‹ Soyez des hommesChapitre 17 sur 50 · I.'VMITIK CHEZ LES JEUNES GENS · texte numérisé non relu

I.'VMITIK CHEZ LES JEUNES GENS

L'ami est toujours présent dans le cœur. Pour charmer les longueurs du temps, on revit les entretiens d'autrefois, on en savoure tous les délicieux instants, on écoute dans le silence du soir la brise qui passe et vous apporte les caresses d'un cœur

aime.

Je sais tout le plaisir qu'un souvenir peut faire. Un rien, l'heure qu'il est, l'état de l'atmosphère, Un battement de cœur, un parfum retrouvé Me rendent un bonheur autrefois éprouvé.

Le souvenir, c'est la romance quon chante pour ceux qui vous aiment un peu. Comme elle est douce cette romance, plus rien n'en trouble ni le rythme, ni l'harmonie. Dans- le lointain, les défauts de nos amis s'estompent, nous ne voyons plus que leurs qualités. S'il y avait un regret possible, ce serait celui de n'avoir pas assez joui de leur présence et de ne leur avoir pas montré assez combien nous

les aimions. .

Ce souvenir si puissant, si bienfaisant soit-û, ne suffit pas. Notre cœur, qui craint toujours la froideur ou l'abandon, a d'autres exigences. Il veut des preuves palpables, j'allais dire matérielles,— sicemot n'était pas déplacé quand il s'agit d'amitié, — qu on ne l'oublie pas. C'est pour cela que, depuis presque toujours, on a inventé ce colloque à distance qui rend présents les absents et permet aux amis de continuer à se faire du bien, et quelquefois même

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plus que lorsqu'ils se voyaient. Il y a certaines choses que l'on éprouve de l'embarras à dire et qu'on écrit volontiers. Nous sommes ainsi faits que parfois nous n'osons pas avouer que nous aimons. Bst-ce pudeur ou respect humain ? Je ne sais. Nous avons peur en manifestant ce sentiment de notre cœur de paraître moins hommes. Dieu nous a donné un cœur pour aimer. L'amitié n'est donc pas une faiblesse, mais l'exercice normal d'une faculté.

« Quelle douce chose qu'une lettre d'ami, écrivait Maurice de Guérin, et quel parfum s'échappe des plis de ce papier sur lequel une âme chérie s'est répandue )). « Mes yeux, ajoute-t-il, rendant au vif la joie que lui a causée une récente missive, mes yeux qui tantôt allaient dévorant les lignes avec une extrême rapidité, avides et impatients qu'ils étaient, tantôt plus sages et ménageant mieux le plaisir, n'avançaient plus qu'avec cette lenteur que l'on met à savourer un bonheur dont on est le maître et dont on voudrait éterniser la douceur en n'en prenant que par miettes.... Ce fut une fête incroyable, mais une de ces fêtes muettes et intimes qui se passent au fond du cœur, dont l'éclat est tout intérieur et dont on ne peut juger qu'au rayonnement doux et serein des yeux et du visage illuminé du dedans ».

Usons-nous de ce moyen d' apostolat comme nous le devrions? Combien ont sur ce point de graves

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