I.— DE PARES A SPA.— LIÈGE. 4.'i
tarissant pas sur la vaillance de son bon frfire : c’était merveille, et chose à rapporter au duc, comme il le louait de bon cœur !
« I^e duc vint le trouver et lui dit : « Que ferons-nous de Liège? » Dure question pour un autre, et où tout cœur d’homme aurait hésité. Louis XI répondit en riant : « Mon père avait un grand arbre, près de son hdtel, où les cor- ' beaux faisaient leur nid : ces corbeaux l’ennuyant, il fit ôter les nids, une fois, deux fois ; au bout de l’an, les corbeaux recommençaient toujours. Mon père fit déraciner l’arbre, et depuis il en dormit mieux. »
« L’horreur, dans cette destruction d’un peuple, c’est que ce ne fut point un carnage d’assaut, une furie de vainqueurs, mais une longue exécution qui dura des mois. Les gens qu’on trouvait dans les maisons pétaient gardés , réservés; puis, par ordre et méthodiquement, jetés à la Meuse. Trois mois après, on noyait encore *.
« Même le premier jour, le peu qu’on tua (200 personnes, peut-être) fut tué à froid. Les pillards, qui égorgèrent aux Mineurs vingt malheureux qui entendaient la messe, attendirent que le prêtre eût consacré et bu, pour lui arracher le calice.
« La ville fut aussi brûlée en grand ordre. Le duc fit commencer à la Saint Hubert, anniversaire de la fondation de Liège.... »
Au siècle suivant , Liège recouvra ses franchises et ses libertés, elle se rebâtit, elle se repeupla, car Guicciardini, qui la visita en 1590, en parle comme d’une cité grande, fort ample et de belle étendue. Cependant de nouvelles luttes éclatèrent encore de temps à autre entre l’évêque et le peuple. En 1649, par exemple, l’évêque Ferdinand, qui avait été obligé de quitter la ville, ne put y rentrer et s’y maintenir qu’avec le secours d’une garnison allemande qui occupait la citadelle.
( « Monsterua escrit, qii'en la ril« furent tuez 40,000 hommet et 12,000 fem^ mes et filles noycez. > Bibliothèque de Liège, manuscrit Bertbolet, N. 183.