‹ Soyez des hommesChapitre 15 sur 50 · L AMITIÉ CHEZ LES JEUNES GE>S IO · texte numérisé non relu

L AMITIÉ CHEZ LES JEUNES GE>S IO

\critables amis ne sont pas ceux qui attirent en i> is mais ceux qui font monter en haut. Vous triomrez et vous le ramènerez au devoir. Si Dieu ne ]• rmettait pas cette victoire tant désirée, vous auriez obéi à la voix de votre conscience et vous n'auriez pas à entendre les durs reproches de votre cœur. Souvenez-vous de cet admirable trait de la vie de saint Jean, qui nous montre T apôtre bravant tous les dangers, oubliant toutes les fatigues d'une vieillesse finissante, et qui s'en va à la recherche de ce jeune homme qu'il aimait pour l'arracher aux mains de ceux qui pervertissaient son âme. On trouve des exemples de ce genre dans la vie de tous les saints et dans la vie de tous les hommes de cœur. De ces exemples-là, disons-le à la gloire de notre temps, nous en avons tous les jours sous les yeux. Nous voyons des jeunes hommes faire le siège en règle d'âmes qu'ils aiment, et, à force de tendresse et d'ingéniosité, leur faire abandonner une vie de plaisirs. Si aujourd'hui, parmi la jeunesse française, tant de belles intelligences et tant de cœurs généreux reviennent à l'Église et mettent à son service les riches trésors de leur générosité et de leur talent, c'est pour une part, je n'hésite pas à à le dire, à l'apostolat de l'amitié que nous le devons. Ce sont des victoires du cœur. Je ne me rappelle pas sans émotion l'aveu que me faisait récemment un jeune étudiant que j'interrogeais sur les causes de son retour à la vie chrétienne : « Peut-

on ne pas aimer un Dieu qu'aime tant celui que j'aime^ » me dit-il. Puis, avec une simplicité naïve, il me raconte tout ce qu'un de ses amis avait fait pour l'amener à la vérité, et que, pour l'édification de mes lecteurs, je voudrais pouvoir raconter moimême.

Ce que l'amitié fait pour retirer un ami de l'abîme, ne le fera-t-elle pas pour l'empêcher d'3^ tomber ? Oh oui ! écarter tout ce qui pourrait nuire au bonheur des êtres chers, leur apporter la consolation et le soutien aux heures de tristesse et d'angoisse, n'estce pas une des plus nobles fonctions de l'amitié ?

Il y a dans la vie de tout jeune homme des moments d'intimes souffrances et de profonds découragements. La tempête fait rage. Tout semble crouler autour de lui. Les notions les plus élémentaires d'honneur et de vertu s'obscurcissent. Dans un dernier effort, il veut lutter contre ses passions révoltées ; mais comme il se sent faible ! Il a besoin, à cet instant critique, qu'on vienne raffermir son courage près de s'éteindre. Il cherche le Cyrénéen qui l'aidera à porter son fardeau. Où trouvera-t-il ce secours ? sinon dans l'amitié. Auprès d'un ami, il ne sentira plus le poids écrasant de l'isolement. La tristesse qui l'envahissait et qui engendre si facilement la mort des jeunes gens, se dissipera. Il reprendra confiance et ses forces renaîtront. Que de jeunes gens l'amitié a sauvés d'une irrémédiable catastrophe! Sans l'ami, tout était perdu; avec lui,

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