‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 29 sur 88 · SO[EION 9P 2WO01EY · texte numérisé non relu

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Il ne faut pas conclure des lacunes de ce tableau qu’à certaines années la représentation traditionnelle de la Fête-Dieu n’a pas eu lieu, ou que les vieux mystères valenciens ont repris temporairement l'avantage sur les autos sacramentales. Sauf de très rares exceptions, à chaque mois de juin, le cortège comique se déroulait l'après-midi à travers les voies que le cortège religieux avait suivies dans la matinée. Ces scènes ambulantes qui parcouraient la ville symbolisaient les conquêtes de art dramatique. De la Olivera, où il avait son centre, celui-ci faisait tache d’huile sur la cité entière. Il pénétrait et bouleversait les usages séculaires, comme il avait forcé les portes des palais.

Il pénétra même jusque chez les malades. Que l'Hôpital parfois, le théâtre étant indisponible, ait mis sa cour à la disposition d’un saltimbanque ow d’un acrobate qui y exécutait ses prouesses, c’est déjà, à notre jugement, attenter au repos des malades, à moins que ce ne soit créer une diversion à leurs souffrances. Mais que l’on y ait joué des mystères, que l’on y ait convoqué une assemblée sur laquelle on perçut un droit d’entrée, cela dépasse notre imagination. Et pourtant, il n’en faut pas douter : le 3 juin 1589, c’est-à-dire au moment de la Fête-Dieu, on a représenté à l'Hôpital des mystères qui n'étaient peut-être qu’une réplique ou une répétition de ceux représentés sur les chars. Le théâtre était installé dans la cour, des tréteaux avaient été dressés, et un public payant vint garnir l’enceinte, public médiocrement nombreux si l’on en juge par la modestie de la recette. Il se trouva, du moins, un entrepreneur pour

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