I. La Roumanie du jeudi 28 juillet (5 août
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pas l'habileté diabolique de mener les choses de telle manière que la Russie fût forcée,; elle, de déclarer la guerre. Et n'ayant pas sous les yeux le texte même de notre traité d'alliance, je n'avais pas la certitude que nous pourrions échapper aux tenailles du traité, sans avoir l'air de violer la lettre de l'engagement. La fameuse phrase « sans provocation de sa part », je ne réussissais pas à la restituer de mémoire.
Dans l'après-midi, je m'en fus visiter un ancien ami *, un Italien qui, ayant joué un rôle important dans les affaires de son pays, devait avoir eu connaissance du texte du traité italien, identique au traité roumain que j'avais lu, en juin 1908, au château du Pelesh.
Nous causâmes longuement sur le grave danger que courait la civilisation européenne. Nous espérions encore contre toute espérance ; parfois, même, nous flattions de trouver des aphorismes qui rendraient la guerre impossible, tellement elle nous paraissait monstrueuse.
Mais nous examinâmes aussi l'autre hypothèse, celle delà guerre. Il ne nous fallut pas longtemps pour constater que nous étions pleinement d'ac-