‹ Soyez des hommesChapitre 18 sur 50 · L AMITIE CHEZ LES JEUNES GENS II · texte numérisé non relu

L AMITIE CHEZ LES JEUNES GENS II

reproches à se faire. La plupart de nos lettres ne M commencent-elles pas par des excuses ? Oh ! je sais par expérience les prétextes qu'on allègue. Écrire quand on n'a rien à se dire, mais c'est du temps et du papier perdus. Kst-ce bien vrai qu'entre amis la correspondance puisse chômer ? « Si vous m'aimez, disait l'austère saint Jérôme, écrivez-moi, je vous en conjure; si vous êtes fâché, ne laissez pas de m'écrire, malgré votre colère. Ce me sera toujours une grande consolation dans mes regrets de recevoir des

' lettres d'un ami, fût-il même irrité... Réveillez- vous, réveillez-vous, sortez de votre sommeil ; donnez au moins un petit billet à l'amitié. Si vous prétendez n'avoir rien à me mander : mais c'est cela même qu'il fallait m'écrire, que vous n'aviez rien à me mander ! »

La vraie raison des longs retards, puis des éternels silences, c'est que nous manquons de simplicité. Nous voulons faire de chacune de nos lettres des

É[ morceaux de littérature, peut-être même, cela arrive,

■ des articles de revue. On écrit, ce n'est plus pour K être lu, savouré dans l'intimité, mais pourvoir sa

■ prose s'étaler dans les colonnes des journaux.

m « Un commerce épistolaire, dit le P. Lacordaire, ^toù l'on fait en quelque sorte les chapitres d'un ^^ivre, n'est qu'une vaine occupation plus conforme à r amour-propre qu'à l'amitié. L'amitié confie simplement ses pensées, demande conseil, expose ses affaires, console, reprend, éclaire, cause famiUère-

ment, elle n'écrit point de morceaux d'éloquence )>. Il faut que dans chaque ligne d'une lettre on sente palpiter un cœur.

// est encore un autre moyen de faire beaucoup de bien à nos amis, c'est de prier pour eux. Qui pense à prier pour ses amis ? Attirer sur eux les bénédictions d'En-Haut, n'est-ce pas ce que nous pouvons faire de mieux, et c'est souvent la seule manière de leur être vraiment utile. Si nous savons nos amis dans la peine, si nous les savons aux prises avec une redoutable tentation, n'est-ce pas un devoir pour nous de les aider de nos prières en même temps que nous leur prodiguons nos consolations et nos encouragements. Ce que nos paroles et nos tendresses n'obtiennent pas, la grâce divine, tombant sur leurs âmes comme une bienfaisante rosée, l'obtiendra. Quand nos amis sont loin de nous et qu'il nous est impossible de leur rendre les mille petits services que prodigue l'amitié, demandons à leurs anges gardiens, leurs amis invisibles et trop souvent délaissés, d'être notre suppléant. Prier pour ses amis est chose utile, mais c'est aussi chose très bonne. Quelle joie d'unir dans une même prière, au pied du même autel, tous les êtres que nous aimons. Cette petite communion des âmes, c'est véritablement la vivante image de cette autre grande communion des fidèles qui rassemble tous les hommes de foi et de bonne volonté.

« J'ai bien prié pour toi, pendant ces saints jours,

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écrit Montalembert à Cornudet, au lendemain de Pâques 1827. Je prie pour tous ceux que j'aime : c'est une petite récompense que je me plais à rendre à ceux qui ont des bontés pour moi. Quelle douce chose que la prière ! Quel bienfait inexprimable de notre religion ! Quel plaisir pour moi de rassembler autour de moi dans ma cellule, à Sainte- Barbe, le petit cercle de tous ceux que je respecte, de m'unir à ces personnes bien-aimées par la prière, de me rappeler les vertus des absents, d'oublier leurs défauts et de m' occuper d'eux en m' entretenant avec Dieu » î

« Tu as prié pour moi, que tu es bon! et que je t'en ai d'obligation! répond Cornudet. Jusqu'ici je n'avais compté que sur les prières de ma mère et sur celles de mes sœurs. Je ne puis t'exprimer tout ce que je sens au moment où je t'écris et je bénis Dieu de ce que, seul dans ma chambrette, personne ne peut troubler mon plaisir ».

Le choix des amis

Le choix des amis.

Étant donnée l'action souvent prépondérante d'un ami sur toute notre vie, il est d'une souveraine importance de n'admettre dans notre intimité que ceux qui peuvent exercer sur nous une bienfaisante influence. C'est pourquoi, après avoir vu combien l'amitié était un facteur important dans l'œuvre de la formation morale de la jeunesse, il est nécessaire de parler du choix des amis.

Tout d'abord, il faut éviter de nous lier avec ceux dont l'amitié, au point de vue moral, nous serait inutile.

Méfiez- vous de ceux qui font de l'amitié un trafic et dont le cœur est toujours à vendre ou plutôt toujours à louer. Tant que vous leur serez utiles et que vous pourrez servir à leurs plaisirs ou à leurs projets ambitieux, tout ira bien; mais, le jour où votre amitié ne leur sera plus d'aucun avantage, ils vous abandonneront très facilement pour aller tenter fortune ailleurs. Ces gens-là ne sont pas faits pour aimer ; ils n'ont pas de cœur, mais, suivant le

mot de Lamartine^ une mâchoire. Le cœur ne se vend pas, il se donne.

Méfiez-vous aussi de ceux qui donnent trop facilement leur amitié à tout venant. Doués, ou mieux affligés d'une nature trop sensible, ils ont un instinctif besoin d'être aimés. Ils recherchent des amis partout et les trouvent d'autant plus facilement qu'ils sont très exubérants et souvent très attachants. Les serments d'amitié ne les gênent pas. Ils en sont prodigues même quand on ne les demande pas. Hélas ! ce beau feu ne dure pas plus que leur impression. Tout chez eux est à fleur de peau.

Hier, ils étaient sincères en vous disant qu'entre vous et eux c'était à la vie et à la mort; aujourd'hui, ils ne le sont pas moins en vous oubhant. Nous avons tous rencontré de ces hommes « omnibus ». Dans leur cœur comme dans les voitures publiques, il y a toujours de la place; on monte et on descend à volonté, sans autre façon. La réponse à faire à de telles avances est celle que Molière met sur les lèvres d'Alceste repoussant Philinte :

Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse, Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse, Et nous fasse de vous un éloge éclatant, Lorsqu'au premier faquin, il court en faire autant.

Est-ce à dire qu'il faille se défier de ceux qui ont beaucoup d'amis ? Non. Certains prétendent, il est vrai, qu'il ne faut avoir qu'un seul ami et qu' «une

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amitié qui se déverse sur trop de monde soumet l'âme à des sentiments très variés, fait d'un homme un Protée et le rend fourbe, inconstant, mal réglé. )> Je ne suis pas de cet avis. Loin de penser avec Cicéronque «l'amitié resserre toute l'affection entre deux âmes », j'aime mieux croire avec Joubert que « la multitude des affections élargit le cœur )>. L'amour est jaloux, et quand il s'empare d'un être il l'emprisonne et lui défend d'autres aspirations; mais l'amitié qui est indépendante de la matière, qui réside dans l'âme et qui naît, se développe et s'épanouit dans la liberté, non seulement a le pouvoir de se multiplier sans s'épuiser, mais en se multipliant, elle augmente son bonheur et s'assure pour lutter contre les difficultés de la vie de précieux auxiliaires. Le bien qu'un ami ne pourra pas me faire, un autre le pourra. Et puis, n'avons-nous pas conscience qu'il y a dans notre cœur assez de ressources pour s'étendre à plusieurs affections ? De même que nous, pauvres êtres finis, nous ne devons pas avoir la folle prétention de remplir un cœur dont la puissance d'aimer est quasi infinie, nos amis ne doivent pas exiger non plus que nous fermions notre cœur à d'autres affections.

« Il n'est pas vrai qu'un sentiment pour être fort soit nécessairement exclusif, dit M™^ Swetchine ; loin de là, une affection très vive si elle est heureuse, mettant en jeu nos facultés aimantes, ajoute à leur activité, hors même du cercle de l'intérêt premier.

Ah ! quelle est riche la surabondance d'un cœur touché. )) Je trouve la même affirmation sous la plume poétique d'Eugénie de Guérin : « Ne croyez pas que lyouise m'empêche de vous aimer ; oh ! que non. Je compare mon cœur à un rayon d'abeilles, rempli de toutes petites logettes pleines de miel. Le miel, c'est vous, c'est Louise, douces amies que Dieu m'a fait trouver dans mon chemin de la vie. » D'autres amitiés sont mauvaises. On peut s'unir pour le mal comme pour le bien. Ce ne sont plus alors de véritables amitiés, mais des liaisons inspirées par la passion. Ce que l'on veut, ce n'est plus s'aider pour pratiquer la vertu, mais pour rechercher de basses satisfactions. Ce n'est plus vers les sommets que l'on s'entraîne, mais vers les abîmes. C'est un don précieux, mais en même temps bien terrible, que de posséder un cœur sensible. Il faut parfois soutenir de rudes combats, pour ne pas se laisser entraîner hors des sentiers de l'honneur et de la vertu. Surveillez votre imagination trop vive, votre cœur enfiévré. Prenez garde aux familiarités trop sensuelles, aux rêveries et aiix contemplations amollissantes. A ce moment où vous sentirez que vous n'êtes plus maîtres de vous-mêmes, votre devoir est de rompre. Vous avez toujours le droit de reprendre votre cœur. « La liberté de sortir, dit le Père Lacordaire, est la première liberté de l'homme de cœur ; malheur à celui qui ne la possède pas. )) — « Taillez, tranchez, vous dit saint

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François de Sales ; il ne faut pas s'amuser à découdre ces folles amitiés, il faut les déchirer. » Ne dites pas que ce serait de l'ingratitude de le faire sans délai, qu'il vous faut prendre des ménagements. « Oh ! que bienheureuse est l'ingratitude qui nous rend agréables à Dieu ! non, de par Dieu, Philotée, ce ne sera pas ingratitude ce sera un grand bienfait que vous ferez à votre ami, car en rompant vos liens vous romprez les siens, puisqu'ils vous étaient communs. » (i)

Les amitiés sensuelles sont le grand danger d'un certain âge où l'on se laisse attirer si facilement par la beauté extérieure, par les contours harmonieux du \'isage. Il y a en effets parmi les jeunes gens, des physionomies qui ont un sisingiilier pouvoir d'attirance, qu'il faut, suivant Saint-Simon, se faire violence pour cesser de les regarder. Sans doute, ces charmes ne sont pas à dédaigner, mais ils ne )nt que secondaires. Par un léger effort d'imagination on peut si facilement y suppléer. Xos amis, les vrais, ne sont jamais laids. Merveilleux artiste aux doigts de fée, l'amitié opère d'incro3'ables transformations sur le visage des amis. L'amour n'est pas un aveugle, mais plutôt un magicien qui change tout au gré de ses désirs. Ce qu'il faut rechercher avant tout chez ceux que nous voulons pour amis, c'est la beauté et la bonté de l'âme. Si leur âme est

(i) Introduction à la vie dévote, III* partie, chap. xxi.

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belle^ leur visage sera toujours beau, car, dit Louis Veuillot, c'est le cœur qui fait le ^-isage. Et d'après Jules Lemaître, <( l'expression de la bonté dans le= yeux est une beauté qui transfigure les plus pauvrevisages y> (l).

Dangereuse pour la pureté des mœurs, l'amitié peut l'être aussi pour la pureté des idées et de la la foi. Quand nous nous apercevons que nos amis s'égarent, qu'ils méconnaissent l'autorité légitime et que de fils soumis de l'Église ils de\iennent des révoltés, notre devoir, s'il y a péril pour nous ou pour ceux qui dépandent de nous, est avant de rompre définitivement, de faire tous nos efforts pour ramener les égarés à la vérité. Quand la séparation simposera, nous mettrons, dans cet acte si pénible, toute la délicatesse et toute la noblesse de notre cœur.

Notre modèle en semblables conjonctures, c'est Henri Lacordaire s'éloignant de Lamennais. Le solitaire de La Chesnaie, malgré les efforts de ses amis, s'enlizait de plus en plus dans l'ornière de la révolte. Il n'était plus possible de rester avec lui. La conscience le défendait. « Vous ne saurez jamais que dans le ciel, lui écrit Lacordaire en le quittant, combien j'ai souô'ert pendant un an par la seule crainte de vous causer de la peine. Je n'ai r^ardé que vous dans toutes mes hésitations, mes per-

''i) Discours. Prix de Vertu, 1900.

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plexités, mes retours, et quelque dure que puisse être un jour mon existence, aucun chagrin de cœur n'égalera jamais ceux que j'ai ressentis dans cette occasion ». — « ^I. de Lamennais se séparât-il un jour de l'Église, disait-il plus tard, devînt-il le plus fatal hérésiarque qui fût jamais, entre ses ennemis et moi, il y aura toujours une distance infinie r.

« Lorsqu'un de vos camarades vous offre son amitié et vous demande la vôtre, vous devez voir ce qu'il est et ne pas vous attacher aux seuls avantages extérieurs. S'il est solidement chrétien, vertueux et d'un bon caractère, et que d'une autre part vous vous sentiez incUné vers lui par une sympathie honnête, rien n'empêche que vous lui répondiez. »

Voilà déterminées par le docteur moderne de l'amitié (i) les qualités que nous devons chercher chez nos amis. Nous devons essayer de pénétrer jusqu'à l'âme. Exigeons également, afin de diminuer les causes de heurt, la conformité aussi étendue que t>ossihle des volontés, des affections, des sentiments. Demanderons-nous cette conformité complète quand il s'agira des idées, et dirons-nous avec Montalembert, qu'il faut que les opinions se ressemblent pour que les cœurs s'unissent ? S'il s'agit des idées religieuses, qui tiennent une si grande place et ont tant d'influence sur la vie, je crois aisément que la communauté est nécessaire. Ainsi, il est difficile.

(i) Le P. H.-D, Lacordaire.

pour ne pas dire impossible, que je sois uni par les liens d'une véritable amitié à un ennemi de l'Église, qui n'a d'autre but que de détruire ce que je dois et veux défendre au péril même de ma vie. Au contraire, j'admets volontiers avec saint Thomas d'Aquin que, dans les choses politiques, littéraires, artistiques, il puisse y avoir divergence d'opinions sans que l'amitié en souffre. Nous avons de remarquables exemples de ce fait dans des amitiés célèbres, et précisément dans la vie même de Montalembert. Son amitié avec Lacordaire en est une preuve. Ils différèrent souvent d'opinions en philosophie ou en poHtique, et cependant jamais leurs cœurs ne cessèrent de battre à l'unisson. Louis Veuillot a trouvé le mot juste : « Bénissons Dieu qui nous donne en ce monde l'union des cœurs, nous ne goûterons que dans l'autre l'union des esprits. »

Faut-il ne chercher nos amis que dans la même condition sociale que la nôtre ? Certains le prétendent et ils affirment que d'un tel choix résultent de grands avantages. C'est l'avis de Fénelon. « Il faut, écrit-il au duc de Chaulnes, choisir vos amis d'une naissance et d'un mérite qui conviennent à ce que vous êtes dans le monde. » C'est possible, mais je crois que faire de cela une règle absolue, c'est s'exposer à bien des mécomptes. Les avantages réels compenseront-ils toujours les inconvénients non moins réels. « L'amitié naît de l'âme, et l'âme ne compte que par elle-même. Une fois qu'on se rencontre là.

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tout disparaît, comme un jour et bien mieux lorsque nous nous rencontrerons en Dieu, 1 umvers ne sera plus pour nous qu'un spectacle oublie. » Qu'importe aux âmes la fortune ou les titres. Ce qui fait leur beauté et leur grandeur, c est la vertu; et c'est sur elle qu'est fondée l'estime, et c'est à son rayonnement que naît l'attrait. La ressemblance que demande l'amitié, ce n'est pas ceUe des corps, mais celle des âmes et des caractères. Et si elle ne la trouve pas à ses débuts, elle vient toujours à bout de la procurer. Peut-on vivre ensemble, se communiquer ses pensées et ses impressions agir sous la même inspiration, sans que les ■ changements nécessaires ne s'opèrent insensible- • ment, que les traits de similitude ne s'accentuent et que les âmes ne deviennent vraiment sœurs ?

Devons-nous faire attention à l'âge de nos amis, et exclure avec J. Claretie, la vieillesse, « cet âge ou l'on peut encore se faire des ennemis, faire encore des ingrats, où l'on ne se fait plus d'amis. » Les vieux pourraient riposter avec Henri Perreyve, et certains dont le cœur est encore bien ardent ne manqueront pas de le faire avec une fine pointe d'irome, que pour aimer « la jeunesse est trop légère, la maturité trop occupée, que seule la vieillesse apporte au sentiment de l'amitié toute sa pureté et toute sa profondeur ...On peut se faire des amis atout âge et on en peut choisir de tous âges. Les âmes, fondement de l'amitié, n'ont pas d'âge. C'est pour cela

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d'ailleurs que les amitiés^ si elles le veulent, peuvent ne connaître ni altérations, ni défaillances. J'ai entendu souvent recommander aux jeunes gens de se choisir des amis parmi leurs camarades un peu plus âgés, parce que, disait-on, on pouvait ainsi plus facilement se faire du bien.

Quoi qu'il en soit, on ne peut pas choisir un ami comme un vêtement au Louvre ou au Bon Marché. Le rayon des amis n'est pas encore inventé, et ne le sera probablement jamais, à moins qu'on ne devienne assez fou pour vouloir réaliser dans la vie pratique les utopies et employer les trucs que préconise le détraqué Jean- Jacques Rousseau pour son Emile. Les journaux mondains euxmêmes, qui chaque jour dans leurs colonnes de petites annonces offrent un grand choix de mariages avec riche dot, n'ont pas encore de rubriques spéciales pour les amis. Cela viendra peut-être, en attendant laissons le cœur humain, si ingénieux quand il s'agit d'affection, se servir des vieilles méthodes.

L'amitié naît souvent sans qu'on s'en rende bien compte. Tout ce que nous pouvons faire ^ c'est de régulariser ce sentiment. Et, à ce propos, permettez-moi de vous donner un petit conseil. Ne vous faites pas trop vite des amis. Si vous voulez les garder longtemps, soyez, suivant le proverbe, longtemps à les faire. Avant de vous jurer un attachement inviolable, prenez le temps de vous connaître et

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