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I. La Roumanie du samedi a3 juillet (5 août

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à cause de cela. Il était déjà, voici plus de vingt ans Magyar, très Magyar, et rien que Magyar, bien que représentant la monarchie dualiste, et recevant des instructions de Vienne.

Szeczen était, à l'époque dont je parle, premier secrétaire de la légation de Bucarest, et servait sous le comte Goluchowsky.

On s'agitait chez nous, dans ces temps-là, en faveur des Roumains de Hongrie. Les Magyars avaient terriblement aggravé le régime qu'ils faisaient endurer aux nationalités non magyares, et naturellement, chez nous, on ne réussissait pas à cacher l'amertume que les injustices magyares laissaient dans nos âmes. On était violent dans la presse, on manifestait de toutes les façons.

Aussi le gouvernement austro-hongrois était-il devenu plus que sensible, et le gouvernement roumain — dont je faisais partie — ne savait-il plus où donner la tête.

J'étais très lié avec le comte Szeczen. Comme nous nous voyions très souvent, par un accord tacite, nous avions convenu de ne jamais toucher la question des Roumains de Hongrie. Gela amenait souvent entre nous une gêne bien regrettable, mais nous faisions semblant de ne pas

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nous en apercevoir. La continuation de notre intimité était à ce prix.

Un jour, le comte Szeczen rompit le silence. Il «'était produit un incident qui, au fond, n'avait aucune gravité, mais que le comte Szeczen ne pouvait avaler. On avait, je crois, déchiré un tricolore hongrois. Il se décida à m'en parler lorsque nous fûmes seuls dans mon bureau. Il venait de déjeuner chez moi.

Il commença par me faire les imputations les plus acerbes sur ce qu'il appelait la tolérance ou la complicité du gouvernement, qui n'avait pas sévi contre les manifestants. Et, s'échauflant, il me dit, presque textuellement :

« Vous jouez ici un jeu dangereux. Vous prenez pour axiome que nous ne pouvons pas nous entendre avec la Russie, et vous escomptez une future guerre entre nous et les Russes. Eh bien, vous vous trompez. Si nous arrivons à nous convaincre que nous ne pouvons pas compter sur vous comme sur un allié sincère de l'État unitaire magyar, le seul qui nous intéresse et que nous défendrons jusqu'à la dernière goutte de notre sang, nous nous arrangerons avec la Russie. Après tout, les Garpathes sont une excellente frontière, et la Galicie, la Roumanie, et même

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