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N. 176. — Les divers nombres figurant dans le Tableau 50 confirment et complètent certains résultats énoncés aux paragraphes N. 173 et N. 174; ils vont en outre nous permettre de mettre en évidence une certaine influence de la nature du type spectral sur la valeur de l’excentricité médiane liée e;.
Nous constatons tout d’abord que:
Dans une même catégorie de Binaires, les valeurs de l’excentricité médiane eï relatives aux divers types spectraux sont assez voisines entre elles chez les Binaires Spectroscopiques ; elles diffèrent davantage les unes des autres pour les catégories composites et les Binaires Visuelles.
En ce qui concerne les types spectraux, ei oscille en effet entre :
0,06 et 0,17 pour [BS’];
0,07 et 0,17 pour [BS];
0,10 et 0,35 pour [BS + BV — (C)];
0,10 et 0,37 pour [BS + BV + BV’ — (C)]; 0,41 et 0,64 pour [BV];
0,31 et 0,62 pour [BV + BV].
La variation de e; est notablement plus faible quand on passe d’un groupe spectral à l’autre dans une même catégorie, surtout quand il s’agit des Binaires Spectroscopiques et des Binaires Visuelles, Ainsi, on trouve entre les valeurs,
de e; relatives aux groupes (B, À, F) et (G, K, M) des différences qui sont en valeur absolue de :
0,02 +0,05 : 0,19 019 . 0,10 “ et 0,09,
respectivement, pour les diverses catégories de Binaires prises dans l’ordre où elles sont inscrites dans le Tableau 50. |
D'une manière plus précise, on reconnaît que : |
Les Binaires Spectroscopiques fournissent uniquement de petites valeurs de e; (0,06 à 0,17); les plus petites d’entre elles (0,06 à 0,11) sont relatives aux types B, A, F, G et au groupe (B, A, F).
Les catégories composites sont associées en ce qui concerne les types F, G, K, M et le groupe spectral (G, K, M) aux valeurs moyennes de e; (0,28 à 0,37); les valeurs de e; relatives aux types B et A et au groupe spectral (B, A, F) y sont par contre petites (0,10 à 0,13).
Enfin les Binaires Visuelles ont une préférence marquée pour les grandes valeurs de e;, mais le type B est ici encore associé à la plus petite valeur de e;, soit 0,31. Égal à 0,41 pour le type M, e; est compris entre 0,49 et 0,53 pour les types K et G et le groupe spectral (G, K, M) et entre 0,59 et 0,64 pour les types À, F et le groupe (B, A, F). |
L’affinité du type spectral B pour les plus petites valeurs de ef est certaine, quelle que soit la catégorie de Binaires considérée. Les types À et F sont associés aux plus petites valeurs de ei chez les Binaires Spectroscopiques, aux plus grandes valeurs de ei chez les Binaires Visuelles. Les valeurs de e{ correspondant aux autres classes spectrales sont légèrement plus fortes que pour les classes B ou A chez les Binaires Spectroscopiques, et sont grandes chez les Binaires Visuelles.
Tous ces résultats sont en bon accord avec ceux obtenus par l’étude de l’excentricité moyenne liée (voir N. 167).
N. 177. Remarque I. — Les catégories de Binaires associées présentent, ici encore, une grande parenté entre elles en ce qui concerne l’ordre dans lequel se succèdent les spectres dans les lignes du Tableau 50. De plus les valeurs de l’excentricité médiane liée relatives à un même type spectral ou à un même groupe spectral y sont fort peu différentes. Si on les désigne respectivement par ei et (ei), la valeur absolue de [ei — (e;)] est en effet inférieure à 0,04 pour les types spectraux, à 0,03 pour les groupes spectraux.
N. 178. Remarque II. — La différence entre deux valeurs consécutives de ei dans les lignes du Tableau 50 est, dans beaucoup de cas, trop faible pour être significative.
On peut toutefois observer que :
La lettre B occupe la première place dans trois cas sur cinq, et la valeur de e! correspondante aux deux autres cas est égale à 0,10, donc relativement faible.
La lettre À occupe la première place dans le cas des Binaires Spectroscopiques, et la seconde place dans le cas des catégories composites, l'attitude de ces dernières étant largement influencée par celle des Binaires Spectroscopiques qui y dominent nettement quant au nombre. Par contre la lettre A se réserve l’avant-dernière place quand il s’agit des Binaires Visuelles.
Les lettres K et G ne descendent pas en dessous de la troisième place et ne dépassent pas la cinquième place.
Enfin la lettre F occupe la première ou la seconde place chez les Binaires Spectroscopiques, les places intermédiaires dans les catégories composites et la dernière place chez les Binaires Visuelles.
Constatons encore que si l’arrangement classique des spectres B, À, F, G, K, M, est assez voisin de celui présenté dans le Tableau 50 par les catégories composites, et ne se distingue de ceux relatifs aux Binaires Spectroscopiques que par le déplacement de la lettre B, il est par contre nettement différent de celui concernant les Binaires Visuelles. :
En se basant sur les remarques précédentes et confrontant les Titres B, A, F, G, K, M, avec les valeurs correspondantes de e{, on trouve confirmation de certains résultats énoncés aux paragraphes N. 174 et N. 176, sans toutefois aboutir à de nouvelles conclusions.
N. 179. — En résumé : l'influence de la nature du type spectral sur la valeur de l’excentricité médiane liée et paraît certaine, et nous fournit un argument sérieux en faveur de l’existence d’une relation entre spectres et excentricités chez les Binaires. Son étude confirme nettement, dans l’ensemble, et même dans le détail, les résultats obtenus tant par l'analyse directe des Tables de contingence (Spectre-Excentricité): que par les recherches analogues concernant l’excentricité moyenne liée. S
Le fait constaté au paragraphe N. 176, que les excentricités médianes liées relatives à la plupart des spectres sont d’un ordre de grandeur différent suivant que nous considérons les Binaires Spectroscopiques ou les Binaires Visuelles, confirme ici encore la différence d’attitude relevée entre ces deux
variétés d'étoiles doubles, et par suite entre les Binaires à période inférieure à FR et les Binaires à période supérieure à P, qui leur correspondent respectivement, P, différant peu de trois ans (voir N. 160 et N. 171).
V. — CONCLUSIONS INFLUENCE DE LA SÉLECTION SUR LA NATURE DE LA RELATION OBSERVÉE ENTRE SPECTRES ET EXCENTRICITÉS
N. 180. — Les trois méthodes employées ci-dessus : Analyse directe des Tables de contingence (Spectre-Excentricité), Étude de l'influence de la nature du ‘yne spectral sur la valeur de l’excentricité moyenne liée €,, é Étude de l’influence de la tar du type spectral sur la valeur de l’excentricité médiane liée e{, SES nous ont permis de mettre en évidence un certain nombre d'indices favorables à l'existence d’une relation entre spectres et excentricités chez les Binaires Spectroscopiques et les Binaires Visuelles, mais l’existence d’une telle liaison est établie d’une manière beaucoup moins certaine que celle de la relation (Spectre-Période) précédemment étudiée.
En particulier le spectre B paraît plutôt associé aux faibles Flers de l’excentricité, les autres types spectraux semblant liés aux petites valeurs de l’excentricité chez les Binaires Spectroscopiques, aux grandes valeurs de cet élément chez les Binaires Visuelles.
Une certaine différence d’attitude entre Binaires Spectroscopiques et Binaires Visuelles est ainsi mise en lumière et légitime la subdivision de l’ensemble des Binaires en deux classes renfermant respectivement les Binaires à période inférieure à P, et les Binaires à période supérieure à P,, la valeur P, étant peu différente de trois ans.
IN. 181. — La sélection, en faussant la répartition des données, spectres et excentricités, est susceptible, soit de masquer plus ou moins l'existence de la relation (Spectre-Excentricité), soit d’en transformer apparemment la nature, et par suite de modifier la valeur des coefficients qui permettent d'apprécier l’intensité de cette liaison.
Les divers aspects de la relation Sn) actuellement seuls accessibles, sont quelque peu fragmentaires ; aussi est-il difficile de faire la
part du phénomène de sélection, et de se faire une idée de ce qui se passerait si les facteurs de sélection n’intervenaient pas. La nécessité de subdiviser l’ensemble des Binaires en deux grandes classes d’après l’ordre de grandeur de la période crée une difficulté nouvelle qui se superpose à celle provenant du manque de netteté des indices favorables à l'existence de la relation (Spectre- Excentricité).
Nous essaierons néanmoins de présenter quelques observations à ce sujet :
Dans le cas des Binaires Spectroscopiques, la détection des Binaiïres des derniers types présentant seulement une faible amplitude de variation de vitesse radiale, est plus aisée, toutes choses égales d’ailleurs, que celle des Binaires de type B, mais néanmoins le nombre de ces dernières est considérable (voir N. 90). D’un autre côté le jeu de la sélection paraîtrait devoir favoriser la découverte des Binaires Spectroscopiques à grande excentricité, mais son influence est pratiquement insignifiante comme le montre la prédominance observée de Binaires Spectroscopiques à petite excentricité (voir N. 49). En conséquence, le phénomène de sélection ne saurait avoir une répercussion appréciable sur la nature de la relation (Spectre-Excentricité), ni d’ailleurs sur l’estimation de l'intensité de cette liaison, quand on limite son étude aux seules Binaires Spectroscopiques.
Dans le cas des Binaires Visuelles la faible proportion d'étoiles de spectres B ou M (voir N. 90), rend vraisemblablement moins net le contraste apparent entre la valeur des excentricités liées à ces types, et celle des excentricités assoclées aux autres spectres. D’un autre côté, dans le cas des périodes extrêmes (courtes ou très longues), les Binaires Visuelles à forte excentricité ont plus de chances, soit d’être découvertes, soit de se prêter à une rapide détermination d'éléments (voir N. 52). En conséquence, l’influence de la sélection est vraisemblablement grande dans le cas des Binaires Visuelles, la proportion des fortes valeurs de l’excentricité y étant considérable.
Plus généralement, en rapprochant l’un de l’autre le cas des Binaires Spectroscopiques et celui des Binaires Visuelles, on voit que le fait pour les Binaires Spectroscopiques de posséder surtout de petites excentricités et pour les Binaires Visuelles de présenter surtout de fortes excentricités diminue chez chacune de ces variétés d’étoiles le contraste observé, relativement aux spectres, entre Binaires à faible excentricité et Binaires à forte excentricité.
Les catégories composites (BS et BV réunies), semblent dès lors se prêter mieux que les autres à l’étude de la relation (Spectre-Excentricité) : on y trouve en effet des nombres comparables de petites et grandes valeurs de l’excen-
tricité, et l’influence de la sélection est par suite probablement réduite. Malheureusement, comme nous l’avons déjà remarqué aux paragraphes N. 156 et N. 160, l'analyse des Tables de contingence correspondantes est souvent compliquée et l'interprétation des résultats entrevus difficile. Il est donc préférable d'étudier séparément le cas des Binaires à période relativement courte (P < P,) (en l’espèce les Binaires Spectroscopiques), puis le cas des Binaires à période plus longue (P > P,) (en l’espèce les Binaires Visuelles) et de juxtaposer ensuite les résultats obtenus comme il est légitime de le faire d’après ce qui a : été dit à diverses reprises (voir notamment N. 40 et N. 106).