‹ Soyez des hommesChapitre 29 sur 50 · I. <»IŒISSA>'CE ET LA DISCIPLINE · texte numérisé non relu

I. <»IŒISSA>'CE ET LA DISCIPLINE

besoin d'être discipliné^ contraint. Il accepte une autorité qui le domine, non pour Tenchaîner, mais pour le défendre ; non pour le condamner à une impuissance qui l'annihile et à une captivité qui le dégrade, mais pour lui épargner d'inutiles agitations qui l'affaiblissent et des fatigues qui le tuent. Dans la voie royale de l'obéissance, il éprouve la joie de la sécurité. Pas d'inquiétudes, d'hésitations, de tâtonnements, l'autorité, forte de toute l'expérience des siècles passés, lui jalonne d'une main ferme, à lui le débutant inexpérimenté, la route du devoir. Comprenant la nécessité de cette vertu d'obéissance, comment elle est l'indispensable noviciat du commandement, il en supporte avec bonheur le joug si dur à certaines heures.

On a comparé la volonté individuelle qui se dirige selon la loi à la boussole qui se dirige vers le Nord, et la volonté qui se dirige au gré de ses fantaisies, à la girouette.

L'homme sans loi est le jouet de ses impressions, de ses désirs, de ses passions. L,e pilote risquerait son vaisseau, corps et biens, en se guidant sur la girouette. Il faut au contraire qu'il condense toutes les forces des vagues et du vent pour mieux suivre la route marquée par la boussole.

Or quel est le plus libre, celui qui se laisse aller au gré des flots ou celui qui, avec eux ou contre eux, s'il le faut, cingle vers le but et ramène sans cesse son navire sur la route ?

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Par le fait même que l'homme s'incline devant l'autorité et obéit, il s'affranchit de tout ce qui n'a pas le droit de lui commander. Il est vraiment libre, non seulement des influences du dehors, mais aussi des passions du dedans. Son obéissance est le rempart de sa liberté et la source d'une de ses plus grandes gloires. Par elle il atteint le suprême degré de la souveraineté, se commander à soi-même.

On a souvent dit que la discipline de l'obéissance est à l'énergie ce que la logique est à l'intelligence, ce que l'économie est à la finance. Sans elle, c'est le désarroi, l'éparpillement des forces, l'anémie, la mort.

Une volonté qui n'a de règle que l'impression du moment, change au gré du souffle qui passe. Elle va d'une résolution à une autre avec une extraordinaire facilité. Elle veut, puis presque aussitôt après elle ne veut plus. Ses énergies se dispersent. Aussi est-elle incapable d'entreprendre une œuvre marquée au coin de la grandeur. Elle manque de constance et de fixité dans le vouloir. C'est, et ce sera toujours, une volonté d'enfant.

Soumettez au contraire cette volonté à une règle, expression fidèle de ce qui est droit et juste, insensiblement elle deviendra droite comme la règle elle-même, car dans toutes ses actions, son objectif

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