‹ Soyez des hommesChapitre 33 sur 50 · I. nv(;ii.M: iu;i'\u \ tric;f · texte numérisé non relu

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Après l'hygiène de l'alimentation, il faut parler de l'hygiène de la respiration.

Respirons, et en aussi grande quantité que possible, de l'air pur. Ce conseil peut paraître inutile, et cependant, combien de jeunes gens, par paresse, par crainte du froid en hiver, par peur des moustiques durant les mois de chaleur, se condamnent à vivre dans une atmosphère corrompue. Lorsqu'on respire un air vicié pendant de longues heures, on devient facilement irritable et mécontent et le corps, n'ayant plus cette salutaire stimulation de l'air vif, recherche facilement des stimulations malsaines. La vie au grand air est plus saine et plus morale, c'est un fait. Le sang est plus riche, la respiration plus active, on a plus d'entrain et d'ardeur, et on est capable d'efforts plus énergiques et plus prolongés. Comme nous ne pouvons pas vivre toujours, nous les étudiants et les employés, au milieu des champs ou au sommet des montagnes, nous devons obvier à cet inconvénient en observant certaines règles prescrites par l'hygiène. Aérons fréquemment les appartements où nous séjournons. Évitons autant que possible de prendre des positions nuisibles au mouvement de la respiration. Avons-nous à lire ou à écrire, au lieu de nous tenir courbés, tenons le buste très droit afin de

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dégager la poitrine. — M. C. Lagrange (i) recommande d'avoir recours, pendant le travail, car il ne faut pas rester trop longtemps immobile, à ce qu'il appelle la « gymnastique respiratoire » Ces exercices consistent en de larges aspirations que l'on fait artificiellement en imitant ce qui se passe lorsque le matin instinctivement, nous nous étirons. On élève très lentement les deux bras et on les écarte en respirant aussi profondément que possible, puis on les abaisse en rejetant l'air aspiré. Même il est utile en élevant les bras de se lever sur la pointe des pieds comme si l'on tâchait de se grandir : cette opération provoque le redressement des courbures de la colonne vertébrale, redressement qui permet aux côtes de décrire de bas en haut un segment de cercle sensiblement plus grand que le segment habituellement parcouru. Outre que cet exercice empêche l'ankylose des côtes « il déplisse » un grand nombre de vésicules pulmonaires affaissées et où l'ox^^gène ne pénétrait pas. La surface des échanges entre le sang et l'air augmente ainsi, ce qui explique le phénomène constaté par Marey que le rythme de la respiration demeure modifié même au repos après de semblables exercices prolongés. »

Les jeunes gens auront soin, et c'est à peine nécessaire de signaler ce point, de tenir leur corps

(i) L'Exercice chez les adultes.

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dans un très grand état de propreté. — Tout jeune homme devrait se baigner fréquemment, au moins une fois par semaine ou par quinzaine, et, si possible, faire un grand lavage chaque matin. Prenez une éponge ou linge trempé dans l'eau froide, et, rapidement, lavez- vous tout le corps. Puis essuyezvous et frictionnez-vous avec la main ou avec un linge très grossier. Pour éviter les refroidissements, commencez cette pratique au mois de juin ou de juillet, vous continuerez sans difficulté pendant les mois de l'hiver car l'habitude ainsi prise, vous n'éprouverez plus le moindre frisson, durant les plus basses températures. Votre corps se trouvera fortifié et votre organisme tout entier tonnifié. Le bien être que vous ressentirez vous dédommagera amplement des efforts que vous aurez été obligé de faire.

Traiter de l'hygiène de la respiration et de l'alimentation pourrait suffire si nous écrivions pour des hommes d'un certain âge dont le corps est parfaitement formé, mais comme nous avons spécialement en vue les jeunes gens, nous devons aborder la question des exercices physiques.

L'homme a besoin d'une constitution forte pour résister à la maladie et aux passions, et pour être aussi indépendant que possible des accidents exté-

rieurs. Sans elle que peut faire l'individu, même le mieux doué intellectuellement ? Presque rien. Quelle que soit la carrière où il s'engage, il sera arrêté dès les premiers pas. Il faut que le corps soit capable de supporter sans faiblir l'empire d'une volonté maîtresse et vaillante.

La génération actuelle, sortie de parents énervés, est prédisposée à l'étiolement. Il n'y a plus d'équilibre entre les muscles et les nerfs. Les nerfs sont surexcités et les muscles alanguis. C'est la névrose, la neurasthénie et toutes les autres maladies à la mode qui attendent la masse de nos jeunes gens dont les facultés intellectuelles sont surmenées, les facultés représentatives exaspérées.

Quand on sait ce qu'est la vie habituelle du grand nombre de nos jeunes gens, vivant dans les populeuses cités, on ne s'étonne pas de la dégénérescence que constatent avec terreur ceux qui s'occupent de l'avenir national.

Leur vie n'est qu'une suite de divertissements plus ou moins saugrenus. Ils n'ont même pas le loisir de faire halte et de reprendre haleine dans l'intervalle de deux danses de Saint-Guy. Les intendants de leurs menus plaisirs ne les laissent pas respirer.

D'une liesse il faut passer à une autre, sans délai ni trêve, ni répit. C'est une existence essoufflée, haletante, absurde, où les sens, perpétuellement éveillés, excités, dégoûtés, se blasent, et où le cœur

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