Hist. du rjouv. représentatif, t. T, p
tenir la société en dissolution permanente. A chaque occasion, la majorité et la minorité varieraient, et si toutes les minorités se retiraient, il n'y aurait bientôt plus de société1. Il faut donc bien accepter la souveraineté du peuple réduite à n'être plus que la souveraineté de la majorité. Ainsi réduite, qu'est-elle? »
En principe, elle est, nous venons de le voir, une chose très différente de la souveraineté monarchique, et elle aurait dû, logiquement, pour s'en distinguer, porter un nom différent.
Ce nom différent, la Révolution semble tout d'abord en avoir senti la nécessité et l'avoir cherché. Elle a dans ses premiers jours affirmé, en les opposant au régime du bon plaisir, les droits de la volonté générale, en acceptant sans commentaires, comme l'équivalent de la volonté générale, la volonté de la majorité2. Les cahiers de Paris (1788) proclament que « la volonté générale fait la loi: la force publique en assure l'exécution3 ». L'assemblée préparatoire de Romans (1788) dans
4. L'expérience prouve d'ailleurs qu'en fait la majorité s'y oppose généralement par la force : ainsi aux États-Unis {Guerre de Sécession), en Suisse [Guerre du Sonderbund) et ailleurs.
2. Dans la discussion de la Déclaration des droits à la Constituante, M. de Crenières propose ce texte sur lequel il semble qu'on n'ait pas discuté : « Les Français, considérant qu'il leur est impossible de s'assembler dans un même lieu, et qu'ils ont nommé des représentants pour pouvoir promulguer leurs lois, arrêtent que la volonté du plus grand nombre devient la volonté générale, que chaque citoyen doit y être soumis. »
L'équivalent de la volonté générale et de la pluralité paraît avoir été mi mise comme allant de soi.