‹ Spectres, Périodes et Excentricités des BinairesChapitre 18 sur 71 · DU · texte numérisé non relu

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Donc pour les Binaires Spectroscopiques, on peut, pour se rendre compte de lmfluence de la valeur de l’excentricité au point de vue de la sélection, mettre la formule (10) sous la forme :

INFLUENCE DE LA SÉLECTION 97 Vu la réelle prédominance des petites valeurs de e parmi les BS, le facteur

it sera dans la majorité des cas peu supérieur à un. Il n’y aura prati- ——"'e

quement pas de ce point de vue, sélection par rapport aux excentricités dans le cas des Binaires Spectroscopiques. Le nombre des excentricités connues est d’ailleurs déjà considérable ; comme de plus les nouvelles valeurs de e qui s’incorporent avec le temps dans la formation de la moyenne sont inférieures à un, leur introduction n’aura sur la valeur de cette moyenne qu’une influence très faible, et même pratiquement nulle sil s’agit d’époques relativement peu éloignées. Un coup d’œil sur la seconde colonne du Tableau 19 montre d’ailleurs nettement cette stabilité de la valeur moyenne de e par rapport aux accroïssements successifs du matériel employé, qui triple, par exemple, quand on passe du premier au quatrième résultat. \

N. 50. — Nous montrerons plus loin qu’une certaine corrélation parait exister chez les Binaires Spectroscopiques entre les éléments période et excentricité en ce sens que :

L’excentricité a tendance à croître en moyenne avec la période.

Si donc le nombre des orbites de Binaires Spectroscopiques à grande période connues continue à croître il devrait en être de même en moyenne du nombre des grandes valeurs de e. P et e devraient par conséquent avoir tendance à augmenter simultanément. Toutefois la croissance de e ne pourrait être que très lente d’abord parce que e est toujours inférieur à un, et ensuite en raison de la forte prédominance actuelle des faibles valeurs de e.

Il n'y a donc pas contradiction entre l'existence d’une relation Période-Excentricité et la quasi-stabilité de la moyenne des excentricités par rapport à l’accroissement avec le temps du nombre des orbites de Binaires Spectroscopiques connues.

CAS DES BINAIRES VISUELLES

N. 51. Sélection relative aux périodes. -- Les Binaires à courte période sont relativement très serrées, et il est souvent difficile ou mêmé impossible de les dédoubler ; d’un autre côté, comme il n’y a guère qu’un siècle et demi qu’on observe systématiquement les doubles visuelles, on ne connaît, en général, actuellement qu’un petit arc de la trajectoire de beaucoup d’entre elles, et par suite les orbites correspondantes n’ont pu être déterminées. Par conséquent,

dans le cas des Binaires Visuelles, la sélection est en partie responsable de la rareté des périodes extrêmes, très courtes ou très longues.

L'utilisation d'instruments de plus en plus puissants permettra certes de dédoubler des Binaires de plus en plus serrées, mais c’est surtout le nombre de grandes périodes qui augmentera dans l'avenir, et ceci pour deux raisons :

19 Le déplacement relatif apparemment très lent dans certains couples, finira par devenir sensible avec le temps ; |

20 Les portions connues des trajectoires relatives d’autres Binaires moins lentes devenant de plus en plus grandes, il deviendra possible d’en calculer les éléments. ;

Il résulte de là que les valeurs obtenues successivement pour la période moyenne de l’ensemble des Binaires Visuelles iront vraisemblablement en croissant à mesure qu'augmentera le nombre des orbites connues. Cet. accroissement sera d’ailleurs d’autant plus sensible que les nouvelles valeurs trouvées pour la période seront elles-mêmes plus grandes. Ici encore, on peut s’en rendre compte rétrospectivement, en comparant les valeurs des périodes moyennes relatives à des listes d’orbites de Binaires Visuelles dressées à des époques distantes de plusieurs années.

A cet effet, nous avons groupé dans le Tableau 20 les valeurs de P calculées d’après les données de :

(R. 25) R. G. Aïtken : The binary Stars, Table V, p. 196, 1918. (R. 26) R. G. Aïtken : The binary Stars, Table 3, p. 207, 1935. (R. 28) W. S. Finsen : Second catalogue of orbits of visual binary Stars, 1938.

Valeurs de P et e successivement obtenues pour l'ensemble des Binaires Visuelles *.

Pans e Nomgre DE BV D'APRÈS LES DONNÉES DE :

SP SP PA 0,48 68 [BV] | R. G. Aïtken (1918) 990 RCE 0,92 116:-[8VT R. G. Aïtken (1935) CREER Cr 0,53 151 [BV] : :

PTT SN 0,52 19 [BV+ BV/] NÉ RC ASE

La première colonne du Tableau 20 confirme, comme il a été prévu, que : Les valeurs successivement obtenues pour la période moyenne de l'ensemble

* Les moyennes obtenues P et e sont évidemment basées sur des éléments déterminés

à des dates qui, suivant les cas, précèdent plus ou moins la date de publication de la liste citée.

des Binaires Visuelles vont en croissant à mesure qu'augmente le nombre des orbites connues *.

Les troisième et quatrième résultats proviennent d’un même Catalogue et sont en apparence contemporains l’un de l’autre ; en réalité, ils contribuent à confirmer le même fait que précédemment, car aux Binaires réunies dans la catégorie [BV'] correspondent des orbites incertaines, en majorité à période longue, dont on ne connaîtra les éléments avec quelque certitude que dans un certain nombre d’années.

N. 52. Sélection relative aux excentricités. — Mais la longueur de la période n’est pas seule une cause de sélection dans le cas des orbites des Binaires Visuelles, la grandeur de l’excentricité orbitale l’est aussi, mais à un degré probablement moindre : |

19 Les Binaires à courte période forment en général des systèmes serrés dont le dédoublement est souvent difficile ou impossible ; toutefois un couple à grande excentricité aura plus de chances d’être séparé lors du passage du compagnon au voisinage de l’apoastre. En conséquence :

La proportion observée de fortes valeurs de e est vraisemblablement supérieure à la proportion réelle, dans le cas des Binaires Visuelles à courte période.

20 Les Binaires à longue période forment au contraire, en général, des couples écartés dont le dédoublement est aisé, mais il est souvent difficile d'établir l’orbitalité de leur mouvement, et de réunir rapidement les données nécessaires au calcul de leurs éléments orbitaux, à moins qu’on ne soit en présence d’une Binaire à forte excentricité dont le compagnon chemine au voisinage du périastre.

En résumé, dans le cas des périodes extrêmes (courtes ou longues), les Binaires Visuelles à forte excentricité ont plus de chances, soit d’être détectées, soit de se prêter à une rapide détermination d'éléments. Ceci peut expliquer, mais seulement dans une certaine mesure, la proportion de fortes valeurs de e trouvée dans le cas des Binaires Visuelles. Mais, vu le nombre relativement petit d’orbites de doubles visuelles connues jusqu’à ce jour, il y a beaucoup de chances pour que cette cause de sélection continue longtemps à jouer. Il est par suite probable que la valeur relativement forte trouvée pour l’excentricité moyenne :

* L’accroissement de la période moyenne est sensible parce que les valeurs de la période récemment introduites sont relativement très grandes par rapport à celles antérieurement connues. È

e = 0,52, ne variera pas sensiblement pendant longtemps avec l’accroissement : dans le temps du nombre des valeurs de e connues. Comme d’ailleurs chaque nouvelle valeur de e est inférieure à un, son incorporation à la moyenne générale n’aura qu’une influence pratiquement très faible sur la valeur de cette dernière.

Ici encore on peut se rendre compte rétrospectivement de la variation de e avec l'accroissement du matériel, en comparant les valeurs de e relatives à des listes d’orbites de Binaires Visuelles dressées à des époques distantes de plu-

‘sieurs années. La seconde colonne du Tableau 20 montre ainsi que la valeur de e a seulement crû de 0,48 à 0,52 pendant que le nombre d’orbites connues passait de 68 à 192. Donc :

La valeur moyenne de l’excentricité est une caractéristique relativement stable de cet élément dans le cas des Binaires Visuelles. Elle a toutefois une légère tendance à croître à mesure qu'augmente le nombre d’orbites connues. |

N. 53. Remarque. — Nous montrerons plus loin qu’une certaine corrélation paraît exister chez les Binaires Visuelles entre Les éléments période et excentricité, en ce sens que :

L’excentricité a tendance à croître en moyenne avec la période.

En conséquence, si la proportion des orbites de Binaires Visuelles à grande période connues continue à augmenter, il devrait en être de même en moyenne de celle des grandes valeurs de e ; P et e devraient donc avoir tendance à augmenter simultanément.

Les deux premières colonnes du Tableau 20 mettent précisément en évidence

une croissance simultanée de P et e avec le temps. Comme ces valeurs de P et de e sont vraisemblablement très influencées par la sélection, le phénomène de sélection paraît conduire à une corrélation directe entre P ete, donc de même sens que celle trouvée statistiquement entre P et e. Remarquons toutefois que, tandis

que la croissance de P est relativement rapide, celle de e est très lente, et nous avons indiqué plus haut qu’il était vraisemblable qu’il en soit ainsi. Nous reviendrons plus loin sur cette question (Voir Quatrième partie).

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