DE PARIS A SPA.— LIEGE
ques ; l’exercice des droits civils et politiques les plus <5tendus était garanti aux citoyens ; aucun impôt n’était voté sans l’assentiment des trois états ; nul ne pouvait être jugé que selon les lois en vigueur et par les tribunaux compétents ; la confiscation était prohibée , toute arrestation arbitraire sévèrement défendue, l’inviolabilité du domicile assurée à chacun, au riche patricien comme au pauvre artisan, réputé roi en sa maison; enfin, au-dessus de tous les pouvoirs, un tribunal redoutable, composé de quatre chanoines de la cathédrale, de quatre chevaliers de l’état noble et de quatorze bourgeois, exerçait son contrôle jusque sur les actes des ministres du prince, dont la personne sacrée échappait seule à la juridiction suprême des XXII. Cependant, qu’on ne s’y trompe point, la plupart des évêques de Liège ne cessèrent de protester contre les concessions qui leur avaient été arrachées, et plus d’une fois le peuple dut s’insurger pour les contraindre à les respecter. Toutes ses insurrections ne furent pas heureuses d’ailleurs, et quelques-unes eurent pour la ville vaincue les plus effroyables conséquences, car les évêques appelèrent à leur secours des princes étrangers qui disposaient de forces trop supérieures pour qu’il fût possible à ses habitants de leur résister.
Vers la fin du xiv' siècle, le peuple , s’étant soulevé, chassa son évêque, Jean de Bavière, qui n’était encore qu’un enfant et qui ne fut jamais prêtre. Jean de Bavière alla mendier des secours en France et en Allemagne, et malheureusement pour les Liégeois, il obtint l’assistance du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, qui marcha sur Liège àla tête de35,000 hommes. Les Liégeois sortirent à sa rencontre : ils étaient 1.5,700. dont700 cavaliers. La bataille eut lieu le 22 septembre 1408, à Othée, 2 h. 1/2. au N. O. de Liège. Elle fut terrible. 15,000 Liégeois y perdirent la vie, et les vainqueurs souillèrent leur victoire parles plus cruelles exécutions. Heureusement pourLiége, sonévôque ne tarda pas à se marier, et les deux successeurs de Jean de Bavière s’efforcèrent de réparer les désastres de son