III — MŒURS ET INDUSTRIE
J'aborde ici un sujet plein d'’attraits et qui, de tous temps, à piqué la curiosité des observateurs. Les fourmis, on le sait, sont les plus industricux de tous les insectes, leurs ganglions céphaliques sont très développés, et le savant naturaliste anglais Sir John Lubbock, dans une de ses lectures à l’Institut royal de Londres, a réclamé pour elles la première place après l’homme sous le rapport de l'intelligence, en reléguant au second rang les singes anthropoides et les autres mammifèresles plus élevés dans la série animale. Ebrard avait déjà exprimé cette opinion qui pourrait peut-être être discutée, mais il n’en resterait pas moins acquis que les mœurs de ces Hyménoptères présentent un haut degré d'intérêt. Il n'est pas jusqu'à leurs vertus qui n'aient été maintes fois célébrées dès la plus haute antiquité, et, de nos jours encore, dans certaines régions de l'Arabie, les parents placent une fourmi dans la main de leur nouveau-né, pour que les précieuses qualités de l’animal se communiquent à l’âme vierge de l'enfant. On ne s’étonnera donc pas que nous ayons, sur l’histoire intellectuelle et morale de nos insectes, un grand nombre de travaux importants, et, s'il reste encore quelques desiderata relativement au genre de vie de certaines espèces à existence souterraine et cachée, on peut affirmer que la biographie des fourmis est une des branches les plus étudiées de l’entomologie. De nombreux savants ont publié à leur sujet des.