‹ Souveraineté du peuple et gouvernementChapitre 21 sur 43 · Polybe. Ilist. romaine, t. VI · texte numérisé non relu

Polybe. Ilist. romaine, t. VI

à la division opérée par Romulus, des fonctions entre le roi, les patriciens et les plébéiens « les affaires du gouvernement se faisaient avec une prudence et un ordre admirables 1 ».

On retrouve là le Montesquieu des Considérations: « Le gouvernement de Rome fut admirable en ce que, depuis sa naissance, sa constitution se trouva telle, soit par l'esprit du peuple, la fô'rce du Sénat, ou l'autorité de certains magistrats, que tout abus du pouvoir y put toujours être corrigé... Carthage périt parce qu'elle ne put retrancher ses abus... Athènes tomba parce que ses erreurs lui parurent si douces qu'elle ne voulut pas en guérir... » Et déjà il pense à un rapprochement avec les institutions anglaises : « Le gouvernement d'Angleterre est plus sage parce qu'il y a un corps qui l'examine continuellement lui-même : et telles sont ses erreurs qu'elles ne sont jamais longues, et que par l'esprit d'attention qu'elles donnent à la nation elles sont souvent utiles. . . Il peut y avoir de l'union dans un Etat où l'on ne croit voir que du trouble. Il en est comme des parties de cet univers, éternellement liées par l'action des unes et la réaction des autres. »

Dans Y Esprit des Lois, Montesquieu conservant les mêmes vues générales, va serrer de plus près le problème de l'équilibre des pouvoirs et de leur limitation par leur division même : « Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, dit-il, il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ... ; pour former un gouvernement modéré,

Page 1