‹ Species des hyménoptères composant le groupe des formicidesChapitre 6 sur 234 · TÊTE ET ANNEXES · texte numérisé non relu

TÊTE ET ANNEXES

nairement cylindriques et ont une grande importance caractcristique.

Les palpes labiaux, de même forme que les précédents, sont formés de 1 à 4 articles.

Les antennes, insérées sous les arêtes frontales, dans les fossettes antennaires, sont coudées et composées de 4 à 12 articles chez les & et les 9, de 10 à 13 articles chez les «y.

Le scape (m) est ordinairement droit ou légèrement arqué ; quelquefois cependant sa courbure s'accentue fortement, surtout vers la base; il peut même, dans certains cas, être géniculé ou brisé à angle droit avec une arête, un lobe ou une dent sur la partie géniculée. Le plus souvent assez long chez les 5 etles9®, il devient parfois fort court chez certains get arrive même à ne pas dépasser en longueur le premier article du funicule.

Le funicule (n) est composé d'articles cylindriques, rarement globuleux, s’épaississant souvent vers l'extrémité de l'antenne pour former une massue plus ou moins distincte ; parfois il est filiforme dans toute sa longueur. Les antennes, par le nombre et les dimensions relatives de leurs articles, présentent des caractères précieux qui seront très souvent utilisés dans la partie descriptive de ce travail. En règle générale les $ et les® ont le même nombre d'articles aux antennes et les ont un article de plus ; toutefois cette règle, à laquelle ne déroge aucun genre européen de la famille des Formicidæ et de celle des Poneridæ, est loin d’être sans exception en ce qui concerne la famille des Myrmicidæ. Ainsi, chez les Anergaltes qui n'ont pas d'ouvrière, le o’ et la 9 ont tous deux 11 articles ; les-&-etles ? de Stenamma ontchaeunetlarticles, les'ena43 ; les genres Strongylognathus et Tetramorium ont leurs & et leurs 9 avec des antennes de 12 articles, tandis que celles des g’ n'en ont que 10 ; chez les Solenopsis la % a 10 articles, la 9 11etle & 12 ; enfin le curicux genre Épitrilus offre, sous ce rapport, l'écart le plus extrême puisque ses Ÿ ctses 9 n'ayant que 4 articles aux antennes, le en à 13. Quant à la famille des Dorylidæ, il ne peut en être question, attendu que jusqu'à ce-jour, on ne connaît qu'un seul sexe de tous les genres qui la composent.

3.—Thorax.— Le thorax qui, chezleso’etlesg , nediffère pas de celui desautres hyménoptères et se compose des mêmes pièces: qui ont été décrites dans l'introduction générale de cet ouvrage, se simplifie beaucoup chez les & à cause de l'absence des ailes. Ine présente en général,chez ces dernières,queses troisdivisionsprimaires : prothorax, mésothorax et métathorax,dont les lignes. de jonction ne sont même pas toujours distinctes, de sorte que: quelquefois le dos du thorax parait formé d'une seule pièce continue, sans trace de sutures. Ce cas cependant est exceptionnel et, la plupart du temps, on distingue nettement, même chezles®, les trois divisions du thorax que je vais passer successivement en revue.

Le pronotum (fig. 4, a) qui chez les $, forme ordinairement le tiers de la longueur du thorax, se raccourcit beaucoup chez les © et les o”" où il arrive souvent à se montrer comme une bande étroite invisible en dessus etrecouverte par le prolongement du mesonotum. Les épaules sont presque toujours arrondies, quel-quefois cependantanguleuses (Tetramorium), mais chez aucune de nos fourmis d'Europe il ne présente les dents ou épines qui se remarquent chez quelques espèces exotiques.

Le mesonotum (b) toujours inerme également chez les fourmis indigènes, prend un grand développement chez les sexes ailés. mais n'offre pas plus d'importance que les autres segments chez les & où il est même quelquefois tout à fait invisible en dessus. Souvent, chez les neutres, il est séparé du metanotum par un sillon ou étranglement plus ou moins profond dont la présence ou l’absence fournit de bons caractères. Le mesonotum des ç'de Myrmicides est parfois creusé de deux sillons convergents en arrière et qui sont utilisés avec avantage pour la distinction des genres.

Les lobes latéraux, le scutellum et le postscutellum, qui ne se voient que chez les o et les ?, n'offrent rien de particul'er.

Le metanotum (ce) est celui de tous les segments thoraciques qui présente le plus de variétés dans la forme ct peut fournir les meilleurs caractères. Tantôt il est convexe, conique ou gibbeux, tantôt il est comprimé latéralement et beaucoup plus long que large, ou bien encore cubique, anguleux et tronqué postérieurement. Il présente une face dorsale qui, dans certains cas, rejoint ses faces latérales sans limite tranchée et, dans d'au

PATTES*ET AILES ît

tres, en est séparée par uné arète nette ou un angle accentué. La face dorsale elle-même offre une face basale (d) plus où moins horizontale et une face déclive {e) oblique ou verticale dont le point de réunion, souvent arrondi et indistinct, forme parfois une arête vive qui peut être échancrée en son milieu et munie latéralement de deux dents ou de deux épines dont la longueur et la direction fournissent des caractères d'un facile <xamen mais d'une médiocre constance.

4.— Pattes et ailes. — Les pattes sont allongées ct généralement simples. Le tibia porte, à l'extrémité et du côté interne, un éperon (fig. 5.b) qui, toujours pectiné aux pattes antérieures, peut ître simple, épineux, pectiné ou même manquer complètement aux pattes intermédiaires et postérieures. Quand il sera question de l’éperon dans les tableaux deseriptifs, il s'agira toujours de celui des deux dernières paires de pattes, l’'éperon des pattes antérieures étant toujours invariable.

Les tarses sont simples et constamment de cinq articles dont le premier est très long.

Les ailes, qui ne se rencontrent que chez les 5’ et les 9, sont ordinairement grandes et dépassent notablement l'abdomen dans la plupart des cas ; elles sont hyalines ou plus ou moins enfumées de jaunâtre ou de noirâtre sur tout ou partie de leur étendue. Par exception à la règle générale de conformation, leur articulation n’est pas protégée par une écaillette ou paraptère comme dans les autres familles d'Hyménoptères. Leur réseau est assez simple, mais il importe de le bien définir et, pour ne pas me mettre en contradiction avec les auteurs modernes qui ont traité ce groupe et dont les travaux devront être consultés par les lecteurs de ce livre, j'apporterai quelques légères modifications à la nomenclature adoptée dans cet ouvrage pour les nervures et les e2llules, et je reconnaitrai dans l'aile supérieure des fourmis, abstraction faite de certains détails propres à quelques genres exotiques :

I. Quatre nervures qui partent de la base ou de l'articulation de l'aile, ce sont :

1° La nérvure marginale (fig. 6. a), qui suit le bord externe de l'aile dans toute sa longueur.

29 La nervure humérale (b) parallèle à la première à laquelleelle se rejoint après avoir formé avec elle la tache marginale ou stigma (c). Dans le seul genre Myrmecina cette nervure,au lieu de se confondre avec lanervure marginale après le stigma, redescend pour se joindre au rameau cubital externe.

3° La nervure médiane (d) qui vient ensuite et s'avance jusquevers le milieu de l’aile où elle se divise en deux branches dont l'externe, la nervure basale (e) ordinairement anguleuse, va rejoindre la nervure humérale, tandis que l'autre gagne le bord interne de l'aile et porte souvent, avant son extrémité, un rameau parallèle au même bord interne.

4° La nervure interne (f) qui suit le bord interne de l'aile et va rejoindre la branche interne de la nervure médiane.

II. Une autre nervure longitudinale importante, la nervure: cubitale (g) qui part de la nervure basale et se divise au niveau du stigma en deux rameaux, le rameau cubital externe (h) qui se dirige vers l'extrémité de la nervure marginale, et le rameau cubital interne {i) qui s'avance en divergeantvers le bord apical.

III Enfin deux nervures transversales variables, ce sont :

1° La nervure transverse (j) qui part du stigma pour rejoindre soit le tronc de la nervure cubitale, soit le rameau cubital externequ'elle peut même traverser pour s'unir au rameau cubital interne.

2° Et la nervure récurrente (k) qui manque souvent ct qui unit la branche interne de la nervure médiane à la nervure cubitale.

Des diverses cellules que forment ces nervures je ne considèrcrai que celles qui peuvent être utilisées dans mes descriptions, renvoyant pour les autres à l'introduction générale. Ces cellules importantes sont la cellule radiale, la ou les cellules cubilales et la cellule discoïdale.

La cellule radiale [1] peut être ouverte ou fermée selon quele rameau cubital externe s'arrête avant d'atteindre la nervure marginale ou s'unit à cette nervure. Elle est limitée par la ner— vure marginale, le stigma, la nervure transverse et la nervure cubitale ou seulement son rameau externe.

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