‹ SouvenirsChapitre 29 sur 51 · I. La Roumanie du mardi a (i 5) décembre · texte numérisé non relu

I. La Roumanie du mardi a (i 5) décembre

a. 11 s'agit «funo polémique avec le comte Andrassy sur la question des Roumains de Hongrie et les responsabilités de la guerre mondiale.

LE PRINCE DE FURSTBNBERG lOl

C'est M. Giolitti qui vient de rendre ce grand service à la justice.

M. Giolitti a établi ce que nous savions bien, ce que savaient tous ceux qui avaient vu les événements antérieurs à la guerre actuelle — mais qui, comme nous, les avaient vus des coulisses, et non pas de la salle de spectacle.

L'histoire vraie peut être résumée ainsi :

L'Autriche — qui n'avait jamais renoncé à l'idée de se compenser dans la péninsule balkanique de ses pertes en Italie, — a pourtant laissé faire la 'guerre turco-balkanique de 19 12, puisqu'elle était, tout comme l'Allemagne du reste, convaincue de la victoire turque. N'y avait-il pas eu, en Turquie, une mission militaire allemande? Les élèves des Allemands pouvaient-ils être battus? De misérables anciens rayas pouvaient-ils avoir qne valeur sérieuse ?

La défaite des Turcs a embrouillé tous les calculs de l'Autriche. Alors elle a perdu la tête. La fameuse affaire Prohaska-Abélard, de comique mémoire, a été l'épisode le plus caractéristique de cet affolement.

Dès lors, TAutriche a conçu le projet de plonger l'Europe dans le sang et le feu, pour regagner un prestige qu'elle croyait perdu.

Nous le répétons : pendant tout le temps qui s'écoula depuis la bataille de Lule-Burgas jusqu'à la paix de Londres, l'Autriche a voulu provoquer la guerre générale. L'entente anglo-allemande pour conserver à l'Europe les bienfaits de la paix — entente qui alors était réelle — lui a été une barrière infranchissable.

Mais l'Autriche n'avait pas renoncé à ses projets.

Avec une remarquable intuition des faiblesses humaines, elle a flairé la possibilité d'une guerre entre les vainqueurs. Et elle y a poussé de toutes ses forces, en encourageant la Bulgarie à commettre l'acte fatal*

Lorsque, de nouveau, elle se fut trompée dans ses calculs, lorsque la Bulgarie fut vaincue par les Serbes abhorrés, l'Autriche se décida à tomber, elle, sur les Serbes. — M. Giolitti en a donné la preuve la plus irréfutable.

Eh bien, qu'il nous soit permis d'imiter M. Giolitti et, d'apporter, nous aussi, une autre preuve, encore inconnue.

LE PRINCE DE FÛRSTENBERG Io3

En mai 191 3, le comte Berchtold chargea le ministre austro-hongrois de Bucarest de communiquer au gouvernement roumain — auquel s'étaient adressés Serbes et Grecs pour l'éventualité d'une attaque de la part de la Bulgarie — que (( r Autriche défendrait la Bulgarie les armes a la

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