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CHAPITRE I

Comment M. Mattei a été conduit à la découverte de ses spécifiques.

Les plus habiles médecins sont ceux qui donnent le moins de remèdes et qui avouent que tout leur art se réduit à aider la nature.

La médecine de nos jours n'est, de son propre aveu , qu'une médecine pallialive, qui abandonne toute prétention à guérir ou à détruire la cause même des maladies. Cette cause, elle avou% franchement l'ignorer.

Quand on lit les ouvrages de médecine, on est frappé, en effet, du grand nombre de maladies que l'art médical est impuissant à guérir; et si tous les auteurs n'ont pas le courage de l'avouer, tous en donnent la preuve par l'hésitation ou le désaccord de leurs avis soit sur [la véritable nature du mal , soit sur la nature du traitement à lui opposer.

Le nombre des maladies déclarées incurables est grand, et l'on sait que de ce nombre sont précisément les plus graves et les plus terribles. En venant au

secours de la médecine, la chirurgie emploie un véri- !

table génie à pratiquer des opérations douloureuses, ' souvent plus cruelles encore que le mal lui-même.'

Mais retrancher n'est pas guérir; ce n'est ni détruire", | ni corriger le vice de la constitution. C'est couper le nœud gordien , au lieu de le résoudre. C'est avouer une fois de plus son impuissance. Aussi arrive-t-il trop

souvent que, refoulé de sa place, le mal se porte sur '

une autre , reparaissant sous la môme forme ou sous 1

une forme nouvelle , et que des opérations, même ré- i

pétées, ne servent en définitive qu'à reculer le terme \

fatal. j

En ceci, ce ne sont ni les médecins ni les chirurgiens i qui manquent de connaissances ou d'habileté : c'est la

matière médicale qui est pauvre ; ce sont les vrais remèdes j

qui font défaut. Ils manquent à tel point que la science, | toujours préoccupée d'en chercher de nouveaux, les multiplie constamment et tente sans cesse de nouvelles

expériences .Elle déploie dans cette recherche une adresse |

qui souvent tient du prodige et remporte parfois des i

victoires dont les connaisseurs seuls peuvent apprécier : la grandeur. Mais tout cela ne fait que confirmer la

déplorable pauvreté des moyens dont elle dispose et la j

triste impuissance à laquelle cette pauvreté la condamne. !

Cette pauvreté, en réduisant l'allopathie, dans la plupart des cas, à des mesures palliatives, la force à attendre

que les maladies se soient assez prononcées et aggravées ■

pour requérir la répression. Ne pouvant pas les prévenir i

ni les détruire dans Jeurs causes, elle les laisse souvent ,

devenir incurables et les attaque alors par des moyens '

violents, qui ne peuvent plus les conjurer. Au lieu de j

guérir une tache de l'œil, elle laisse mûrir la cataracte, l

puis elle l'opère ; et la cataracte revient. Au lieu de ]

détruire les commencements de la gravelle , elle lais'se j former la pierre, puis elle la triture ; et la pierre revient.

Au lieu de guérir les premiers symptômes de la fistule i lacrymale, elle l'opère ; et la fistule demeure ou revient. i Au lieu de détruire dans son principe et dès ses débuts j l'hydropisie, elle fait la ponction; et l'hydropisie re- j vient tôt ou tard. Au lieu de guérir la glande et de la i dissoudre , elle attend que le cancer se soit bien établi , après quoi elle le taille; et le cancer se reproduit. Et , c'est ainsi qu'elle ampute les mains , les pieds , les bras ; et les jambes, lesquels ne reviennent plus, tout en \ laissant sans aucun remède curatif et en déclarant in- J curables une foule de maux graves et cruels ^ 'que l'on guérit par les remèdes du comte Mattei , à la seule condition de ne pas attendre qu'ils aient compromis les ■ organes essentiels à la vie.

L'homéopathie, aujourd'hui admise par une notable ;

fraction du corps médical en tous pays , s'appuyant sur ,

cette impuissance de la médecine allopathique , s'est j

(1) De ce nombre sont : les tumeurs froides, le squirrhe, les varices, • la chute de matrice, le staphylôme, le rachitisme, la hernie, les fongosités, les polypes, la métrorrhagie, la spinite, le rétrécissement de l l'urètre, la sciatique,rophthalmie, 4a coxalgie, la folie, leshémorrhoïdes, j la surdité, le mutisme, les convulsions, l'apoplexie, les douleurs articulairés, la paralysie, l'arthrite, le bégaiement, l'hystérie, les rhuma- | tismes, les douleurs ostéo|copes, l'anôvrisme, les caries, l'asthme, i les tuberculisations , les fisconies , toutes les maladies de la peau , le ' diabète, le choléra, la danse de Saint-Guy ou mal caduc, la dysurie ' et la strangurie, l'albuminurie, les exostoses, la goutte, l'hydrocéphale, ' l'ovarite, avec toutes les plus graves maladies de la matrice, l'orchite, ' la syphilis dans toutes ses manifestations, le goitre, la gangrène, etc., , etc., etc

La médecine allopathique se récriera, cela va sans dire, et affirmera • que la plupart de ces maladies se guérissent; mais toute personne \ intelligento et tout médecin consciencieux pourront saisir la différence qui existe entre une simple répression et une réelle guérison , entre un mal simplement refoulé, dont le principe demeure dans le sang, et une guérison de l'organisme qui entraine la disparition graduelle des symptômes morbides et le retour d'une santé véritable

présentée avec la prétention de lui substituer une matière médicale plus efficace, presque entièrement nouvelle, et un mode tout nouveau de l'appliquer à la guérison.

La découverte d'Halinemann, c'est-à-dire l'action des semblables pris à petites doses, est un fait positif et que l'on n'essaie presque plus de nier. Un agent capable de produire la fièvre, la détruit, si on l'administre en quantité infinitésimale et de façon à le faire passer directement dans le grand courant de la vie organique. Appliquant ce principe, l'homéopathie a fait et continue à faire des cures assez remarquables. Mais elle a fait fausse route en s'appliquant trop exclusivement à combattre les symptômes, en les individualisant. Gomment se ^fait-il, en effet, que si, dans deux épidémies de la même maladie, cette maladie ne présente pas exactement les mêmes symptômes, s'il y en a seulement un de plus ou de moins , les remèdes qui ont guéri la première ne sauraient plus guérir la seconde ? On se demande alors si même dans la première il y a bien eu guérison ou seulement refoulement, et si le mal, ainsi refoulé , ne se transformera pas pour reparaître et être de nouveau refoulé, sans qu'au fond la constitution soit réellement débarrassée des virus qui la travaillent.

Tourmenté par ce doute et navré de cette inefficacité de l'art médical, un savant italien s'est mis à la recherche d'une matière médicale nouvelle, capable de modifier, non plus les manifestations ou les symptômes des maladies, mais bien leur principe, ou, pour mieux dire, leur cause première.

Comment a-t-il procédé? C'est ce qu'il nous apprend lui-même dans une de ses brochures ^

(1) Il n'en a écrit que deux, formant en tout environ 100 pages in-8°. Celle que nous citons a pour titre : Emancipazione deW uomo dal medico pei rimedii Maltei. Bologne, 1875, broch. 32 p. in-8°.

« Voici, selon moi , dit-il, la raison de l'impuissance » séculaire de tous les systèmes de médecine. Elle vient » de ce qu'on s'est toujours obstiné à chercher des re- » mèdes pour servir à une théorie établie d'avance , au » lieu de commencer par expérimenter les matières yy médicales, sauf à faire la théorie après. Or, c'est pré- » cisément ce que j'ai fait.

j) Quand j'ai vu qu'un végétal guérissait les dartres, y> j'ai dit : Voici un anliherpétique. Quand j'ai vu que » ce même remède guérissait la goutte, la carie, la co- » xalgie, j'ai dit : Ce remède est un antiscrofuleux. » Quand, sous son action, j'ai vu se guérir en même « temps et dans le même individu le staphylôme, la » dartre, la goutte, j'ai dit : C'est un remède qui agit » sur la masse du sang. Quand j'ai vu cesser les dou- » leurs lancinantes du squirrhe et que je l'ai vu se dé- » tacher, s'amoindrir et disparaître ; quand j'ai vu avec » surprise qu'une partie désorganisée se réorganisait , ï) j'ai dit : Ces remèdes ont une action sur l'orga- » nisme.

» J'ai vu tout ce que je viens de dire; je l'ai vu pen- » dant dix-sept ans. Et c'est là un fait vrai....

» Mais , qu'est-ce donc que ce végétal ? Serait-il- la y> panacée universelle? Dans mon inexpérience, je l'ai » presque cru d'abor^^. J'ai été un moment sur le point » d'admettre la théorie des cancroïdes, qui pendant un » temps ont été considérés .comme la cause de toutes » les maladies.

» Mais le temps et l'expérience m'ont démontré que » l'antiscrofuleux ne produisait pas toujours, ni dans ï> tous les cas, les mêmes bons effets; et cela a mis pour » moi hors de doute le fait que le sang n'est pas altéré » par un seul principe et qu'il ne peut pas davantage » être guéri par un seul agent.

» Un second remède, que je croyais être aussi un » antiscrofuleux, me donna d'excellents résultats dans » toutes les maladies du sang proprement dit, c'cst-à- » dire dans toutes les affections des veines et des » artères.

» Une ophthalmie, par exemple, rebelle au premier » antiscrofuleux, cédait aisément au remède que ie » croyais un second antiscrofuleux, lequel guérissait » merveilleusement les veines et faisait disparaître les » varices. Je voyais des vaisseaux sanguins affaiblis et » ammcis se reconstituer sous l'action de ce second an- » tiscrofuleux, tandis que le premier ne produisait sur » eux aucun effet. J'en ai conclu qu'au lieu d'être un » antiscrofuleux , mon second remède était un anti- » angioitique, et que si mon premier antiscrofuleux » guérissait les maladies lymphatiques, le second antis- » crofuleux, que les faits me démontraient être antian- » giotique, guérissait toutes les altérations dues à la » violation du sang proprement dit.

» Et comme j'ai pu vaincre par l'antiscrofuleux des » milliers et des milliers de maladies lymphatiques, de » toutes les formes possibles; comme j'ai pu guérir de » même avec l'antiangioitique une multitude infinie » d'altérations des vaisseaux sanguins , sous toutes les » formes possibles, ce devint pour moi un axiome, —

axiome fondé sur des faits toujours identiques, ob- » servés journellement pendant dix-sept années, — que y> l'antiscrofuleux est le remède certain de la hjmphe , » comme l'antiangioitique est le remède certain du sang, » et que les causes de toutes nos maladies se réduisent

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