‹ SouvenirsChapitre 6 sur 12 · JEUNESSE · texte numérisé non relu

JEUNESSE

le cachot dans lequel unhomme honoré, considéré et aimé partout, notamment dans le pays hessois et surtout à Marbourg, pays de son enseignement, — il était professeur de droit et de sciences politiques, — passait sa vie dans la tristesse. La destinée de Iordan, destinée que je ne pouvais séparer de ïa destinée de mon grand'-oncle, fit sur moi une impression extraordinaire, et chaque fois que, écolier et, plus tard, étudiant, j'« excursionnais » de Giessenà Marbourg, ce qui était très fréquent, je montais au château de Marbourg et cherchais derrière les barreaux les traits pâles de l'homme,' qui n'était que rarement visible, mais apparaissait cependant de temps à autre, méditatif et soucieux. Un jour il me fit un signe de tête' amical. Il avait dû lire dans mes yeux que ce n'étaient pas une vulgaire curiosité ou le plaisir de le voir qui m'attirait.

De ces promenades à Marbourg et au château, je revenais chaque fois en grand émoi, et la haine pour l'état imposé à l'Allemagne se gravait en moi de plus en plus profondément.

Inoublié et inoubliable est resté pour moi certain dimanche de mai 1840. Un ami de Marbourg, Heinrich Maus, étudiant en théologie, -et parent de mon tuteur chez qui je demeu-

rais, était venu en visite de Marbourg ; il apportait une poésie deDingelstedt, un natif de Hesse (d'un village près de Marbourg) dont la gloire commençait dès lors à rayonner (i). C'était imprimé sur une double feuille de ce (( papier buvard » immortalisé par Freiligrath (.2) dans sa Schlacht am cBirkenbaum {la bataille au 'Bouleau) et, lorsque Maus eut lu les premiers vers je lui arrachai ce papier et lus la poésie pour moi seul, m'enflammant de colère, jusqu'au bout, puis tout haut, presque suffoqué de passion, à toute l'assistance. Les vers du début me sont, encore aujourd'hui, présents à la mémoire. Il ma été difficile, après cinquante-huit ans, de retrouver la pièce en entier. Qui connaît encore aujourd'hui Dingelstedt, le poète de la liberté, le « veilleur de nuit cosmopolite », qui de cosmopolite est devenu politique, et dont les « longues jambes du pro grès )) sont devenues avec les années les lon-

(n Dingelstedt (Franz, baron von), né le 30 juin 1814 à Halsdorf, mort le 15 mai 1S81 à Vienne, fut successivement intendant des théâtres de Munich (1S5C), Weimar ( 1 S 5 7 j . de l'Opéra (1 67) et du Uurgtheater (1871) de Vienne. Il a laissé un grand nombre de poésies, tragédies, nouvelles, romans et des traductions et arrangements scéniques de Shakespeare.

(2) Ferdinand Freiligrath. p jète lyrique, né à Detmold. le 17 juin 1810. mort à Cannstadt (Stuttgart) le 18 mars 1876; il s'enfuit en Angleterre en 18 si er ne revint en Allemagne qu'en 1S6S. o une souscription publique fut faite en sa faveur. Son recuei d poésies, Ein Gîaubensbekenntniss (1849) fut interdit.

.SOUVENIRS DE JEUNESSe

gues jambes du recul ? Ces vers cependant sont pleins de pompe et, de plus, c'est une pièce d'histoire, de ma propre histoire.

Elle est intitulée : « Osterwort par Franz Dingelstedt, et réclame l'élargissement de 1 ordan. En voici les cinq premières strophes :

Là-haut je metenais, où, au milieu d'une mer de parfums et de fleurs, Gris et grand le donjon domine, pour garder la vieille ville de

[Philippe ; (2)

.A mes pieds de tous côtés riante s'étendait la chère vallée de la 1 ahn, Et avec les premiers rayons de mai, le printemps me regardait.

Lesespri s d'une joyeuse jeunesse surgissaient du sol clair : « N'était-ce pas là? — lit ici! — Et là-bas. .. » disaient des voies amies. Un souvenir muet et profond vint comme l'écho d'une cloche

| dominicale

1 ar les âmes des disparus lointains, qu'un nouveau lien resserra.

Soudain sur mon épaule se pose le doigt craintif d'un ami ; « Là, à la grille, >) dit-il tout bas, indiquant le chemin de ronde ; — Et deux yeux, grands, ardents, et une face pale, défigurée, Se fixèrent au delà des murailles sur la belle nature.

Seigneur du ciel ! Silence ! Silence ! Ne l'éveille pas de ses rêves ! Ah! peut-être justement, ce regard, soit par delà les arbres verts, Soit par delà les sommets bleus des monts, prit son essor vers son

[foyer,

Se riant de cestourset de ces pierres dans le glacier du libre pays !..,

Tu le reconnais ? — Le reconnaître? ! Un Hessois peut- il l'oublier? Ne vis-je pas comment, assis au banquet des heureux, Gomment il jeta feux et tonnerre lorsqu'il se leva en courroux, Gomment, au souffle de sa bouche, s'évanouirent en poussière

[ruse et puissance?...

Dingelstedt naquit au village de Halsdorf,

(1) Parole de Pâques ou de résurrection .

(2) Philippe le Magnanime (Philipp der Grossmùthige) né à Hambourg en 1^04, régna de 150g à 1567. C'est un des personnages les plus importants de l'Allemagne au seizième siècle. 11

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près de Kirchheim, à deux heures environ de Marbourg, — en face de ce soulèvement géant de basalte au sommet duquel Winfried Bonifacius (i) fonda V Amœnebburg (2), pensant à cette parole de la Bible : « Sur ce rocher je veux construire mon église ». « Le poète de Kassel », comme il se nommait dans son premier recueil de poésies, fréquenta à Marbourg le gymnase et l'université et s'enthousiasma pour la (( vieille ville de Philippe ». C'était en vérité une vieille ville, bien longtemps avant que Philippe le Magnanime et le Bien-Aimé ne vînt au monde ; et longtemps avant que, par amour pour son pays de Hesse, dont il ne voulait partager la souveraineté avec personne, pas même avec l'empereur, il n'y eût levé l'étendard de la Réforme..., j'allais presque dire de la Révolte, et n'eût fait poi-

introduisit en 1526 la Réforme dans ses Htats, et conclut la même année l'alliance de Torgau avec la Saxe électorale. A la tête de la ligue de Smalkade en 15 30, vainqueur de Ulrich de Wùrtemberg (i^H), il fut vaincu en 15^7 à Mùhlberg par l'empereur qui le tint cinq ans prisonnier. Il mourut le 31 mars 1567, après avoir partagé la Hesse entre ses quatre fils. En 1527, il avait fondé l'Université de Marbourg.

(1) Saint Boniface, apotre de l'AUemigne, né vers 680 à Idirton (Angleterre), légat du pape en Allemagne en 738 ; archevêque de Mayence en 717 ; fondateur de nombreux cloîtres et évêchés. Mort en 75$, enterré à Fulda.

(2) Amœnebourg. village d'environ 1.000 habitants, non k.in de Marbourg où eut lieu, le 21 septembre 1 6?, une bataille < ntre les Français et Ferdinand de Brunswick.

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gnarder, empaler, pendre et décapiter tant de paysans qui avaient eu la subversive pensée d'un royaume du ciel sur la terre ; sans doute pour en faire des saints protestants.

A Marbourg vivait encore, quand j'étais étudiant, le souvenir de Dingelstedt. On me raconta sur lui les choses les plus extraordinaires : comment il faisait de la nuit le jour, — ce qui d'ailleurs n'a rien de rare chez les étudiants ! — et comment il avait choisi pour ami le plus petit de l'Université, lui, le géant aux jambes interminables. Lorsque j'entrai à l'Université de Marbourg, il l'avait quittée depuis plusieurs années déjà, mais je l'avais vu pendant mes fréquentes visites antérieures, et toujours en compagnie de son ami lilliputien, derrière lequel il paraissait gigantesque, d'autant plus qu'il était mince comme un fuseau, ce qui lui avait valu le surnom de (( barre debout » (aufrechter Gedankenstrich) .

Toute l'affection de Dingelstedt pour Marbourgfet quia vu une fois cette perle de laLahn peut-il ne pas l'aimer ?) nous fut révélée par cette poésie. Et cette poésie qui, au printemps de 1840, avait déchaîné en moi une telle tempêted'enthousiasmeetdepassion,mefut rendu sensible aux yeux et à l'esprit, un beau jour

de mai 1847. De nouveau « une mer de parfums et de fleurs », d'où surgissait comme un récif du milieu de rochers chargés d'écume blanche, le donjon. L'image de l'homme qui, après avoir, là-haut, langui des années, endurant le supplice de Tantale à la vue du paradis où il lui était interdit de mettre le pied, et qui, déclaré absolument innocent par la Cour suprême, venait de quitter la prison, — la pâle image de Sylvester Iordan se leva devant moi, et à côté, la stature sanglante de Weidig, et le visage angélique de sa petite fille de seize ans, morte au logis paternel, tandis qu'il se consumait au cachot... (1) et comme un éclair, une pensée traversa ma tête : Tu as quelque chose à faire ! Donne libre cours

(1) Dans son beau poème Une Ame, Frdlivrath a chanté rassomption de l'enfant qui « là-haut » est accueillie par Schiller, Seume, Sçhubart, trois victimes de la tyrannie, et Seume, en particulier, de la tyrannie hessoise. Le poème se termine par ces vers mis dans la bouche de Seume :

Lui en un cachot, moi jadis au loin,

La même sinistre race de tyrans nous envoya.

Ne t'avait-on donc pas dit

Que le Seume vogua vers la Nouvelle-Ecosse ? Prie ardemment que bientôt avec les vertes cimes, Il retrouve le gazon de la Lahn autour de son coteau. Près de Hutten ton père doit s'asseoir, Fille de Iordan, prie et sois consolée. (L.) On sait que le grand poète allemand L. Schiller dut fuir de Stuttgart et de Wùrttemberg à la suite des tracasseries dugrandduc/ dans la nuit du 22 au 23 septembre 1782, en compagnie du musicien Andréas Streicher, son ami, à la faveur d'une fête donnée par Charles-Eugène au grand-duc Paul de Russie et de sa femme, nièce

à ton instinct. Nous avons un vivat à porter à la victime de la justice du cabinet et du Bundestag, et un pereat à ses exécuteurs.

Je pensai, j'agis ! J'en parlai à quelques amis, ils approuvèrent mon plan, et la nuit, nous montâmes au château et nous approchâmes de l'endroit qui avait servi de prison à Iordan ; et dès que le premier coup de minuit sonna à l'église Sainte-Elisabeth, je criai aussi fort que je pus, avec d'autres paroles plus ou moins appropriées, mon vivat et mon pereat . La scène était terminée avant que le dernier coup de cloche se fût éteint dans l'immensité. C'était en vérité une manifestation bien innocente ; mais la manifestation du Wartburgjest était aussi très innocente et elle avait eu cependant des suites vraiment tragiques ( 1 ). Non pas

du grand-duc. Schiller arriva à Maimheim le 24 et y resta trois ans.

Le poète Schubart (1737-1791) est surtout célèbre par la captivité de dix années (de 1777 à 1787) à Hohenasperg, où le retint le même duc, pour une épigramme.

Quant à Seume (Johann Gottfried), il eut une vie des plus agitées. Né près de Weissenfels, le 29 janvier 1763, il voulut un jour, avec 9 thaler en poche, partir pour Paris (1781) ; arrêté à Vach, il fut conduit de ville en ville jusqu'à Brème et embarqué pour l'Amérique, à la solde du roi de Prusse, l'allié de l'Angleterre. Après vingt-trois semaines de traversée, il débarquait à Halifax, devenait sous-officier, désertait deux ou trois fois le service prussien, tant en Amérique qu'en Europe ; de 1801 à 1805, il fit plusieurs voyages à pied en Sicile, en Russie et en Suède , et après avoir élevé le fils du général Courbière à Berlin, mourut à Teplitz, le 13 juin 1810. Ses Œuvres ont paru en dix volumes (1879).

i\) Allusion à la fameuse fête de la Wartbourg (18 octobre 1817) ou fut célébré le troisième centenaire de la Réforme.

pour moi , à la vérité, mais sérieuses tout môme. Nous avions eu des témoins. La chose fut colportée et grossit comme une boule de neige. Et un jour, j'appris par un fonctionnaire bienveillant pour moi, et qui m'avait déjà donné quelques avertissements, que la situation était fort délicate. Je donnai des détails exacts et cela parut suffisant pour le moment.

Il y avait alors à Marbourg un vieux militaire, personnage peu agréable, qui passait pour être au service du gouvernement de Kassel, en qualité d'espion. Et cet homme qui dans le procès Iordan avait déjà joué un rôle de délateur, voulait maintenant se tailler sur mon dos son habit rouge. Il rapporta à Kassel que, parmi les étudiants de Marbourg, existait une association politique, aussi mauvaise sinon pire que celle des Noirs d'Iéna et de Giessen, et que j étais l'instigateur et la cheville ouvrière de cette organisation. La graine tombait sur un bon sol ; on décida de me poursuivre. J'en ris d'abord. Mais bientôt je dus me rendre à l'évidence : ma liberté était en péril.

Que faire ? (i)

(1) En français dans le texte.

Les amis de Giessen. avec lesquels j'avais voulu émigrer au Wisconsin pour y fonder une colonie, étaient déjà partis. Je réfléchis. Au lieu de me laisser enfermer ici et de collectionner des expériences à la Iordan, ne valaitil pas mieux partir aussi pour l'Amérique? Mes préparatifs étaient faits depuis longtemps. Je n'avais plus besoin que d'un contrat de voyage et d'ailleurs j'avais déjà traité avec un agent, de sorte que tout fut prêt dans les quarante-huit heures. Il était grand temps.

Le bon ami qui m'avait mis sur mes gardes vint me voir le soir du jour où le contrat avait été signé, et d'un ton très sérieux : « Il faut que vous partiez dès cette nuit de Marbourg. Je sais de source sûre que vous devez être enfermé demain matin à la prison préventive. ))

Ma résolution fut vite prise. L'ami Maus voulut m'accompagner — peut-être jusqu'en Amérique, au moins jusqu'à Rotterdam. Il s'enquit aussitôt d'une voiture et nous nous fîmes conduire à la Hasso-Nassoven-Kneipe pour y faire nos adieux. En quelques mots, j'appris aux frères de mon corps ce qui se passait et leur dis qu'avant mon départ, je voulais leur serrer encore une fois la main. Je m'at-

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tardai un peu, et Maus s'impatientait. « Adieu, frères ! » « Frères, adieu! » Et tandis que je gagnais la porte résonna mon lied favori, celui que souvent je chantais à la kneipe, avec beaucoup de sentimalité et de fausse notes :

Wohlauf noch getrunken den funJcelnden Weln ! Aie nun, Jhr 'Brader, Geschieden muss sein ! (1) .

Je m'arrêtai et chantai encore le lied avec eux. Lorsque les dernières notes retentirent, encore un adieu rapide, et dehors, en voiture, dans la nuit noire, vers le monde lointain, lointain.

En voiture, je rassemblai mes pensées. Mon cœur était triste et mélancolique. Il me revint que, l'hiver précédent, avec l'ami Maus, j'avais été consulter sur l'Amœnebourg une diseuse de bonne aventure célèbre au loin dans le pays, et qui, avec son matou noir, après m'avoir longuement considéré, m'avait prédit ceci :

(( Jeune petit monsieur! Vous aurez beaucoup de malheurs. Vous aurez beaucoup de

(i) Ce lied, le 195e des 222 Commers und Stitdentenlieder de A. Michow (Charlottenbourg) comprend quatre couplets. En voici le premier: « A la vôtre ! Buvons encore le vin étincelant l Adieu, amis, il faut se séparer. Adieu montagnes, et toi maison paternelle, quelque chose m'attire puissamment au loin, au loin l louvivallera, iouvivallera !. . . »

choses difficiles à surmonter. Vous traverserez deux fois la mer. Mais finalement vous serez très riche et heureux ! » — La rusée personne avait certainement deviné que je voulais aller en Amérique. Elle a d'ailleurs bien prophétisé, en gros. Seulement, j'ai plus de deux fois traversé la mer et la prophétie pèche, hélas ! par sa conclusion.

A la prophétie de la « Sorcière » se mêlaient es accents du lied que je venais d'entendre :

Wohlauj noch getrunken den funkelnden Wein !...

Plus tard, deux fois encore, je chanterai ce môme lied. D'abord, dix-huit ans après, à Grunewald près de Berlin (i) au bord du Schlachtensee. Parce que je n'avais pas voulu aider à atteler les ouvriers allemands au char de l'Etat conduit par le hobereau prussien Bismarck, parce que je n'avais pas toléré que M. von Schweizer (2) rendît ce service à M. von Bismarck, j étais exilé de Berlin et de la Prusse. Le lendemain je devais partir à la

(ij Grunewald est un château de chasse entouré de haies (37 kilomètres carrés), entre C narlotteubourg, Havel et Vannsee, au S.-O. de Berlin, comparable au Bois-de-Boulogne.

(2 ) Jean-Baptiste von Schweizer, avocat socialdemocrate et vaudevilliste, né le 12 juillet 1833 à Francfort, président de l' Allgemeiner deutscher Arbeiterverein, fonde le 22 mai 1863, et dont il va être question, de 1864 à 18 71 ; mort le 28 juillet 1875.

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recherche d'un autre mouillage... Où ? Je ne le savais pas moi-même. Quelques membres de V Association berlinoise des imprimeurs, où j'avais fait plusieurs conférences, et quelques amis de YAllgemeiner deutscher Arbeiterverein (Union générale des ouvriers allemands) : Vogt, ancien membre du Kommunistenbtmd (Union communiste) ; Sigmund Meyer ', architecte, morts depuis, tous deux, en Amérique ; Theodor Metzner, un des rares survivants qui aient appartenu à YAllgemeiner deutscher Arbeiterverein depuis le début ; le tailleur Reimann, mort aussi, d'autres encore, voulaient encore une fois être avec moi, et alors, par un beau dimanche, nous allâmes à Grunewald. Là, nous nous promenâmes sur le Schlachtensee, que je voyais pour la première fois, — les propos allant de ci, de là, gais, fiers, tristes, jusqu'à ce que tomba le crépuscule : il faut se séparer.

J'adressai quelques mots à mes amis, les remerciant de leur fidélité et leur annonçant mon retour pour une époque non éloignée. Lorsque j'eus fini et que tous m'eurent serré les mains, l'un d'eux entonna :

Wohlauj noch getrunken, den junkelndcn Wein ! ...

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