I. Suit le passage sur les responsabilités
Lemberg. Et d'autres ont répondu : Quoi ? De la stratégie ? Je ne m'occupe pas de stratégie militaire, je m'occupe de stratégie politique. Il est certain qu'après Lemberg l'Autriche avait perdu k tête.
Il est certain qu'elle a eu alors une vraie terreur de notre entrée en guerre, il est certain qu'à ce moment-là, nous pouvions faire des merveilles, mais comme je tiens à être juste, je me rappelle aussi certaines difficultés qui auraient entravé alors tout gouvernement roumain.
Une m'est pas permis, aujourd'hui surtout que nous sommes seuls à parler et que les autres ne répondent pas, que, par conséquent, notre parole ne doit ni tendre des pièges ni pécher par l'injustice, il ne m'est pas permis de rappeler la grandeur du moment perdu, sans me rappeler en même temps les difficultés, ces difficultés qu'on ne pouvait écarter que par des décisions qui me semblaient, à moi, faciles à prendre, mais qui ont pu paraître à d'autres trop difficiles.
Et je ne puis pas affirmer en toute conscience que la possibilité d'écarter ces difficultés fût plus près de la vérité que l'impossibilité qui apparaissait aux autres.
Ensuite est venu. Messieurs, un autre moment,
un moment que tout le pays attendait, et alors que les difficultés dont je viens de vous parler, les difficultés du temps de Lemberg n'existaient plus * . Ma conviction est que ces difficultés-là ne pouvaient pas réapparaître, et alors, simple question de conviction, à ce moment-là, Messieurs, au moment de l'entrée de l'Italie, noire entrée en guerre était toute indiquée, et elle aurait probablement influencé aussi la direction politique de la Bulgarie, malgré l'entêtement du roi Ferdinand.
Je connais les circonstances atténuantes qu'on allègue, mais, malgré tout, j'ai trouvé alors et trouve aujourd'hui que nous aurions dû profiter du moment, même en faisant des sacrifices. D'ailleurs, je me suis exprimé de la même manière à ce moment-là. Ce n'est que si l'expérience nous prouve que ces sacrifices-là pourront être évités définitivement, ce n'est que si l'expérience nous prouve que nous gagilerons tout ce que nous aurions pu gagner alors, que je ferai mea culpa. Je le ferai de bon cœur, parce qu'il n'y a personne parmi nous qui ne préfère s'être trompé et avoir à demander pardon plutôt que d'avoir raison lors-