‹ SouvenirsChapitre 4 sur 12 · SUR W. LIEBKNECHT · texte numérisé non relu

SUR W. LIEBKNECHT

dhérents qu'aucun autre et réunit, comme on le voit, aux dernières élections, plus du quart des votants.

Liebknecht revint donc à Leipzig pour quelque temps, puis à Berlin. En septembre 1892, il parut au congrès des syndicats ouvriers tenu à Marseille, du 24 au 27, et présida la troisième séance, le 26.

« Faites la République démocratique et sociale, dit-il en prenant la présidence ; laissez-nous faire notre République démocratique et sociale et la question (d'Alsace- Lorraine) sera vidée. La guerre n'est pas une solution, car elle ne fait pas seulement des vainqueurs, mais aussi des vaincus. Supposez que vous repreniez l'Alsace-Lorraine ; dix ans plus tard, la bataille s'engagera de nouveau et tout sera remis en question. D'ailleurs, au point de vue de la protestation qui fut faite en 1870-71 par Bebel et par moi, tous nos camarades socialistes du Reichstag et nous, sommes prêts à la recommencer. Je le répète, le triomphe du socialisme en France et en Allemagne résoudra seul cette question. » (1)

Mais la présence du chef socialiste allemand avait fait grand bruit dans le pays et dans la presse française ; un arrêté d'expulsion fut lancé contre Liebknecht qui partit le 27 de Marseille faisant cette confidence à un journaliste :

« Je ne crois pas à mon expulsion ; il n'est pas possible qu'un gouvernement républicain se souille ainsi, il serait donc moins républiéain que le gouvernement allemand. » (2)

(ï) Voir le Temps du 18 sept. 1892.

(2) Id. ibid.

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Sur l'antisémitisme, il fit cette déclaration qui concorde avec les principes émis aux dernières pages des Souvenirs :

«.Les antisémites allemands ne ressemblent en rien aux antisémite^ français. Ce sont des coquins au service des grands propriétaires et de M. de Bismarck, dont le système financier a consisté uniquement à voler le peuple.

« Malgré . tout, le peuple allemand se rend très bien compte de la situation. Il sait que les antisémites essayent de donner le change et que, comme les voleurs pris au piège, ils crient à leur tour : (( Au voleur! » (i)

Aimé et respecté de tous ceux de son parti, Liebknecht, (de Vieux)) (der Alte) comme on l'appelait familièrement, passa ses dernières années à Berlin-Charlottenbourg, ne s'absentant guère que pour quelques voyages en Angleterre où il fréquentait surtout la famille de Karl Marx, son maître vénéré.

Beaucoup, il est vrai, se séparèrent de lui ces dernières années ; son intervention dans l'affaire Dreyfus fort mal interprétée d'ailleurs par nos compatriotes, sur la foi de traductions erronées ou tronquées avec passion, avait pu. lui retirer quelques partisans ; mais il restait toujours « comme une incarnation de la pensée internationale » (2). Et ce fut avec stupeur que le socialisme international apprit, le 12 août dernier, que le vieux lutteur était mort, comme il devait mourir.— subitement.

(1) Fiçvro, du 28 sept. 1892.

(2) Edgard Milhaud, Revue socialiste, sept. 1900, p. 305.

Bibliographie des œuvres de Liebknecht.

Volks-Fremdenwœrterbucb. Enthaltend ca. 30,000 Fremdwœrter wie sie in den djutschen Schrift und Urgangssprachen hasutig vorkommen. Mit verstasndlichen Ernklœrung und genauer Angabe der Aussprachtî und Betonung der Wœrters ; 3. Aufl., 1875

Zur Grund-und Bodenfrage. 1875 ; 2. vervollst. Aufl. (Liepzig, Vorwœrts, 1891).

Robert Blum und seine Zeit (Nùrnberg, 1890)

Die Emser T)epesche (1891 ; 5e édition Nùrnb., 1892)

Geschichte des jran%œsischen 'Révolution (Dresde, 1890)

Robert Owen (Nùrnb. 1872).

Ein Blich in die neue Welt (Stutt. 1887).

Der Hochverrathspro^ess gegen Liebknecht, Bebel und Hepncr vor dem Schwurgericht %u Leipzig vom 11. bis 26. Mœr% i8j2. Mit einer Einleitung von W. Liebknecht (Berlin, Vorwœrt^ 1894) . - Karl Marx %iim Gedœchtniss (Nùrnb., 1896J.

Ueber die politische Stellung der Sozial-Demokratie, insbesonders mit Be^ug auf den norddeutschen cReichstag. Vortrag im 3 1 . Mai abgehaltenen Versammlung des Berliner demokrat. Arbeiter- Vereins (Leipzig, 1869) ; 3, unverœnd. Aufl. Mit einem Vorwort und einem tragikomisclien Nachspiel. (Ibid. 1874 et Berlin,

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