II
des pensées inspirées par le moment actuel, mais par une longue expérience. Enf 1792, j'ai demandé et obtenu un décret d'accusation contre le trop femeux Marat , dont les feuilles conseillaient,' commandaient même le meurtre, le massacre et Tincendie.
- Dans le Conseil des Cinq-Cents, je fus nommé membre d'une commission chargée dé présenter une loi contre les calomnies publiées par tes journaux. Il est à remarquer que Syés; Treilbard et Cambacérès étaient membres de cette commission , et qu'ils en furent les provocateurs. Pendant le second ministère de M. d6 Bichelieu, 'je fus nommé présidéàt et rapportetat" d'tine Commission chargée d'examiner la demande d'udè censure illimitée, adressée i la chambre des Députés par ce ministèrSi fja Commission conclut à l'unanimité àTèfuser la censure et à démdfnder une loi particulière sur les jourtiailx. •ll'est'remar<|uable que le général Foy , qui^éiait de celte Commission y ^^^of^* ^^ avis,iet promit' de souteofip la loi'iorsqu'eHe serait présentée^ il était<t«Hemeiil
de cet avis , qu'il fit Téloge de oion Rapport à Stanislas de Girardf n , qui me le deinaqda pour le lire, et qui m'assura qu^il était entièremQnt de Tayis du général ^qj : très n^dheureuse-^ ment, le miqistèpe s^: retira deux jours avant le moment arrêté pour entendro le Rapport.
S'il avait eu la fermeté de l'ent^dre et de le combattre , la discussion aurait été très utile ; car elle aurait pri^ qn caractère nouveau relativement à la presse quotidienne.
S'il est vrai que les journaux ont la plq»
grande puissance} sivir l'esprit génén^l d'une nation légère , s'il est vrai que cette puissance s'accroU toiyours , parc^ qu'elle émane d'une grande ville qui , depuis cinquante an9 ) est la souveraine de la France, je ne craindrai p9S d'syouter qu'un caractère fier et générôu]t doit conaidérer avec douleui^ cette puissance des. journaux , et n'en doit,.porter le joqg qii'^veç indignation.
Je soufljte de penpei* qu'après unarticle aussi motivé, il m'est impossible de rien pré^nter qui piûssç diminuer le mal que j'attaqtie. Le seul moyen qui se présente à l'esprit, est la tète
forte et étendue d'un monarque; il ne serait certainement pas embarrassé; après ce moyen je n'en vois point qui ne doive être puisé dans la nature même de la chose. Peut-être serait-il possible d'établir un journal hebdomadaire^ qui serait composé par des hommes connus , dont les talents et le caractère inspireraient la confiance. Touts les articles seraient signés; aucune entrave ne serait apportée à la rédaction. Je ne voudrais point de prospectus , car on y promet toujours ce qu'on ne peut tenir, et on promet des merveilles que l'ensemble et les détails repoussent souvent d'une manière imprévue. Cet ouvrage s'indiquerait par son travail ; je lui voudrais une seule devise : Urbanité. Avec la politesse on peut combattre tout ce qui s'oppose à l'ordre social dans toutes ses parties , et tout ce qui corrompt la littérature; on sait combien elle a besoin d'une saine critique. Je voudrais que le gouvernement marquât cet écrit périodique d'un signe honorable en ne l'assujétissant à aucun cautionnement, et en ne lui demandant point d'éditeur responsable.
Cette destination honorerait les écrivains^ et suffirait seule pour les faire toujours marcher dans le noble chemin tracé par leur caractère ; il balancerait ainsi les mauvais effets de la licence.