‹ Souveraineté du peuple et gouvernementChapitre 26 sur 43 · Op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

Op. cit., t. I, p

2. Macaulay appelle le cabinet une institution inconnue, une organisation dont aucun statut ne fait mention (Hist. of Englandyï. VII, p. 217). Tous les auteurs s'expriment clans ce sens ; Hallam, Gox, etc., cités par Franqueville.

eug. d'eichtal.

anglais, était un rouage encore plus inconnu ou méconnu. Walpole, malgré sa situation prépondérante et qui a en réalité inauguré la série des « premiers », considérait comme un outrage qu'on Tappelàt « premier ministre ». Glarendon dit que, de son temps rien n'était plus odieux aux Anglais qu'un premier ministre. « Ils aimaient mieux être les sujets d'un usurpateur comme Cromwell que d'un roi qui les renvoie à un grand vizir1. »

Il convient enfin de rappeler que « l'opposition » parmi laquelle Montesquieu comptait ses principaux amis, celle des Bolingbroke, des Pultney, s'acharnait à considérer l'organisation du pouvoir entre les mains de Walpole comme presque inconstitutionnelle. Le « Craftsman » la dénonçait comme paralysant par la corruption le contrôle des Chambres et par là même détruisant la balance des pouvoirs, base de la Constitution. Bolingbroke reprochait à Walpole « d'avoir usurpé le pouvoir, de s'être emparé par la cabale, l'intrigue, les détours, d'un poste auquel il n'avait pas été appelé par le suffrage général, ni peut-être par le choix de bon gré de son maître lui-même ». C'est de la Grande- Bretagne vue sous cet angle que Montesquieu écrivait : « Ce n'est point à moi d'examiner si les Anglais jouissent actuellement de la liberté ou non. Il me suffit de dire qu'elle est établie par leurs lois, et je ne cherche pas davantage2. » C'est d'elle qu'il avait dit dans ses Notes : « Les Anglais ne sont plus dignes de leur liberté. Ils la vendent au roi, et si le roi la

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