VOIX OBTENUES VOIX
par les élus non représentées.
Pour les élections municipales dans les grandes villes, on
rité. Parmi les lacunes du système, il y en a une autre également bien saisissante. L'inégalité des circonscriptions électorales au point de vue du nombre d'électeurs qu'elles contiennent, fait que la majorité réelle qui résulterait de la somme totale des votes émis si on les compte tous ensemble peut se transformer en une minorité parlementaire, ou en tout cas que la représentation réelle de telle ou telle opinion au Parlement ne correspond pas à la proportion des voix exprimées en sa faveur. Il suffit, pour réaliser le premier résultat, que les minorités des circonscriptions à grand nombre d'électeurs comptent plus de votants que les majorités des petites circonscriptions, et c'est un fait qui se produit souvent. Dans ce cas, un parti qui possède un chiffre total considérable d'adhérents dans le pays, mais qui existe surtout dans les arrondissements populeux, peut, étant battu dans quelques-unes de ces circonscriptions, se trouver avec très peu de représentants à la Chambre, contre.une opinion qui triomphe comme majorité, grâce à la pluralité des circonscriptions rurales où elle domine. Pour réaliser le second cas, il suffit que tel parti ait ses adhérents dispersés sur toute l'étendue du territoire ; bien que nombreux comme total, ils peuvent être en mino-
arrive à des résultats encore plus saisissants : En 1884, les conseillers élus à Paris ont réuni 113,500 voix sur 303,000 votants et 418,500 inscrits, soit moins des 2/5 des votants et 2/7 des inscrits. Aux dernières élections (de 1893), les 40 élus ont eu 190,000 voix sur 500,000 environ inscrits.
Nous avons vu récemment M. Gérault-Richard, nommé député à Paris, par 2,742 voix sur 7,509 inscrits; un députe de Lyon élu par 3,383 voix sur 11,611 inscrits.
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rite presque partout et être très insuffisamment représentés à la Chambre1.
Ce sont là des faits qui, en compagnie de beaucoup d'autres, ont été bien des fois signalés avec insistance par des écrivains politiques ennemis d'un système de représentation qui, comme le disait récemment Lubbock « n'est ni scientifique ni juste 2 » ; qui prouvent en tous cas que le suffrage universel tel qu'il fonctionne répond très imparfaitement à son principe apparent qui est d'établir la représentation de la majorité en nombre, et d'en faire la directrice unique et souveraine du gouvernement. En supposant même que l'un des systèmes de « représentation proportionnelle » qui ont été proposés pour corriger ces défauts du suffrage universel simpliste, tel qu'il existe aujourd'hui, où comme on l'a dit, la moitié plus un est tout et la moitié moins un n'est rien, — on arrive à fournir à chaque opinion un peu considérable le moyen de se faire représenter à la Chambre, sans une complication trop grande dans les rouages de l'élection ou sans d'autres inconvénients graves (ce qui ne s'est encore réalisé dans aucun des systèmes étudiés théoriquement ou essayés pratiquement3)
1. « Aux élections de 1893, les radicaux ont abouti à faire représenter 80 p. 100 de leurs partisans, les modérés et libéraux 71,3, les réactionnaires 51 p. 100, les ralliés 42,7 p. 100, les socialistes 3j p. 100. » (H. Avenel, op. cit.)