I.A CONSCIKNCK
pations comme au milieu de nos rêves, il se dresse devant nous, nous reprochant nos défaillances et nos lâchetés. Nous ne parviendrons pas à l'éviter. Il faut entendre sa voix qui nous crie : Cet homme là, c'est vous!
Obéissons toujours à notre conscience, à <( cet instinct divin, à cette céleste voix » (i) qui chante en nous la loi de Dieu. Soyons des hommes sincères et loyaux, accordant nos paroles avec nos idées et nos actes avec nos paroles. N'ayons pas d'autre maître, d'autre stimulant, d'autre juge qu'elle.
Etant donnés les rapports de la conscience et de la volonté, il est d'une souveraine importance, dans l'œuvre de l'éducation morale de la jeunesse, de cultiver cette puissance directrice de la vie, sans laquelle la volonté irait à la dérive, loin des droits sentiers du bien. Elle est en germe en chacune de nos âmes. Il nous appartient de la développer. Dieu nous a confié ce labeur et cette gloire.
Pour former notre conscience, il faut, en tout premier lieu y r instruire, afin que, éclairée par les principes, par les préceptes ou les conseils qui doivent diriger nos actes si nous voulons aboutir au bien ou à la perfection, elle puisse, tenant compte
(i) J.-J. Rousseau. — Emile, livre l\.
des circonstances de temps, de lieux, de personnes, observer la hiérarchie des lois et des intérêts.
Si notre conscience est juste ^ c'est-à-dire, conforme en tout à la règle divine, elle ne pactisera pas avec le relâchement et les prétextes, elle répugnera à rétroitesse qui attache plus de prix à l'extérieur qu'à l'intérieur et met sur le même pied les petites choses et les grandes, elle sera l'ennemi du pharisaïsmequi abandonne les préceptes substantiels pour ne songer qu'aux prescriptions matérielles et ne tolère pas la moindre infraction à une loi cultuelle pour se permettre des outrages graves à la plus délicate des vertus ou à la charité.
Notre conscience doit avoir une autre qualité, la certitude. En effet elle doit juger, sans crainte de se tromper, qu'un acte est permis ou défendu, car nous n'avons jamais le droit d'agir avec une conscience douteuse. Agir ainsi serait s'exposer au mal, et s'exposer à mal faire, c'est déjà une faute. Si par nous-mêmes, malgré nos recherches, nous ne pouvons arriver à une certitude directe, notre devoir est d'interroger des hommes compétents, de consulter notre directeur et leur solution deviendra la règle de notre conduite. Si pressés d'agir nous ne pouvons pas avoir recours à leur science, il faut, car on ne saurait se condamner à l'inaction chaque fois qu'on ne voit pas clairement son devoir, il faut trouver une vérité réflexe qui nous tire d'embarras. I^a certitude morale, qui suffit