‹ Soyez des hommesChapitre 38 sur 50 · LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

LA CONSCIENCE

conscience, nous l'indique (i). (( I^a conscience, cette force qui, au fond de notre âme, nous commande le bien, et nous pousse, par un irrésistible élan, vers la justice et la vérité, cette force clairvoyante qui brise et réprime notre cœur, cette force chaste et pure qui nous retient en face du mal, nous entrave et nous arrête sous l'essor même des plus puissantes passions, cette force irritée qui se lève et ne veut plus se taire, quand le mal est commis, qui vibre et crie sous l'effort même tenté pour l'étouffer, cette force, c'est la voix de Dieu qui nous pose ainsi à tout instant la question de la morale et son épreuve. »

Tout d'abord, cest la conscience qui coynmande à la volonté ce qu'elle doit faire, à tel moment précis ; c'est elle qui distingue dans les choses et dans les faits ce qui est bon ; c'est elle qui nous oblige à accomplir une bonne action et à en éviter une mauvaise, qui nous montre la route à suivre quand nous avons une résolution à prendre, une vocation à décider et nous dit : fais ceci, va là. (2)

Elle est en nous, suivant la pensée de saint Thomas, comme le prince, auquel Dieu a donné son pouvoir sur nous-mêmes, prince que personne ne peut déposséder et par lequel il faut passer si l'on veut nous obliger à un acte de l'âme. La conscience.

(I; p. Gkatry. — L'Ame, 2e volume.

(2) Saint Thomas. I^, quaest. 79, art. 13.

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c'est la loi au-dessus des lois, loi qui doit être respectée et obéie, toujours et partout. S'il y a un conflit entre cette loi intérieure et personnelle et une loi extérieure, c'est, quels que soient les risques à courir en lui restant fidèle, c'est la conscience qui doit avoir le dernier mot ; c'est à elle qu'il faut s'attacher.

Son commandement est si absolu que quoique nous fassions pour le nier ou en affaiblir la force, nous ne pouvons nous y soustraire. Dès que notre volonté n'est pas conforme à notre conscience et lui résiste, elle pèche et devient mauvaise. (l)

D'où vient cette autorité de la conscience? Il est évident que ce n'est pas de nous-mêmes, car alors, nous pourrions régler notre conduite comme nous l'entendrions et nous ne nous en ferions pas faute. Nous sentons que nous sommes impuisssants contre elle, même quand elle prescrit des choses auxquelles nous n'avions jamais pensé et qui souvent vont à rencontre des préjugés de notre première éducation ou du milieu dans lequel nous vivons.

Son pouvoir lui vient de Dieu. Elle est, dit avec justesse le peuple, la voix de Dieu qui parle en nous. Voix de Dieu Créateur, par ses immortels et immuables principes; voix de Dieu Rédempteur, par son Évangile, qui, suivant cette belle parole du P. Lacordaire, est le cri de la conscience de

(i) s. Paul, Rom. xiv, 23. — S. Thomas, I", II*, quaest. XIX, art. 3.

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