‹ Soyez des hommesChapitre 42 sur 50 · I.i: C()Ml'A(iNON Di: XJTKE KOI TK · texte numérisé non relu

I.i: C()Ml'A(iNON Di: XJTKE KOI TK

de tous ces oracles divins dans les événements dont Jérusalem venait d'être le théâtre.

L'inconnu parlait de choses animées. Il compatissait à la douleur des deux voyageurs. Ce n'était plus un étranger^ c'était maintenant un ami.

On arriva à Emmaiis. La petite ville, avec ses palmiers verdoyants, ses maisons blanches apparaissait comme un frais oasis au milieu du désert.

Déjà l'ombre s'étendait sur le large horizon. Les disciples voulant encore -prolonger cet entretien, pressèrent leur compagnon de route de s'arrêter.

Restez avec nous, lui dirent-ils. Voici que le soleil baisse. Où iriez-vous pour trouver quelqu'un qui vous accueillit mieux, à qui vos paroles fissent plus de plaisir et en qui votre âme pût mieux s'épancher ?

Après une tentative de refus, car il désirait demeurer ?.vec eux, il se laissa persuader et accepta leur hospitalité.

Alors se passa une scène merveilleuse de bonté et d'amour. L'hôte à peine assis à table, prit entre ses mains un morceau de pain. Puis levant les yeux au ciel, le visage radieux et comme tout illuminé des splendeurs du Thabor, il dit en rompant le pain : Prenez et mangez.

C'était le Seigneur.

A ce moment leurs y eux s'ouvrirent etils le reconnurent, mais il avait déjà disparu.

Aussitôt les deux disciples reprirent la route de Jérusalem, afin d'aller annoncer aux apôtres la bonne nouvelle. Leur joie était débordante.

La nuit était venue, pleine de sérénité douce et de paix heureuse. Une à une les étoiles s'allumaient dans les profondeurs des cieux.

Luc et Cléophas marchaient d'un pas rapide.

N' est-il pas vrai, se disaient-ils, que notre cœur hiûlait dans notre poitrine, pendant que sur cette route^ il nous parlait et nous donnait le sens des Écritures.

Bientôt dans le lointain, la Ville sainte apparut toute blanche sous les premières clartés de la lune de Pâques.

J'ai voulu en terminant ces études sur la formation morale de la jeunesse, reproduire cette admirable page de l'Évangile, qui semble être arrachée au livre de notre propre vie. Cette scène du soir de la Résurrection nous la revivons souvent.

Tout est bien quand le Maître est là près de nous. Nous sommes alors dans la pleine lumière. Mais il est des heures où le Christ semble disparaître. Rapidement le jour baisse. Une tristesse mortelle nous envahit.

Ce sont les heures où la passion tenaille notre pauvre âme. La tentation enveloppe notre volonté

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tout entière. La loi divine se voile d'ombre comme un ciel orageux se couvre de nuages. Nos yeux aveuglés ne voient plus le Christ. Nous allons tâtonnants, cherchant après lui et ne le trouvant pas.

Dans ces moments de crise, où en nous tout semble sombrer, ne sommes-nous pas tentés de redire ces paroles des disciples d'Emmaiis : <( Il nous avait cependant bien promis de ne pas nous abandonner. »

D'autres fois, la nuit tombe, lourde et noire. A l'heure mauvaise que nous traversons, ne sommesnous pas déconcertés par les abaissements du Christ et les souffrances de son Église ? Le monde entier semble s'être soulevé contre eux. Il a juré de les anéantir, et il y travaille avec une rage que l'enfer seul peut inspirer. « Nous espérions nous aussi la restauration d'Israël, et voici que le ciel, au Heu de s'éclaircir, s'est chargé de nuages plus épais, et, au lieu que l'Église monte à son trône, voici qu'on la tient captive. C'est un tombeau que l'on ferme sur elle, et on entend qu'elle n'en sorte plus. Le Christ roi s'est éclipsé r,

A la vue de l'impiété triomphante, au miHeu du bruit des persécutions,il vient un moment où notre sécurité habituelle se trouble et fléchit. C'est l'obscurité, le désarroi. Où donc est notre Dieu ? Pourquoi laisse-t-il le méchant triompher bruyamment et entonner son chant de victoire fièrement

campé sur les ruines de ce que nous avons de plus sacré?

A ces heures-là, crions comme les disciples : Restez avec nous, car le jour baisse ! Et le Christ qui est là aux aguets, épiant ce mouvement de notre cœur, attendant ce cri d'appel de notre âme en détresse, restera. Il nous parlera, et sa voix plus douce et plus caressante que la brise du soir se fera entendre dans l'intime de notre âme.

A notre intelligence troublée, il apportera la lumière. Il nous montrera la mystérieuse Providence de Dieu, faisant servir à ses desseins, les plus noirs projets des méchants. Il nous mettra au cœur une indomptable espérance. Plus rien désormais ne nous étoimera, ni les victoires de l'impiété, ni ses objections retentissantes, ni l'inutihté apparente de nos efforts pour le bien. Dieu est avec nous; que pourrions-nous craindre? Comme Lui, nous sommes sûrs de son éternité; comme lui aussi, nous saurons attendre. L'aube glorieuse de ce jour béni qui verra le triomphe éclatant du Christ et de son EgHse, tardera peut-être longtemps encore à se lever sur notre triste horizon. Qu'importe! Un jour nous la verrons illuminant notre vieux monde de ses brillantes clartés. En attendant, demandons au Christ que jamais l'étoile du devoir ne disparaisse à nos yeux, mais que toujours son lumineux sillage nous indique la route à suivre pour arriver à la perfection.

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A notre volonté affaiblie par l'effort de la lutte il donnera des forces pour des combats nouveaux. lycs tentations pourront venir nombreuses assaillir notre pauvre cœur; si nous sommes fidèles à notre hôte divin nous n'aurons rien à redouter. Le Christ c'est la force. Soutenus par sagrâce, nous réaliserons chaque jour davantage, malgré les difficultés semées sous nos pas, cet idéal sublime du caractère que nous avons entrevu. Nous serons des hommes et des chrétiens, des hommes vaillants et généreux parce que des chrétiens convaincus.

O Christ! ne nous abandonnez pas. Pèlerins en route vers l'Eternité, nous avons besoin de vous sentir à nos côtés. La route est si dure. Le poids du jour est quelquefois si accablant. Marchez avec nous. Soutenez-nous dans la lutte; relevez-nous quand nous tombons; pansez nos pieds ensanglantés par les cailloux du chemin; consolez notre pauvre cœur endolori quand les épines du buisson lui arrachent par lambeaux ses affections et ses rêves.

Surtout, restez là tout près de nous, quand la lumière du dernier jour baissera. Prenez-nous dans vos bras, pressez-nous sur votre cœur. Faites que, comme les disciples d'Bmmaiis, nous vous reconnaissions à la fraction du pain. Faites aussi que notre cœur à nous soit tout brûlant d'amour quand

retentira à nos oreilles^ mortes au bruit delà terre, le doux (( Venez à moi » qui ouvrira à notre âme le séjour de l'Eternelle Patrie, promis à tous les hommes de cœur, à tous les bons serviteurs, (i)

Lille, 2j Décembre iqoj.

Fête de la Xativité de Xotre Seigneur Jésus-Christ.

(i) Nous recommandons instamment aux jeunes gens qui veulent vivre d'une vie vraiment chrétienne, la lecture quotidienne de VEvangile; — la Vie de Jésiis-Chrisi, du P. DiDOX, O. P. Pion. Paris) ; — Noire- Seigneur Jésus-Christ dans son Evangile, par H. LesÈTRE (Lethielleux. Paris); — Jésus-Christ dans l'Évangile, par le R. P. Pegues, O. P. (Lethielleux. Paris); — La Vie de Xotre-Seigneur Jésus-Christ, par FOUARD, (Lecoffre. P^ris). — L'Évangile méiiité avec les Pères, par le R. P. Thi- RIET, O. P. (Lecoffre. Paris).

TABLE DES MATIERES

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