‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 18 sur 88 · Sanchez Arjona, op. cit, p · texte numérisé non relu

Sanchez Arjona, op. cit, p

bien que mal d’une légère averse, mais si l’arrosage était trop copieux, point d’autres ressources que de renvoyer les amateurs. Ceux-ci, malgré des nuages inquiétants, étaient-ils en nombre suffisant? les comédiens se trouvaient-ils à court d'argent? on passait outre aux menaces du ciel, et on dépêchait en hâte une représentation qui arrivait cahin-caha à son terme : ainsi fit-on le 5 octobre 1584 à la Olivera, où la fêtese déroula conformément au programme, tandis qu'aux Santets, distants de quelques centaines de mètres, on faisait relâche per molta ploja, parce qu’il pleuvait trop. Affaire d'appréciation!

S'il y avait des accommodements avec le ciel, il n’y en avait point avec l'Église. Elle faisait peser sur les comédiens deux lourdes obligations : celle de ne pas jouer pendant toute la durée du carême, depuis le lundi gras jusqu’au « second jour de la Fête de Pâques », et celle, presqu’aussi onéreuse, de respecter chaque samedi par une fermeture hebdomadaire la vigile dominicale. La trêve du samedi ne fut pas observée à Valencia avec rigueur. On dérogea même quelquefois à l'interdiction relative au Carème : par exemple, en 1587 et surtout en 1599. Le mariage de Philippe IT et de Marguerite d'Autriche, qu’on devait célébrer dans la Seu valencienne à la fin d'avril, avait provoqué dès le mois de février, sur les rives du Turia, un rassemblement de l’aristocratie espagnole. Pour divertir tous ces grands seigneurs, le cortège de leurs serviteurs, la longue suite de leurs fournisseurs, le théâtre n’était point de trop. L'Église le laissa jouer même en temps prohibé. Rien d’étonnant, après cela, à ce que des saltimbanques aient pu, vingt

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