LE PRINCE DE FÛRSTENBERG
En efiTet, mon article de La Roumanie a paru le 2 décembre (v. st.) 191 4- H y a donc eu tout juste trente-deux jours entre mon aflBrmation et le démenti du prince de Fûrstenberg. Et ce n'est pas tout. Il s'est passé dix-sept jours entre le pre- - mier communiqué du Korrespondenz-Bureau et le démenti du prince de Fûrstenberg. Je note celte date, parce que, au moins à partir de cette date, ou plutôt de la veille de cette date, le prince de Fûrstenberg a dû connaître .mon article de La Roumanie^.
On comprend sans peine que je n'aie plus rien à discuter avec le prince de Fûrstenberg. Il serait absolument inutile de lui rappeler dans les moindres détails — je ne les ai pas oubliés — toute notre conversation. A quoi bon? Du moment qu'il nie m'avoir lu le document à lui envoyé par le comte Berchtold, qu'il m'a traduit en français dans les propres termes que, au besoin, l'Autriche défendrait la Bulgarie les armes à la main, je serais un sot de discuter encore avec le prince de Fûrstenberg.
Je m'en réfère à l'opinion publique.
I. Nous le lui avons envoyé, comme nous lui envoyons celui-ci, à Madrid, sous pli recommandé. (Note de la rédaction du journal « La Roumanie ».)
C'est à elle de choisir entre moti affirmation et le démenti un peu faisandé du prince de Fûrstenberg.
Un jour viendra — le temps viole toutes les archives — où le document même fera partie de l'histoire. Un jour, on le trouvera à Vienne. On trouvera aussi à Berlin le rapport du ministre d'Allemagne à Bucarest sur la communication que je lui ai faite, bien avant le commencement de cette guerre, alors que personne ne pouvait deviner les événements actuels, et que, serais-je un menteur émérite, je n'avais aucun intérêt à une pareille fabrication.
Mais comment a-t-on pu arracher, après vingtcinq jours de forceps, à un monsieur, une pareille déclaration ?
Je ne saurais le dire, puisque, encore une fois, à moi, personne n'aurait jamais pu m'arracher quelque chose de semblable. Mais l'intérêt, je le comprends. Il est des plus grands. Le document Berchtold de mai 1918 n'est pas seulement une preuve de plus de la préméditation du coup contre la Serbie.; il est aussi une preuve que, en 19 13, l'Autriche a encouragé la Bulgarie et que, après lui avoir fait commettre le pas fatal, elle s'est dérobée.