‹ Soyez des hommesChapitre 14 sur 50 · LAMITIKCHEZ LES JEUNES GENS IO · texte numérisé non relu

LAMITIKCHEZ LES JEUNES GENS IO

rations de notre être, n'est-ce pas Dieu ? Les amis Lcarteront donc l'un de l'autre, — l'amitié ne se c(^nçoit pas sans cet échange de bienfaits, — tout ce qui pourrait faire perdre ce trésor et ils mettront tout en œuvre pour qu'on le possède davantage.

Pour éloigner le mal qui menace et pourrait avilir, comme pour procurer le bien qui perfectionne et ennoblit, l'ami s'imposera des travaux, supportera de rudes fatigues, sacrifiera sa fortune et, si cela est nécessaire, sa vie même, car l'amitié ne va pas, est-il besoin de le dire, sans le dévouement, sans le don tout entier de soi-même.

Le premier devoir de l'ami, c'est de donner Dieu en même temps que son cœur à celui qu'il aime. Pour beaucoup d'âmes l'amitié est un précurseur de la foi. Que de jeunes gens on rencontre aujourd'hui que les jouissances et les plaisirs du monde dégoûtent. Leurs cœurs droits ont faim d'idéal. Montrez-leur la vérité divine vivante en vous. Faites-leur connaître et aimer le Dieu que votre cœur adore et qui a mis en vous tous ces trésors dont ils jouissent. Apportez à cette œuvre tous les ménagements et toute la délicatesse que votre cœur vous suggérera. Un jour viendra où, à force de prévenances et de douces sollicitations, ces âmes atteindront le port de la vérité. C'est votre amitié qui aura été leur étoile conductrice. N'est-ce pas l'histoire de tant de belles âmes du siècle dernier qui, à l'exemple de Pierre Olivaint, furent converties par un ami ? Sur les lèvres d'un

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ami la vérité ne s'enveloppe-t-elle pas de mille séductions ; et même la plus dure, portée sur la tiède brise qui vient du cœur, ne paraît-elle pas aimable et caressante?

C'est un autre de vos amis qui, un jour de folie, s'est laissé entraîner dans des amours légères et coupables où sa vertu a sombré. Allez- vous le laisser devenir la proie du vice et descendre jusqu'au fond de cet abîme d'où l'on a tant de difficultés à sortir ? Vous ne seriez plus pour lui un ami, puisque vous vous conduiriez à son égard comme le plus cruel des ennemis. C'est précisément à ce moment critique que vous devez lui prouver ce que peut une amitié véritable. Votre souvenir a peut-être été le dernier rempart de sa résistance. Si vous aviez été là, il n'aurait pas succombé. Allez à lui. S'il vous fuit, comme on s'éloigne d'instinct de ceux que l'on craint d'avoir offensés et dont on redoute les reproches, recherchez-le, multipliez les démarches. Pansez les blessures qu'il a pu se faire dans sa chute, soignez son pauvre cœur malade. Au lieu de vous perdre en récriminations amères sur le présent, parlez -lui du passé si doux, de l'avenir qui peut être si beau encore. N'ayez pas de repos que vous ne l' ayez dépris des griffes de l' ennemi et que vous ne l'ayez fait quitter l'occasion du mal. A toutes ses résistances opposez la constance de votre amitié Finalement il entendra cette voix qui tant de fois lui a redit votre affection, il comprendra que les

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