru voir un sentiment de doute ou d'incrédulité s'élever contie moi ; mais il suffisait que ce procédé fût contraire à la déHcatesse de l'amitié, pour qu'il ne me vînt pas même dans l'esprit.
Je ne fus pas long-temps à m'apercevoir que ceux qui fréquentaient Mirabeau regardaient Duroverai et moi comme ses faiseurs ; sa vie agitée, ses courses perpétuelles , ses occupations de l'assemblée, ses comités , son temps perdu , son goût pour les plaisirs , ne permettaient pas à ceux qui le con-
(l) Quand j'ai travaillé pour Mirabeau, il me semblait que j'avais le plaisir d'un liouime obscur qui aurait chano-é ses enfans en nourrice, et les aurait introduits dans une grande famille : il serait obligé de les respecter, quoiqu'il fut leur père. C'était mon cas : une fois que Mirabeau les avait adoptés, il les aurait défendus même contre moi: bien plus , il m'aurait permis de les admirer comme un trait d'estime et d'amitié pour lui-mèuie.
naissaient de le regarder comme l'auteur des écrits qui paraissaient sous son nom. Dans la suite cette fabrique eut un plus grand nombre d'ouvriers. IMais quand je fus désigné dans les Actes des apôtres et dans les brochures du temps comme un des auteurs de Mirabeau , je n'eus plus le même plaisir à travailler, et cette circonstance influa sur mon retour en Angleterre, ou plutôt le détermina, comme je l'expliquerai dans la suite.
La réponse du roi à cette adresse ne fut pas satisfaisante. On ne doutait pas de ses intentions personnelles , mais on le croyait mené et trompé. Il y avait un plan qui continuait à se développer, un plan dont on ne connaissait ni l'objet ni l'étendue ; des propos de subalternes menaçans , un air d'insulte , tout ce qui annonce un coup d'état, des mouvemens de troupes , des visites nocturnes des chefs dans les corps- de- garde , des conseils secrets de la cour où M. Necker n'était pas appelé , et une multitude de détails de la même espèce, composaient les évènemens journaliers que l'inquiétude et l'alarme exagéraient et dénaturaient encore. On n'était pas encore assez hardi pour parler de la conspiration de la cour. Ce mot ne fut trouvé qu'après la victoire ; mais il y avait un effroi général. La marche des troupes sur Paris et le renvoi de M. Necker décidèrent l'insurrection de la capitale. Je ne dis rien de ces évènemens publics dont je n'ai pas été témoin. J'étais toujours à Versailles dans l'assemblée nationale, dont la conte-
nance pendant le danger fut inébranlable. Il n'y avait plus de partis. La réunion était parfaite. La dissolution des états -généraux leur paraissait à tous l'annonce des plus grands malheurs.
La séance du lundi ( 13 juillet ) fut d'un calme effrayant. Ce qui s'était passé le dimanche à Paris était enveloppé sous mille rapports confus : on savait que le peuple avait repoussé aux Tuileries le régiment du prince de Lambesc ; que les gardes françaises avaient embrassé le parti du peuple , et qu'il y avait eu des fusillades entre eux et les Suisses ; que l'on commençait à s'armer, à enfoncer les boutiques des armuriers , à fermer les barrières ; qu'en un mot Paris était en insurrection ouverte. Mirabeaunous dit qu'il y avait une liste de proscription ; que Sieyes , Chapelier , Lafayette , Lameth, lui-même et plusieurs autres devaient être arrêtés ; qu'ils étaient bien avertis , et qu'ils passeraient la nuit dans l'assemblée, où ils se croyaient plus en sûreté que dans leur maison. En effet, on ne leva pas la séance , et dans l'intervalle des députalions qu'on envoyait au roi pour le conjurer de retirer les troupes dont la présence avait enflammé la capitale , on délibérait , si je ne me trompe , sur une déclaration des droits de l'homme , d'après un projet qu'avait présenté Lafayette. Le roi , dans ses réponses . disait aux députations que son cœur était déchiré ; qu'il était impossible que les ordres qu'il avait donnés pour le rétablissement de la tranquillité publique eussent causé les mouvemens
de Paris ; mais il ne parlait point du renvoi des troupes ; les hommes dont on le trouvait entouré n'étaient pas ceux qui pouvaient rassurer les esprits : le plan semblait encore marcher vers sou objet , lorsque l'assemblée fit un dernier efFox't et lui envoya une nouvelle députation plus solennelle le mardi matin. Mirabeau , d'une voix enrouée par les veilles , la fatigue et l'inquiétude , prononça quelques paroles qui furent vivement applaudis.
C'est un fait bien assuré que les troupes de Versailles avaient refusé l'obéissance , et quapi'ès la prise de la Bastille et cette singulière métamorphose qui , en deux jours , changea ces paisibles bourgeois de Paris en une armée de deux cent mille hommes , il ne resta d'autre parti au roi que celui de s'unir absolument à l'Assemblée nationale et de chercher dans son sein toute sa sûreté. Quel contraste que la séance du 21 juin! Le roi annonça tout de suite son intention d'aller à Paris. Mirabeau , que cette résolution étonna , et son exécution encore plus , me dit ensuite ; « Celui qui a conseillé cette démarche est un hardi mortel; sans cela, Paris était perdu pour lui. Deux ou trois jours plus tard , il n'aurait peut-être pas été le maître d'y rentrer. » Je n'attribue ces paroles qu'à la singulière sagacité de Mirabeau ; il connaissait le parti du duc d'Orléans et pouvait penser qu'il aurait profité de la circonstance pour s'emparer de la capitale. Si le parti du duc d'Orléans était capable
de former ce plan , il fut déconcerté par la visite soudaine du roi , (qui réchauffa toute l'affection des Parisiens. Il sembla que ces deux cent mille hommes s'étaient donné le mot pour le recevoir avec la solennité la plus effrayante ; il n'entendit d'autre cri, en allant à l'hôtel-de-ville , que vive l'Assemblée nationale! mais à son retour, comme si sa leçon eût été finie, les cris de vive le roi ! retentirent partout à son passage.
Le roi était d'un caractère faible , mais non pas timide : cette journée en est bien la preuve. 11 fallait un grand courage pour s'exposer au danger et même à l'humiliation de se présenter au milieu d'un peuple échauffé . qui semblait faire grâce à son roi en le recevant dans les murs de sa capitale. Au moment où M. Bailli lui dit que Henri IV avait conquis son peuple , mais qu'ici le peuple avait conquis son roi, il se tourna vers le prince de Beauveau et lui dit à demi-voix : n Je ne sais pas si je dois entendre cela. ;> Le prince de Beauveau lui fit un signe, et l'orateur continua.
La mort du marquis de Mirabeau , l'auteur de VAmi des hommes , obligea Mirabeau à s'absenter deux ou trois jours de l'Assemblée nationale. C'était le moment des motions pour le retour de M. Necker et contre les nouveaux ministres. M. Bertrand de Molleville , qui a porte tous ses préjugés dans ses prétendues annales de la révolution, n'a pas manqué d'attribuer le silence de Mirabeau, dans ces séances , à des intentions profondes.
Mirabeau, au milieu des distractions des affaires particulières et publiques , m'avait t'ait promettre de lui écrire un tableau de la révolution. Je m'en occupai à Paris , mais j'eus bien de la difficulté à rassembler les faits, à écarter les contradictions , à réduire les exagérations , à découvrir les vérités parmi tantde mensonges. Les causes de l'événement étaient voilées , les conseils secrets de la cour inconnus ; on pouvait dire le pour et le contre, soutenir qu'il y avait eu une conspiration et cju'il n'y en avait point eu. Il me paraissait nécessaire de séparer le roi d'avec les ministres , et de le représenter comme ayant concouru à un plan dont on lui montrait une partie en lui cacliant l'autre. Sur Paris même , plus la scène était vaste , plus les détails étaient confondus. Les uns me racontaient la prise de la Bastille comme un prodige , les autres réduisaient le prodige à rien. Je ne savais à quoi m'en tenir sur Launay et les invalides. Les crimes me parraissaient l'effet d'une passion soudaine , mais il n'y avait personne alors qui doutât qu'il n'y eût quelque perfidie. Enfin , bien persuadé qu'on ne savait pas l'bistoire d'un si grand événement à l'époque même où il était arrivé, je composai de mon mieux le récit contenu dans la divneuvième lettre de Mirabeau , où il fit quelques changemens et fit disparaître quelques traits de doute , parce que la conspiration de la cour était plus manifeste à ses yeux qu'aux miens. Cette lettre eut un succès prodigieux et nous en projuit un personnel pour nous-Mièines. o.