A AE
conquérir la gloire triomphante, fut jouée en plein air, dans un amphithéâtre improvisé avec des poutres et des planches sur la place des Prédicateurs, devant le propre couvent du héros de la fête! : ce lieu, chargé de souvenirs encore vivants, convenait mieux qu'un corral où un salon au dessein d’édification dont s’inspirait le spectacle. En 1619, la phalange des Valenciens eanonisés fit une recrue en la personne de saint Thomas de Villanueva, archevêque de Valencia jusqu’à sa mort, survenue en 1959 ; des fêtes brillantes célébrèrent la décision du Pape, et elles se clôturèrent dignement, le 26 mars, par les soins de D. Fernando Pujadas de Borja, comte de Anna, qui organisa dans son palais et dans la rue adjacente une représentation, un bal pour les dames et une camisade pour les gentilshommes : « rendant manifeste par ce premier spectacle la joie, par-le second l'élégance, par le troisième l’habileté des uns et des autres* ». Il est probable que la comédie représentée à cette occasion fut ce Santo Thomas de Villanueva, dont Jacinto-Alonso Maluenda, empressé comme on la vu à approvisionner les théâtres aussi bien qu'à les gérer, avait dû accepter, sinon solliciter, la commande. Faut-il rappeler qu’au début du dix-septième siècle,
1. Aguilar, #iestas... por la beatificacion del Santo Fray Luis Beltran, 1608, p. 25.
2. Vida, virtudes, milagros y f'estivos cullos de So. Thomas de Villanueva.. Su autor D. Joseph Orti y Mayor. En Valencia, por Juan Gonçalez, junto al Molino de Rovella, año 1731, pp. 336-337 : « Ultimamente did alegre fin 4 las fiestas Don Fernando Pujadas de Borja, conde de Anna, disponiendo en su casa y calle el dia veinte y seis de Mayo una Comedia, un sarao de Señoras y una encamisada de los Cavalleros, en que manifestando su alborozo, con lo primero se acredito el regozijo, con lo segundo la bizarria, y con lo tercero la destreza. »
nt A
par une transformation temporaire et significative du cérémonial de la Fête-Dieu, disparut la représentation des vieux mystères traditionnels ? On joua à leur place des pièces importées et imposées par les troupes nomades. Rigoureusement conformes au goût du jour, elles montraient d'autant plus de docilité à s'y soumettre qu'elles prenaient plus de liberté envers les textes sacrés. Leur triomphe était celui de l’art nouveau sur une tradition archaïque où la religion tenait plus de place que Part.
En 1611, Morales et sa troupe représentèrent Æ7 Hidalgo celestial, de Lope de Vega, et £7 Caballero de la ardiente espada, du docteur Mira de Mescua. La Cité, qui subvenait à la dépense, avait exigé que les manuscrits, qu'elle se réservait de conserver ensuite dans ses archives, fussent avant Ia cérémonie examinés et visés par un qualificateur du Saint-Office. La représentation était donnée sur deux chars aménagés à cet effet par les soins de la Cité, sur l'indication des comédiens, lesquels étaient tenus d'envoyer chaque jour au garage, ou casa de les roques, un délégué qui expliquât les inventions à préparer « en bois, en toile, ou en carton », et le moyen de les préparer. Quatre jours avant la fête, les répétitions commençaient à /a casa de les roques : elles ne donnaient lieu, pour les acteurs, à aucune rémunération spéciale. Pour la représen{ation, la troupe des acteurs se partageait en deux groupes. À midi, sur la place de la Seo, le premier groupe jouait, devant les Jurats, l'Æidalgo celestial, puis il se (ransportait dans la rue des Chevaliers, en face le Palais de la Députation, où se tenait le vice-roi, et il, jouait, pour la deuxième fois, ce même Æidalgo
ND
celestial. Pendant ce temps, le deuxième groupe avait représenté, pour les Jurats, £7 Caballero de la ardiente espada ; il allait ensuite en donner la seconde représentation sous les yeux du vice-roi. L'essentiel, c'était que les représentants de « la Cité qui paye et organise la fête » eussent toujours la primeur du spectacle et affirmassent leur préséance sur le vice-roi. Après chaque acte, il y avait « un Æntremes, musique de guitare, et un ballet », pour lequel, si besoin était, la Cité mettait ses menistrils ou ménétriers à la disposition des comédiens".
Il y à tout lieu de croire que, pour les années suivantes, le contrat qui régissait la cérémonie fut exactement semblable à celui dont on vient de lire les dispositions essentielles. On connaît, pour certaines années, le nom de l’autor de comedias chargé du spectacle, ainsi que le titre des pièces représentées :
1. Document publié dans Relacion y esplicaciôn histôrica de la solemne processiôn del Corpus que anualmente celebra la ciudad de Valencia. Imprenta de José Domenech, 1878, pp. 56-58, en note.
‘270A J9p DÜJDpiyy D ‘Opipuod ouiu 257
1 DIpOIpou n
DJ}041/SH D) À ayoounipau D 70$ 14
°DIA7S0 4 9) DSD) DT
‘D1$9)0] D} op ol1y 14 ‘0724 79 D UD 14
‘D19U9]DA 9p DIADIY DT
DULA DT
‘DpDdse aquarpan » op 0497]0QD7) 14
LS
‘OL VF ANO94S
‘Ouau9a 79 À poniiy D]
‘DAOUDS' DAJSONNT 2 UOI0DIUNUF DT
‘07919 19p DJuIN 7
‘PoIAOUL D 0pPDP]0S 17 ‘DUD 9 408 DAIN9I0) 7 HOSNEPEDISTEDIF
‘DID J{] uB41A Dj À as0p *S op sor1osodsap so
°2011$2799 0É}Dp17 147 RE
OLNV MAINA4Hd
‘ELAB 9S0f
‘SO[UION op ueof ‘O1980Y ueof
‘SHHOL, 9P SEWO I, ‘SES9IILA op ueor ‘SOPIBA 9p O4poq ‘ZEN X [8{07S1") “aujonbny osuo]y "EXIBPOIY 2P 09S1OUA,] *ZE189]Y 9p zodo]