‹ Species des hyménoptères composant le groupe des formicidesChapitre 15 sur 234 · DURÉE DE LA VIE · texte numérisé non relu

DURÉE DE LA VIE

quelque abri où peut-être elles jettent les fondements d’un nouveau nid, ce qui est encore un problème non résolu dont je parlerai à propos de l’origine des fourmilières, Quoi qu'il en soit, le plus grand nombre meurt après avoir pondu quelques œufs qu’elles n'ont pas su élever.

Revenons maintenant aux ? qui se sont accouplées, à la surface du nid ou dans son voisinage,avec des 9° qui, comme elles, ne se sont pas envolés. Elles sont surveillées de près par les & et: dès que l’acte de la fécondation est accompli, elles sont saisies cet entrainées de force par les travailleuses qui leur arrachent les ailes et les font rentrer dans le nid où elles les gardent à vue jusqu'à ce qu'elles se soient habituées à leur captivité et ne cherchent plus à s'enfuir. Ces faits,bien observés par Huber,ont été confirmés par Forel et il en résulte que chaque fourmilière, nese perpétuant que par les o’et les © sortis de son sein, conserve pendant toute son existence les caractères distinctifs de la race ou de la variété à laquelle elle appartient. Au contraire les ? qui ont été fécondées dans les airs ct, le plus souvent, par un o” étranger à leur fourmilière, peuvent donner naissance à une famille dont les membres présenteront des caractères intermédiaires entre deux races ou deux variétés.

Le nombre des 9 fécondes n'est pas le même dans tous les nids ; parfois il n’en existe qu’une seule, souvent il y a plusieurs, et jusqu'à 20 ou 30 qui vivent toutes en bonne intelligence et sont l’objet des mêmes soins de la part des ouvrières. Leur mission consiste uniquement à pondre des œufs que lesouvrières ramassent ct soignent, et elles restent fécondes pendant toute leur existence sans avoir besoin d'un nouvel accouplement.

Huber dit avoir vu des og’ s'accoupler avec des 9; le fait n’a pas été confirmé mais on a plusicurs fois constaté l'existence d’ouvrières fécondes. A-t-on affaire, en ce cas, à une question de parthénogenèse ? c'est un problème que l'avenir résoudra mais qui ne présente rien d'impossible d'après ce qu'on sait aujourd’hui de ce curieux mode de reproduction.

5 — Durée de la vie des fourmis. — La vie des fourmis est assez courte, les j' meurent peu de jours après l’accouplement, leur mission étant alors terminée ; quant aux $ etaux ouvrières,

on estime généralement à une année le terme de leur existence. 72% Le renouvellement perpétuel des individus donne à la fourmilière une durée beaucoup plus longue et qui ne peut être définie, quoiqu'elle ne soit pas illimitée. Des causes diverses et accidentelles en amènent généralement la destruction, mais il est probable qu'elle doit aussi arriver par épuisement, la population ne pouvant pas se régénérer par croisement, d’après ce que j'ai rappelé plus haut en parlant de l’accouplement. Ce qui viendrait confirmer cette hypothèse, c'est ce fait observé par M. Forel que les dernières générations ne comprennent plus que des æ-

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