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C'était pour une répétition Je Parsifal

BERLIN. 241

d’agréer, mon cher docteur, l’expression de ma parfaite considération.

» C. WAGNER

» Bayreuth, 12 mai 1881. »

Le 16 mai je reçus du Maître le billet suivant, avec cette suscription : « Pour Seidl .»

« Hagen, dont la démarche lourde me déplaît absolument, doit, au deuxième acte, au moment où il se détourne de Brünnhilde pour aller trouver Gunther, faire ce geste aussi vivement rpie possible, car, avec sa démarche lourde, il produit un effet désastreux. Ne pas oublier, également, d’accélérer le mouvement à partir de ce passage, plus qu’on ne l’a fait la dernière fois. Gunther doit être bien plus énergique dans l’expression de sa douleur et Hagen doit toujours se tenir très près de lui.

» Compliments,

R. WAGNER

» Bayreuth, 15 mai 1881.

Madame Wagner m’écrivit, le même jour la lettre suivante :

« Cher et honoré Directeur,

» 11 m’a été impossible, à mon grand regret, de vous en dire davantage, le soir de notre départ. Veuillez avoir la bonté de faire emballer dans une

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caisse et de nous expédier, ici, en port dù, le surtout de labié que le personnel des artistes du théâtre a eu l’amabilité d'offrir à mon mari; nous avions tant de choses à régler le dernier jour, qu’il nous a été impossible de faire faire cet emballage nous-mêmes. J’ai donné l’ordre au portier de l’hôtel de porter ce surtout chez vous. J’ai prié, en outre, M. Dohm de vous remettre la lettre contenant une proposition de construction pour un théâtre; il serait bon, peut-être, que le délai fixé pour cette affaire ne fût pas trop grand.

» Mille fois merci pour votre télégramme d’hier : « Le monde est aux vaillants », dit le proverbe; puisse-t-il être vrai pour vous! puissiez-vous remporter ce soir, une nouvelle victoire avec Siegfried! Veuillez saluer cordialement de notre part les artistes qui se souviennent de nous, donner une vigoureuse poignée de main à « la Perle » et agréer pour vousmême, cher et vaillant Directeur, l’assurance de notre affectueuse estime.

» C. WAGNER

» Dimanche, 15 mai 1881. »

» P . S. — Mes souvenirs à madame Neumann. »

Le Maître avait télégraphié ce qui suit, à propos de Mime :

n f. ni, i n .

Bayreuth, ce 15 mai 1881.

« Pas oublier Mime dans leçon pour faire accélérer Siegfried, et accompagner intervalles, jeu plus vif.

» Compliments et remerciements,

» WAGNEn. »

Les comptes rendus des journaux du temps rapportent <pie le deuxième cycle des Nibelungen eut, à Berlin, un succès encore plus considérable et plus profond que le premier, qui avait été quelque peu compromis par suite de l’indisposition de Juger. A la deuxième représenlation, ce fut H. Vogl qui chanta également Siegfried, comme je l’ai dit. Le lendemain, la presse disait : « Ce n’est que maintenant que Berlin a réellement fait connaissance avec Siegfried. » Le Kronprinz, ainsi que le prince héritier de Meiningen, son beau-frère, ne manquèrent aucune des représentations du deuxième cycle.

Pendant le troisièmecycle, l’EmpereurGuilIaumel" était revenu de Wiesbaden ;l Berlin. Les journaux annoncèrent, à cette époque, qu’il s’était procuré les quatre librettos du Ring, et qu’il avait l’intention d’assister à une de nos représentations si les médecins le lui permettaient. Effectivement un fonctionnaire de la Cour vint chez moi pour me demander, de la part de I Empereur, le texte des quatre opéras, tel qu’il était chanté. Bismarck, on le sait.

244 SOUVENIRS SUR RICHARD WAGNER, n’allait jamais au théâtre, et cependant il manifesta également à E. Scaria, qui avait le privilège de le connaître personnellement, le désir d’entendre au moins une fois la Walkyrie. Parmi les admirateurs le plus enthousiastes des Nibelungen, il y avait aussi Ernesto Rossi, alors en représentations à Berlin qui s’écria, après avoir entendu Siegfried : « Mais, après cela, il n’y a que le déluge 1 ! » (sic).

Pendant la troisième représentation de Siegfried, au début du deuxième acte, l’assistance eut l’agréable surprise de voir le vieil empereur apparaître dans la loge de la Cour, où il demeura jusqu’à la fin du spectacle. On sait que le vénérable souverain, élevé dans le culte d’un art différent, n’a jamais été un fervent de Wagner. Mais il avait le cœur trop haut placé, trop de tact et le sentiment national trop développé pour se tenir à l’écart d’une fête à laquelle les plus éminents esprits de son peuple prenaient part avec tant d’enthousiasme.

Le chef de la maison Bote et Bock avait organisé, pour le lendemain, dimanche 22 mai, date anniversaire de la naissance de Richard Wagner, un « dînei solennel des Nibelungen ». Pendant le repas, nous remarquâmes que le maître de la maison avait 1 air tout gêné, à partir du moment où un domestique lui eut remis un message. La conversation générale languissait, enfin, Hugo Stocker me dit d’un air un peu

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