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pectaient, et leur résistance à la main puissante qui gouvernait TAngleterre.
Les Bataves avaient-ils écrit dans une charte, le stathouderat est héréditaire? Non. Y Usaientils , la personne du stathouder est inviolable et sacrée? Non. Rapprochez ces deux phrases et voyez comme elles se prêtent un mutuel appui ; comme elles ne font qu'une seule el même obligation ; et dites maintenant si des articles de charte ont la moindre force, et si le serment juré sur ces articles ont eu autant de pouvoir sur nous, que la noble reconnaissance sur les Bataves.
Combien de pensées nobles et magnanimes les ont inspirés dans cette circonstance ! Allez plus loin, et dites vous : six provinces sur sept , sont fidèles au sang des Nassau. Chacune donne son suflGrage séparément et librement.
Une seule persiste dans son opinion particulière ; et par cela même constate la liberté politique de tout le peuple Batave.
Si , lorsque les Girondins demandèrent l'appel au peuple, en faveur de Louis rvi, les
trente anciennes provinces de la France eussent encore existé, ne devons-nous pas croire que la Gonveiitiou n'aurait pas osé refuser cet appel, ou que les grandes provinces auraient d'ellesmêmes répondu à cet appel? l'appel au peuple ne présentait point en lui-même la forme de ce vote idamense individuel , mais l'appel à des provinces^, accoutumées comme les sept provinces hollandaises , à présenter leur vote particulier, pouvait être suivi à l'instant même du vote de chaque province. Je croirais manquer au caractère national , si je supposais le contraire.
Les décisions de ces provinces n'auraientelles pas été l'acte d'une véritable liberté? je le demande à tout homme de bonne foi. Et un acte si libre , si solennel , ces voix imposantes des provinces , n'auraient-elles pas étouffé les germes des discordes civiles? la faction qui maîtrisait alors Paris et la Convention , auraitelle maîtrisé la France entière , si elle avait eu ce moyen si facile de prononcer sa volonté?
O Bataves de ces temps reculés , malheureux de n'avoir pas vécu dans un siècle de lumière,
mais heureux de n'avoir connu que les inspirations de vos âmes généreuses, combien vos descendants en se rappelant cette magnanime délibération que je retrace , doivent être fiers de voir ce sang des Nassau glorifié par vous, soutenir si dignement ce nom et le vôtre, et donner à touts les monarques l'exemple et les leçons d'une fermeté magnanime, si puissante par l'admiration qu'elle inspire.
Peu d'années après, Louis xiv conquît la Hollande, et la réduisit à une faiblesse extrême. L'infortune enfanta les séditions. Les peuples tournèrent leurs regards vers le jeune prince d'Orange, né après la mort de son père. Les six provinces fidèles au sang des Nassau , se prononcèrent en sa faveur, et le grand pensionnaire détermina la province de Hollande à suivre leur exemple. Guillaume fut rétabli dans les charges , si glorieusement exercées par ses ancêtres.
Ainsi , dans la reconnaissance des services de cette maison « il n^y eut pas d'autre intervalle que le temps de Tenfance et de la |H*emière jeunesse du dernier prince. Les États
écoutèrent alors non-seulement la reconnaissance et des sentiments patriotiques, mais encore le plus simple bon sens , en prenant le seul moyen capable de délivrer leur patrie des troubles et des malheurs qui fatiguent toujours une république privée d'un chef puissant. L'élévation de Guillaume donna à la Hollande de nouvelles destinées et une influence imprévue sur les affaires générales et sur la politique de l'Europe. Son génie rassembla autour de lui toutes les haines excitées contre la France. Il en fut le plus ardent provocateur , il imprima une direction nouvelle à la politique de l'Europe ; il opposa les plus grands obstacles au conquérant de la Hollande. De sa patrie vaincue, divisée ) ensanglantée par les factions, il fit le centre des négociations de toutes les cours, le nœud d'une ligue puissante contre la France. La Hollande compta parmi ses pensionnaires l'Empereur, les rois d'Espagne et de Danemarck, presque touts les électeurs et un grand nombre de petits princes de l'Allemagne.
Quel spectacle pour Tobservateur,- que celui
d'une puissance si grande, si imprévue d'un si petit État ! quelle en est la noble source ? les grands hommes qui se succèdent , comme nos aïeux avaient vu , dans des temps malheureux, Pépin Dhéristal , Charles Martel , Pépinle-Bref et Charlemagne. Dites*nous donc encore qu'il faut s'occuper des principes et non des hommes. Dites-le par l'inspiration de cette misérable jalousie qui nous a fait tant de mal. Guillaume m fut le dernier stathouder de la branche aînée des Nassau. La branche cadette n'eut cette charge que dans deux provinces.
Mais après beaucoup d'événements qu'il est inutile de rappeler , le stathoudérat fut rétabli et fut même déclaré héréditaire dans la branche cadette. Vous connaissez les événements qui suivirent, et vous arrêtez touts les jours vos regards sur la magnanime fermeté du prince qui gouverne la Hollande. 11 a toujours présent à sa mémoire la gloire de ses aieux ; et par ce souvenir, il enflamme et son peuple et lui-mémf^ de ces nobles inspirations qui rendent faciles les plus grands sacrifices , et triomphent des plus grands obstacles.
Ce court résumé nous montre dans toute sa splendeur la beauté de la plus noble vertu des rois et des peuples, la reconnaissance.
La reconnaissance des Bataves envers la maison de Nassau, a fondé la liberté et la grandeur de ces provinces ; et en d'autres temps nous avons vu la reconnaissance du premier monarque de la maison d'Hanovre envers ses serviteurs , fonder la puissance de sa dynastie en Angleterre. Je n'ose examiner s'il en a été de même en France.
D'un autre côté, pouvons-nous découvrir la reconnaissance d'un peuple dans les persécutions si cruelles contre Louis xvi, à qui la France devait tant de changements heureux dans notre ancienne législation , précurseurs de la convocation des États-Généraux après une guerre maritime si glorieuse , après la paix qui la suivit, et après lui avoir vu décerner solennellement par l'assemblée nationale le titre de restaurateur de la liberté Française.
On peut donc gémir en voyant la différence de la conduite des Bataves et celle d'un autre Peuple.