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de ce chercheur avisé et discret. D'autre part, si bien conduites qu'elles aient été, ses investigations restent au seuil du sujet. Le premier, il à établi à partir de quelle date un théâtre régulier fut organisé à Valencia ; il a indiqué les traits principaux de cette organisation et quelques vicissitudes de son histoire. Mas si, sur l'aménagement de l'édifice, il est loin d’avoir tout dit, des acteurs qui y séjournèrent, il ne dit à peu près rien. Ce respectable bourgeois avait le sentiment des convenances : après deux siècles passés, les intrigues de coulisse l’effarouchaient encore.
Fallait-1l, sur l’organisation matérrelle du théâtre à Valencia, s’en tenir aux indications de Lamarca ? La récolte un peu maigre du moissonneur laissait à un glaneur de bonne volonté l’espérance d’un bénéfice. Ne sait-on pas que sur les rives du Turia les dépôts d'archives recèlent d’incomparables richesses? Les Archives générales du Royaume de Valencia conservent les documents d’État et perpétuent le souvenir de l’époque où Valencia avec son royaume, n'étant que l’un des fleurons de la Couronne d’Aragon, se parait d’une fière autonomie. À la Cathédrale et au Palais archiépiscopal, où la main diligente et l'esprit perspicace du chanoine Chabäs ont établi de sûres classifications, les fastes religieux de la cité et
du diocèse sont écrits sur des documents dont il
one arrive souvent que la beauté ornementale ne le cède guère à l'intérêt historique. Enfin la Mairie, dans Île médiocre édifice où elle s’abrite, n’a point tout perdu de cette fameuse « Maison de la Caté », célèbre encore dans la mémoire des vieillards et où la Chambre Dorée, par son luxe, par ses décorations, par les souvenirs attachés à la moindre de ses pierres, symbolisait l’indépendance du caractère valencien : 1l Jui reste, reliques du passé, une masse de documents, où se détache la plus complète collection qui soit de registres municipaux et dont Parchiviste en chef, D. Vicente Vives Liern, sait faire les honneurs avec une courtloise dignité.
La vie privée de jadis (et ce n’est pas le moindre attrait des recherches poursuivies à Valencia) y a laissé presque autant de souvenirs que les événements publics. Les minutes des notaires ont été conservées en quantité énorme. Quelques-unes, en petitnombre, se trouvent au pouvoir de familles nobles, telles la famille du marquis de Dos Aguas ou celle du marquis de Malferit. D’autres appartiennent à la fondaüon à laquelle se réfèrent la majorité des documents inclus dans le registre; car il arrivait qu’un notaire se consacrât presque exclusivement aux intérêts d’une seule personne, d’une seule corporation, dont ses documents devenaient la propriété. La plupart
ont été recueillies, alors qu'elles allaient être perdues
à Jamais, au Collège du Corpus Cristi, plus généralement connu sous le nom de Collège du Patriarche, en mémoire du cardinal de Ribera, patriarche d’Anüoche, archevêque de Valencia, par lequel il fut fondé au commencement du dix-septième siècle. Classées sous le nom du notaire qui les a grossoyées, elles remplissent une salle immense où les rayons se développent en tous sens : c’est là que gît le passé de Valencia, non point le bariolage en trompe-l’œil de l’histoire officielle, mais le ruban monotone des événements vulgaires, dont le fil ténu et souple dessine la trame inusable de la vie. De là sortira un Jour, par de patientes explorations, la cfronique, plus vraie que l’histoire, plus vivante que la vie, qui res- {iluera dans sa pureté la physionomie de Valencia. A ces richesses dès longtemps connues, quoique encore inexplorées, ajoutez celles qui réapparaissent après une longue léthargie : les choses connaissent plus souvent que les hommes Ja bonne fortune de ressusciter. Il y a quelques années, un artificier de Valencia se vit disputer la libre disposition de vieux papiers dont il fabriquait ses fusées. Entre ses mains une bonne part des dossiers de lPInquisition valencienne s’en élaient allés déjà en bruit et en fumée; le surplus a échappé par miracle au même sort et a pris place aux Archives historiques
nationales de Madrid, à côté des liasses de PInquisi-