‹ Souveraineté du peuple et gouvernementChapitre 10 sur 43 · Janet. Histoire de la Science politique, t. I · texte numérisé non relu

Janet. Histoire de la Science politique, t. I

LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE

remplit cette condition? « Je veux bien appeler l'empereur un maître, dit déjà Tertullien, mais dans le sens ordinaire : non, si Ton veut me forcer à avouer qu'il est maître à la place de Dieu... Dieu est mon seul maître *. »

Plus tard, saint Jean-Chrysostôme, tout en voulant pratiquer les enseignements de Paul et le précepte de l'Évangile sur le respect de César, déclare que « le sacerdoce est supérieur en dignité au pouvoir royal ; le roi n'a que la tutelle du corps : le prêtre a celle de l'âme... Nous voyons que dans l'ancien Testament les prêtres oignaient les rois, et aujourd'hui encore le prince courbe la tête sous les mains du prêtre : ce qui peut nous apprendre que le prêtre est supérieur au roi : car celui qui reçoit la bénédiction est évidemment inférieur à celui qui la donne 2. »

Les prétentions du pouvoir sacerdotal munies de leurs précédents bibliques, étaient dès lors posées contre l'absolutisme impérial. On sait comment elles se sont affirmées et développées durant le moyen âge en se servant d'armes tirées du même arsenal 3. Pendant le conflit qui, en bouleversant

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