LE CHOIX DES AMIS
évitez de vous laisser séduire par les charmes (|u' exercent certaines personnes. La distinction des manières ou de la conversation ne doit pas faire oublier l'essentiel. Ces personnes aimables et légères qui plaisent au premier abord ressemblent souvent à ces femmes des boulevards qui portent toutes leurs richesses sur leur dos. Un commerce fréquent montre très rapidement qu'il n'y a aucun fond à faire sur elles. Et alors si vous vous êtes laissé prendre à tout ce brillant^ lorsque l'emballement cessera, vous vous trouverez tout honteux en face de la réahté désenchanteresse. On s'était donné, il faut se reprendre. Il aurait mieux valu commencer par s'examiner et par se connaître. Combien de jeunes gens, prodigues en avances et en démonstrations, pourraient trouver profit à méditer ces paroles d'une comédie célèbre :
Monsieur, c'est trop d'honneur que vous voulez me faire,
Mais l'amitié demande un peu plus de mystère ;
Et c'est assurément en profaner le nom,
Que de vouloir le mettre à toute occasion.
Avec lumière et choix, cette union veut naitre ;
Avant de nous lier, il faut nous mieux connaître.
Et nous pourrions avoir telles complexions
Que tous deux, du marché, nous nous repentirions.
Est-ce à dire que ces affections foudro^^antes qui fondent les âmes d'un seul éclair, n'existent que dans les imaginations des romanciers ? Non, car il
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suffit parfois que deux âmes se rencontrent fortuitement pour que la sympathie naisse et qu'un commerce affectueux s'établisse aussitôt. On se voit et on s'aime. Quelque chose de fort, d'invisible attire. Il semble que Dieu nous aie fait l'un pour l'autre. S'il fallait raisonner ce mouvement nous en serions incapables, d'autant plus que cela arrive souvent pour des êtres presque totalement dépourvus de cette beauté plastique qui chez d'autres nous charme sans que nous songions à en faire nos amis. Simple hasard diront certains; harmonie préétabUe affirmeront d'autres;n'est-ce pas plutôt la miséricordieuse Providence qui nous ménage ces rencontres, qui nous met au cœur ces attraits ? Nous avions besoin d'amis elle nous les envoie. Elle qui distribue avec tant de bonté la pâture aux petits oiseaux pourraitelle refuser à notre cœur ce dont il a faim ! Nous comprendrons au ciel, pourquoi Dieu a mis sur notre route tel camarade ; nous verrons alors quelle influence bienfaisante il a eu sur notre âme. C'est peut-être à lui, pour une grande part, que nous devrons d'avoir persévérer dans la vertu. Cette amitié était une grâce.
Jeunes gens, voulez-vous goûter sans danger tous les charmes de l'amitié, voulez- vous jouir pleinement de ses avantages, et toujours, « que l'âme se glisse derrière le cœur et que Jésus-Christ soit de moitié entre vous. )> En Lui votre amitié s'épurera, en Lui elle s'épanouira, en Lui elle