LE TRAVVTI, ET LA PEINE I9I
des efforts. On n'entreprend rien sur cette terre sans se faire violence, on ne conduit rien sans fatigue, on n'achève rien sans angoisse. Et cependant, à tout prix l'homme veut éviter la peine et pour cela il va parfois jusqu'aux pires lâchetés, lui préférant souvent la honte.
C'est là une grave erreur. L'homme ne vaut qu'en raison de la peine qu'il se donne. Rien n'est supérieur pour tremper un caractère et préparer à la de. On dit volontiers que les plus forts, les plus énergiques sont ceux qui dans leur jeunesse ont mangé un peu de vache enragée, car de toutes les viandes de boucherie c'est la meilleure pour la culture de l'énergie morale.
« Malheur à ceux qui, en venant au monde, ont trouvé un nid de duvet dans lequel une tendresse immodérée les a couvés trop longtemps, au delà de l'enfance... Malheur à ceux qui ont vu toutes les portes ouvertes devant eux, qui n'ont pas eu la moindre roche dure à briser sur leur route,le moindre sommet sourcilleux, anguleux, audacieux à gravir. Ces êtres-là ne sont pas de bronze, mais un vase fragile. Qu'en voulez- vous faire ? De quoi serviront-ils à la famille, au pays, à l'humanité ? » (i)
Que deviendra ce jeune homme qui n'a jamais connu la peine et qui n'a pas d'autre souci que de manger paisiblement le pain blanc que lui a pétri
(i) F. DlDOX. — L'Education piésentr.
le travail du père et de la mère ? Un oisif voué à toutes les mauvaises habitudes. Son énergie, par suite du manque d'effort, s'étiolera. N'allez pas lui demander de se dévouer aux œuvres de régénération sociale.
Que lui importe que d'autres hommes n'aient pas le nécessaire, lui il a tout ce qu'il désire, cela suffit! Son cœur qui n'a jamais connu la souffrance est fermé à la pitié.
Ce n'est pas chez ces oisifs que vous trouverez de grandes et nobles aspirations, ils sont contents de leur situation et n'aspirent pas à autre chose. Ils sont peut-être magnifiquement doués au point de vue intellectuel, s'ils se livraient au travail, ils pourraient faire avancer la science et être utiles à l'humanité. Ils ne feront rien, car pour mettre en œuvre les ressources de leurs facultés, il faudrait peiner et cela ils ne le veulent pas.
Regardez d'où viennent les meilleurs parmi nous, ceux qui rendent les plus grands services à leur pays, ceux qui se donnent avec plus d'ardeur et de chevaleresque générosité aux œuvres, souvent de très humbles conditions. I^es sentiers qui mènent vers les hauteurs sont presque toujours obscurs pour commencer. Ils ont dû passer de dures années d'apprentissage, subir parfois de cruelles épreuves. Ces souffrances de leur jeunesse, loin de les décourager, les ont stimulés, éclairés, formés.
Les plus fécondes expériences de Claude Bernard
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ont été faites dans un sous-sol humide du Collège de France. Notre grand Pasteur a passé les premières années de sa vie dans une humble et laborieuse maison de la petite ville de Dôle, en Franche-Comté. Hoche brodait des vestes pour ses camarades et l'argent qu'il en recevait était employé à l'achat de livres de science militaire. Murât était fils d'hôtelier, Laplace, fils d'un pau\Te paysan normand, Copernic, d'un boulanger polonais, Christophe Colomb, fils d'un cardeur de laine. Shakespeare est né dans la boutique d'un boucher, Grégoire VII était fils d'un charpentier toscan. Sixte -Quint avait gardé les pourceaux dans son enfance, un seigneur italien lui en faisant un reproche, le pape lui dit finement : « Vous, si vous les a\dez gardés dans votre enfance, vous les garderiez encore aujourd'hui. »
Nous pourrions ajouter beaucoup d'autres noms illustres à cette liste.
Tous ces exemples nous montrent comment la volonté, aiguillonnée par la nécessité et par la peine, devient forte quand elle en triomphe. Elle est capable alors de transformer les hommes, elle en fait des princes parmi les autres, elle les couronne de l'auréole de la science, de l'autorité de la vertu, elle en fait les grands instruments des gestes de Dieu parmi leurs semblables.
Beaucoup parmi vous, jeunes gens, auront à souffrir.
SOÏEZ DES HOMMES. — 13.
lycs uns souffriront parce que leurs parents voudront mettre des entraves à leur liberté et les empêcher de faire le bien, quelquefois même, ce qui est plus angoissant, parce qu'ils seront les témoins impuissants et attristés de l'inconduite de ceux qui devraient être leurs maîtres dans la vertu. D'autres seront frappés par des deuils précoces. Ils sentiront combien la solitude pèse à un cœur, privé dès ses premières années, des chaudes caresses d'une mère et de la sollicitude attentive d'un père. Ils marcheront longtemps dans les chemins de la vie, comme des êtres à qui on a arraché un lambeau de leur âme.
Certains, ayant à lutter contre des passions" toujours en révolte, s'imagineront, aux heures de crise, que malgré tous leurs efforts, il leur est impossible de réaliser l'idéal de pureté entrevu et que honteusement émasculés par ce vice dégradant, ils ne seront jamais des hommes. Pour d'autres jeunes gens, la pauvreté sera une rude épreuve. Sans compter les froissements d'ordre moral auxquels elle les soumet et les indignités qu'un monde égoïste et orgueilleux leur fait subir, elle les empêche au moins pour un temps de réaliser leur rêve. Ils voudraient faire des études, aller aux Universités et la nécessité de manger du pain et d'aider à faire vivre des êtres chers les retient. Et cependant ils disent eux aussi, en se frappant le front, en écoutant battre leur cœur : il y a quelque chose là-dedans,
m: travail kt i, a im.im.
si je pouvais! Cruelles souffrances que celles de ces jeunes qui, frappés à mort par une maladie impitoyable, sentent la vie, cette vie qu'ils voudraient tant utiliser, leur échapper tous les jours. Pauvres petits !
Je sais pour en avoir été souvent le témoin ému que toutes ces peines sont lourdes à supporter, surtout quand par fierté, pudeur ou par crainte qu'on accueille votre confidence par un sourire ou par une froide indifférence, on garde son secret.
A votre âge, la douleur n'est pas un poison, mais un breuvage fortifiant. La volonté la plus robuste est celle qui en a le plus absorbé. C'est un tonifiant qui met du fer dans les muscles.
Je veux vous signaler un danger qui menace tous ceux qui souffrent et plus particulièrement les jeunes gens.
Vous connaissez cette page célèbre où Pascal met dans un si saisissant relief notre misère et notre néant.
Voici un génie qui travaille. Il est en train, par exemple, de peser les astres et de déterminer leur course magnifique à travers les cieux. Tout à coup, la plume s'échappe de sa main ; il lui devient impossible d'écrire sur la page commencée, un chift're ou une phrase de plus.
Qu'3^ a-t-il donc ? Est-ce que, au fond des cieux, une révolution subite vient de se produire ? Notre
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savant surprendrait-il le bruit d'un cataclysme lointain ? Non.
« Iv'esprit de ce souverain juge du monde n'est pas si indépendant qu'il ne soit sujet à être troublé par le premier tintamarre qui se fait autour de lui. Il ne faut pas le bruit d'un canon pour empêcher ses pensées, il ne faut que le bruit d'une girouette ou d'une poulie. Ne vous étonnez pas s'il ne raisonne pas bien à présent : une mouche bourdonne à ses oreilles : c'en est assez pour le rendre incapable de bon conseil.
Si vous voulez qu'il puisse trouver la vérité, chassez cet animal qui tient sa raison en échec et trouble cette puissante intelligence qui gouverne les villes et les royaumes » (i).
N'est-ce pas ce qui nous arrive. La moindre peine qui survient nous absorbe au point que nous ne pensons plus à autre chose. Toute tentative généreuse est arrêtée et notre activité menace de s'éteindre. On ne se sent plus le courage de rien entreprendre. La souffrance impose à l'âme cette séquestration rigoureuse, cette sorte d'emmurement volontaire, dont la coutume, en certains pays, fait une loi pour les grands deuils. C'est la paralysie et parfois la mort par le désespoir.
Que la douleur ne vous trouve pas dans de telles dispositions. Loin de la traiter en ennemie, accueillez-
(i) Pascal. — Opusc. Sur la Sotiffrance et la Mort.
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la comme une amie et sachez tirer profit de sa compagnie. Sans doute, elle vous fait passer par une fournaise ardente, mais c'est là que s'élaborent les caractères virils. Elle vous servira d'aiguillon et de ressort. Qu'elle soit toujours le cri d'alarme qui vous excite à la recherche de quelque chose de meilleur.
Non seulement il faut supporter les peines que la vie vous ménage, mais il faut les aimer. Si parfois la souffrance vous était mesurée trop parcimonieusement, je vous étonne, n'est-ce pas, allez au devant d'elle. Imposez-vous quelques austérités. Les vies où l'on ne souffre pas sont bien près de la mort. La morale catholique qui est certainement le plus complet système de dressage moral pour préparer aux luttes de l'avenir, oblige ses fidèles à la pénitence. Elle semble n'avoir de tendresse que pour Ce qui heurte et violente la nature : le mépris des biens terrestres, l'amour de la pauvreté. Elle impose le jeûne et l'abstinence, exige la lutte jusqu'au sang contre les passions qui sont le plus enracinées dans notre chair.
Une statue du général Chanzy qui eut, à l'heure de nos désastres, l'honneur de défendre pied à pied avec les débris de notre dernière armée, notre territoire envahi, se dresse sur la place principale de Nouart, son pays natal.
Elle représente le général, le bras tendu vers l'Est, et sur le socle on ht ces paroles tombées de ses
lèvres : « Que les généraux qui veulent le bâton de maréchal de France aillent le chercher au delà du Rhin! «
Jeunes gens si vous voulez être des hommes, il faut passer par le travail et la peine. La douleur voilà la condition de la fécondité (i).
(i) Ouvrages à lire : La Douleur, par Blaxc DE Sain'T-Bonxet (Féron-Vrau. Paris) ; — Les Moines d'Occident, par le comte de Moxta- LEMBERT (Lecoffre, Paris).
L'obéissance et la discipline.
L'obéissance et la discipline.
La préoccupation primordiale dans l'œuvre de la formation de la jeunesse doit être de faire des hommes vraiment affranchis et libres, des êtres robustement organisés, capables de décision et d'action, qui puissent, après s'être libérés de toutes les servitudes et de toutes les tyrannies, travailler à la réalisation de leur idéal, avec constance et fermeté.
Après le travail et la peine,le moyen pour acquérir la volonté que je veux signaler, c'est la discipline, l'obéissance.
Je n'ignore pas qu'en parlant de l'obéissance comme moyen de formation morale je heurte de front bien des préjugés. Le mot seul d'obéissance fait peur. Il répugne particulièrement aux jeunes gens. Ils veulent être eux-mêmes, ce dont je ne les blâme pas, et leur plus grand souci pour arriver à ce résultat, c'est de se défendre de toute influence extérieure. Confondant obéissance avec servitude, cette vertu, car c'en est une, leur paraît la pire des
ignominies. I^a suprême grandeur, d'après eux, c'est de faire son propre vouloir et de ne reconnaître aucune volonté supérieure.
Ils s'imaginent aussi qu'en se soumettant à une règle, ils sont moins hommes, l'obéissance étant, paraît-il, l'apanage exclusif de la jeunesse. Bt comme ils veulent être le plus vite possible des hommes, ils rêvent d'indépendance et impatients de tout joug, ils rejettent tout ce qui peut ressembler à une entrave.
Les naïfs, ils ne voient pas qu'il n'y a pas"[sur terre un seul homme qui n'obéisse pas et que les plus indépendants en apparence sont souvent les plus asservis. A l'âge où l'homme, en pleine possession de toutes ses facultés, se sent le plus fait pour le commandement, la loi de l'obéissance plus que j amais le domine et le soumet à son véritable empire. Le monde n'est-il pas comme une vaste hiérarchie de soumission, où tout homme est appelé à obéir, aujourd'hui, demain, toujours. Le chef d'état qui tient entre ses mains les destinées d'une nation et semble n'avoir pas de supérieur, ne doit-il pas pour se faire obéir par ses sujets, obéir lui-même à la justice et à Dieu. Si indépendant de ses semblables que vous le supposiez, un homme n'est jamais dispensé d'obéir à sa raison qui lui montre le bien et à sa conscience qui le lui commande.
Vos préjugés, s'ils ne viennent pas de votre orgueil et de cet instinct de révolte qui se trouve en chacun
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de nous, ont pour cause vos fausses notions de l'obéissance. Bile n'est pas, ainsi que vous le cro^^ez, une déchéance. Quand vous obéissez, vous ne vous soumettez pas nécessairement à une puissance qui vous subjugue et vous tyrannise, mais vous vous inclinez librement devant une autorité que vous reconnaissez et qui, comme toute autorité légitime est une participation à l'autorité de Dieu. En obéissant à un homme vous vous inclinez donc devant le Dieu que cet homme représente.
« Des deux conceptions de la volonté qui divisent les esprits, depuis qu'on raisonne et qu'on déraisonne en ce monde, et qui les diviseront aussi longtemps qu'il y aura de jeunes fous et de vieux sages, dit M. de Vogué, la première est chère à l'enfant, à l'instinctif, à tous ceux dont elle flatte les passions, elle peut se résumer dans ce sophisme : la volonté abdique dès qu'elle accepte un frein, elle se prouve par l'abus même qu'on fait de sa force dans toutes les directions. La seconde est celle de l'homme qui se connaît, ayant regardé au dedans de lui-même et au dedans des autres : la volonté se fortifie, elle se libère dans la mesure où elle se mutile et se refrène... Il faudrait pourtant savoir s'ils se sont tous moqués de nous depuis le collège, nos professeurs de philosophie, les auteurs qu'ils proposaient à notre admiration, les moralistes qui écrivent des traités sur l'éducation de la volonté. Tous ces maîtres tiennent pour la seconde doctrine, tous les aphorismes de la sagesse
humaine en prose ou en vers conseillent l'acceptation d'une étroite discipline à quiconque entend faire de sa volonté un instrument utile et puissant. »
J'affirme que l'obéissance loin d'enchaîner la volonté l'affranchit; loin de l'affaiblir la fortifie en l'assouplissant et en augmentant ses énergies. Elle ne fait pas de vous de grands enfants, mais des hommes, puisqu'elle développe ce qui est le signe par excellence de la virilité : la volonté.
Iv'homme, d'après la philosophie, est un être intelligent et Hbre, par conséquent maître de ses actes. Un homme est d'autant plus homme qu'il échappe davantage aux mille tyrans qui lui disputent l'empire de son être. Il a d'autant plus d'élévation morale, qu'il résiste plus vaillamment aux influences extérieures et aux impressions capricieuses du dedans, et que, en pleine possession de lui-même, il accomplit plus intégralement son devoir. Le grand souci de celui qui veut arriver à la vie virile est donc de s'affranchir de toutes les tyrannies. C'est en se soumettant, dès son jeune âge, à la rude discipline de l'obéissance, qu'il parviendra à la hberté.
Regardez l'enfant abandonné à ses caprices : « C'est une sorte de momie enfermée dans un vase de soie, et qui finit par se croire un petit dieu. Ignorant la peine qui suit le devoir méconnu, se voyant imploré au lieu d'être repris, il contracte dans le mal l'adoration de lui-même et ne voit plus dans ses
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parents et ses maîtres que les dispensateurs de ses plaisirs, il oppose ses caprices tout-puissants à des supplications ou à des faiblesses qui le dépravent, et il en vient à punir de ses fautes par des bouderies calculées ceux qui devraient lui en infliger le châtiment )) (i). Il espère trouver le bonheur dans l'indépendance et en réaUté c'est le désenchantement et le malheur qui l'attendent. Dès qu'il rencontre un obstacle à ses moindres désirs, il s'irrite. Si cet obstacle est insurmontable, oh alors ! sentant son impuissance, il ne se contient plus, il s'en prend à tout ce qui lui résiste, même à la matière. Ce n'est plus un être humain, c'est un sauvage féroce, qui frémit, écume, frappe à droite et à gauche.
Plus il avancera dans la vie, mieux il verra que l'indépendance absolue qu'il souhaitait, n'est qu'une gigantesque tromperie. Il s'imaginait n'avoir qu'à commander et précisément parce qu'il ne sait pas se plier volontairement à d'inévitables nécessités, tout conspire à lui donner des ordres. Il est le plus dépendant des hommes et par suite le plus misérable. Tout lui semble odieusement injuste et, dans son cœur, la haine bouillonne. Son horreur de l'obéissance le pousse à vouloir bouleverser une société où il ne peut pas assouvir sa passion de commander. Quand l'esprit d'indépendance, produisant ses fruits naturels, aura suffisamment trou-
I) F. Lacordaire. — Lettres à des Jeunes gens.
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blé son cerveau et corrompu son cœur, cet homme sera mûr pour toutes les révolutions. Si son intelligence trop faible ne lui permet pas d'en être la tête, il en sera le bras inconscient.
Il rêvait aussi de trouver la liberté dans l'indépendance. Bon gré mal gré il faut que l'homme obéisse. Celui qui n'obéit pas au gouvernail, obéira à recueil, disent les marins bretons. Nous avons le choix entre la soumission à un pouvoir légitime ou la soumission à un pouvoir illégitime. Celui qui redoute toute règle, devient esclave et se condamne à toutes les servitudes. Il ne veut pas de maître et il multiphe à plaisir les tyrans. Il sera l'esclave de ses caprices et de ses fantaisies, l'esclave des événements. Ne sachant rien se refuser, il ne saura résister à rien, et alors on le verra, lui qui se flattait de n'appartenir à personne, se courber honteusement sous le joug du premier venu,obéir à toutes les influences étrangères, et subir la plus odieuse des servitudes, celle des plus basses passions. C'est cet esclavage que la grande multitude des hommes appelle la liberté !
La vie du fils de l'obéissance est tout autre. Loin de s'irriter contre une loi juste, il s'incline devant elle, il sait qu'elle le conduit au bien et qu'en marchant volontairement dans son sillage, il est dans l'ordre et dans la vérité de la vie. Il n'ignore pas qu'à l'âge où il est, alors que grondent sans cesse en lui les orages de la jeunesse nul n'a plus