CAS DES CLASSES SPECTRALES B, A, F, G, K, M
N. 23%. — Vu le manque d’homogénéité du groupe spectral (B, À, F) à l'égard de la relation (Période-Excentricité), il nous semble intéressant d’étudier l’influence de la nature du type spectral sur la forme de la courbe (Période- Excentricité) en considérant séparément les diverses classes spectrales B, A, F, G, K, M, puisque le nombre total d’orbites connues est maintenant suffisant pour que nous puissions raisonnablement essayer de le faire. La catégorie [BS + BV + BV'—(C)] comprend en effet actuellement 533 Binaires, les spectres * de leur primaire se répartissant comme suit :
Classe B : 82 ; classe A : 135 ; classe F : 58’; classe G : 149 ; classe K : 91; classe M : 16 ; spectre non connu : 2. :
Afin d'éviter des répétitions, nous limiterons notre étude à cette catégorie; nous pouvons d’ailleurs le faire sans inconvénient, car nous avons vu au paragraphe N. 226, que, en ce qui concerne la relation (Période- Excentricité) :
1° La catégorie [BS] correspond au domaine (abcd) des petites périodes des courbes générales de la figure 13 ;
29 Les catégories [BV] et [BV + BV’] correspondent par contre au domaine des périodes moyennes et longues (d’g'h' et dghkl) de ces mêmes courbes;
30 Enfin la catégorie [BS + BV — (C)], qui ne comprend que des Binaires dont les orbites sont de qualité bonne ou moyenne, donne des résultats différant peu de ceux de la catégorie [BS + BV + BV’ — (C)], comme on peut le voir en comparant entre eux les deux diagrammes de la figure 13 ; elle présente toutefois l'inconvénient de ne pas s'étendre aux grandes périodes (P > 700 ans).
* Les types B, A, F, G, K, M, sont ceux définis au paragraphe N. 82. R. BonNNer. -16
Reg X= 4 P:
F3 = De
-(guyu99x9-8pour9d b Ju
[)— A4 +AI+SA] 240$9789 aqun09 PJ 2Pp SUHOF ET MMS pex300ds ed} np ainqeu ET 9P SOUSNTUI — ‘GTEOLA
S + € AV à [2
Nous pourrons donc en pratique obtenir des résultats complets en nous contentant d'étudier ce qui se passe pour la catégorie [BS + BV + BV’ — (C)] qui englobe toutes les autres. À cet effet nous avons repris les groupes de périodes déjà considérés dans le Tableau 68, et calculé les valeurs de log 7. e et n relatives aux divers groupes de périodes des différentes classes spectrales en nous limitant à cette catégorie. Les résultats ont été consignés dans les colonnes d’entêtes B, À, F, G, K, M du Tableau 69.
N. 235. Représentation graphique. — La représentation graphique des résultats précédents a été obtenue en portant en ordonnées les valeurs de €, et en abscisses les valeurs de log P, du Tableau 69, chaque point étant affecté du nombre nr correspondant. Les types spectraux B; A, F, G, K, M, ont fait l’objet de six diagrammes différents dont l’ensemble constitue la figure 15. Les Binaires de type M sont seulement au nombre de 16 et ne peuvent par suite conduire à aucune conclusion certaine. Néanmoins, nous n’avons pas cru devoir rattacher ces Binaires à celles de type K. par crainte de fausser la courbe relative à ce dernier type basée seulement sur 91 Binaires. Pour abréger, nous désignerons par diagrammes (B), (A), (F), (G), (K) ou (M), les graphiques respectivement obtenus à partir dés Binaires de classes spectrales B, A, F, G, K ou M.
Résultats. Discussion.
N. 236. — Un examen attentif du Tableau 69 et surtout des diagrammes de la figure 15, révèle une influence manifeste de la nature du type spectral sur la forme de la courbe (Période-Excentricité). Les courbes (B), (A), (F), (G), (K), (M), relatives aux diverses classes spectrales diffèrent en effet notablement les unes des autres, et s’écartent par suite plus ou moins des courbes de même nature mais plus générales rencontrées jusqu'ici, auxquelles nous les comparerons quand cela nous paraîtra présenter quelque intérêt. Parmi ces dernières, les unes concernent l’ensemble des spectres, et sont relatives aux Binaires Spectroscopiques (figure 11), aux Binaires Visuelles (figure 12), ou à l’ensemble des Binaires [figure 13, notamment (C)], les autres (CI) et (CII) concernent respectivement les Types I et II de Secchi (figure 14).
N. 237. Cas des Binaires de type B. — Bien que presque toutes les Binaires de type B (81 sur 82), soient des Binaires Spectroscopiques, il n’y a
pas identité complète entre le diagramme (B) et le graphique relatif à la catégorie [BST de la figure 11. Certes, dans les deux cas, e considéré comme fonction de log P;, commence par croître avec log P, et passe vraisemblablement par un maximum (X;, e;) pour P compris entre 20 jours et 50 jours, puis par un minimum (X,, &) pour P compris entre 50 et 100 jours, les coordonnées correspondantes ayant comme on le voit ci-dessous des valeurs peu différentes :
X, CA X: €2 RÉFÉRENCE RSR 2. 14, 47.) 85 2 41%8617 0-29 2 Tableau. 641 CE) TA, LANTA 8300 17 ableaur 169
Mais tandis que dans le cas des [BS], e augmente presque régulièrement à partir de e, jusqu’à atteindre la valeur 0,48 pour log P, — 3,98, dans le cas du diagramme (B), e paraît passer rapidement par un second maximum (X° — 2,17 ; e; — 0,37), et semble ensuite décroître jusqu’à 0,16. Seul le point (X = 4,58; e — 0,31) du diagramme qui représente l’unique Binaire Visuelle de type B pourrait aller à l’encontre de cette dernière conclusion.
On peut toutefois mettre en doute la réalité du second maximum (X;,e,): les Binaires de type B appartiennent en effet presque par moitié (39 sur 82), au premier groupe de périodes (0 < P < 5 j) ; les autres groupes de périodes sont donc relativement pauvres en étoiles, ce qui pourrait expliquer, dans une certaine mesure, la dispersion des points figuratifs du diagramme (B) par rapport à une courbe moyenne idéale possédant un maximum unique d’abscisse comprise entre X, et X:, que l’on pourrait concevoir dans le cas où l’on n’admet pas l’existence du maximum e!.
La courbe (B) s’écarte donc notablement de celle relative aux Binaires Spectroscopiques (figure 11) ; elle diffère au même titre de la courbe (C) de la figure 13 qui se confond en pratique avec la précédente, au moins dans son domaine de plus grande fréquence des Binaires a b c d (Cf. N. 226 et voir Tableau 70). Toutefois, dès que P dépasse 20 jours, le tracé de (B) devient assez incertain, et la rareté relative des Binaires de type B dans le domaine P > 20 j peut, dans une grande mesure, être responsable des divergences observées.
TaBLeAU 70
Maxima et minima de la courbe (Période-Excentricité).
Maximum Minimum Maximum Minimum Ce | a a Cm. 0. RS CouRBE Xe € X; €à X3 En Xe €a RÉFÉRENCE
(C) 1547 00,35 21,86 00/22/05 TÆ0m0768 . Tableau 68 (B) 1,49 0,41 1,83 0,17 Tableau 69 (A) 4,43, 0,457 :2,20 N0,22 47/6070; 600008 00521 Tableau 69 (G) 4,49: 0,33. 4,84 00/4005, 18-20761 Tableau 69 (M) 1529720589 202795 009 Tableau 69 (CI) ANG OSAL T1, 8500 800 RE TET 0,65 Tableau 69 (CII) 1,48220123- 04/87 200 SETOSSR OC < Tableau 69 (CG) 4,48: 10739 04,85 0 21 27 0 CONS, 13220755 Tableau 71 (CN) 2:38: L0F40e 259140830050 0710 Tableau 71
N. 238. Cas des Binaires de type A. — Les diagrammes (C) de la figure 13 et (A) de la figure 15 présentent entre eux de grandes différences. Certes, dans
les deux cas, e commence par croître avec log ie et passe par un maximum de coordonnées (X,, e,) pour P compris entre 20 et 50 jours, puis par un minimum de coordonnées (X;, &), mais, comme le montre le Tableau 70, si les deux maxima correspondent à peu près à la même abscisse, par contre leurs ordonnées sont différentes ; les deux minima ont au contraire même ordonnée, mais ne correspondent pas à la même abscisse.
À partir du premier minimum e,, e croît dans les deux cas, et passe par un second maximum (X3, €3) ; le Tableau 70 montre que si ces deux maxima correspondent sensiblement à la même ordonnée e,, leurs abscisses sont par contre différentes. Les deux maxima e, et e, sont d’ailleurs beaucoup mieux dessinés sur la courbe (A) que sur (C) ; on se rappelle en effet que sur cette dernière, le maximum e, est à peine esquissé en g.
Au delà du second maximum e,, e décroît sur les deux diagrammes, mais seule la courbe (A) présente un second minimum dont les coordonnées sont : X4 — 5,08 et e, — 0,31. Enfin la branche kl de (C) n’est représentée sur (A) que par un seul point de coordonnées : X — 6,11 et Y — 0,81.
Les diagrammes (C) et (A) présentent donc entre eux d’assez grandes différences.
N. 239. Gas des Binaires de type F. — Le diagramme (F) comprend deux branches de courbe nettement distinctes, situées, l’une (C;) dans le
domaine des petites périodes, l’autre (C,) dans celui des grandes périodes : la première correspond aux Binaires Spectroscopiques, la seconde aux Binaires Visuelles.
Le long de la branche (C;), e est une fonction croissante de log P,, € croissant
de 0,04 à 0,76 quand log P; croît lui-même de 0,37 à 2,20 ; nous n’y trouvons pas trace du maximum e,, ni du minimum e, de la courbe (C) de la figure 13. Aucun point figuratif ne tombe entre les abscisses 2,20 et 4,01. Le long de la branche (C), & croît de 0,37 à 0,86 quand log P, croît lui-même de 4,01 à 5,12. L’existence d’un point figuratif de coordonnées (X — 5,28 ; Y = 0,45) paraîtrait indiquer, si elle se confirmait, la présence d’un maximum (X = 5,12; Y — e, — 0,86), mais le matériel est actuellement trop pauvre pour qu’on puisse le vérifier.
On voit par ce qui précède que les courbes (F) et (C) sont nettement différentes. :
N. 240. Cas des Binaires de type G. — Les diagrammes (G) et (C) sont en tous points comparables :
Chacun d’eux comporte deux branches de courbe (abcdgh) et (kl) séparées par une lacune correspondant à celle des périodes. La première branche présente successivement, en b un maximum (X,,e,), en c un minimum (X,, &), en g un second maximum (X:, e.) ; le long de la seconde branche de courbe (kl), e est une fonction croissante de log P;. Seules les coordonnées relatives aux maxima et au minimum diffèrent légèrement comme on peut s’en rendre compte en consultant le Tableau 70. En particulier, le second maximum est nettement plus accentué sur la courbe (G) que sur la courbe (C).
N. 241. Cas des Binaires de type K. — Les diagrammes (K) et (C) sont très différents. La courbe (K) définit en effet e comme une fonction constam- . ment croissante de log P,, € croissant presque régulièrement de 0,04 à 0,74
quand log P; passe de 0,50 à 5,36.
N. 242. Cas des Binaires de type M. — Par suite de l'extrême pauvreté des divers groupes de périodes en Binaires de classe spectrale M, nous ne pouvons rien affirmer de certain sur la forme de la courbe (M). Cette dernière présente peut-être un maximum (X,, e,) dont les coordonnées sont, comme le montre le Tableau 70, assez voisines de celles du premier maximum des
courbes (F) ou (G). L'existence de ce maximum est toutefois loin d’être certaine puisqu'elle n’est basée que sur une seule Binaire. Elle supposerait alors la présence d’un minimum de coordonnées (X;, e&), au delà duquel € serait une
fonction constamment croissante de log P,. L’abscisse de ce minimum ne coïncide d’ailleurs. avec celle d’aucun des minima trouvés antérieurement (Voir Tableau 70).
N. 243. Parenté entre la courbe (C) et les courbes (B), (A), (F), (G), (K) et (M). — Nous allons maintenant chercher dans quelle mesure les particularités des courbes (B), (A), (F), (G), (K) et (M) contribuent à l’apparition de celles de la courbe (C).
Entre les abscisses X — 0,43 et X — 1,47 les six diagrammes de la figure 15
définissent Y — e comme -une fonction croissante de X — log P;; par suite les Binaires des diverses classes spectrales concourent toutes à donner la branche montante ab de la courbe (C) de la figure 13. Par contre seules les Binaires de types B, À, G et M sont responsables de l'apparition du maximum €, au point d’abscisse X — 1,47 de (C), puisque les courbes (B), (A), (G) et (M) sont les seules à posséder un maximum dont l’abscisse soit voisine de 1,47, et que ces mêmes types spectraux favorisent l’existence de la branche descendante (bc) de la courbe (C).
L'influence des Binaires des diverses classes spectrales sur l'apparition du minimum €, au point c d’abscisse X — 1,86 de la courbe (C) est un peu plus difficile à analyser. Les Binaires de types B et G y sont nettement favorables puisque les courbes (B) et (G) possèdent elles-mêmes un minimum dont l’abscisse est voisine de 1,86 ; les Binaires de types F et K y sont par contre défavorables, car elles ont pour effet de diminuer l’oscillation (e, — e,) de Y — e entre les abscisses X, et X, sur la courbe (C). Les Binaires de types A et M tendent au contraire à augmenter cette oscillation puisque les diagrammes (A) et (M) présentent un minimum dont l’abscisse est nettement supérieure à 1,86, mais elles contribuent pour cette même raison à diminuer la pente de (C) à droite du point c, au moins dans le voisinage immédiat de ce point.
L'existence de la branche montante (cg) de (C) est une conséquence de la tendance générale des diverses courbes de la figure 15 à définir Y — e comme une fonction croissante de X — log P;, dans la majeure partie de ce domaine, dès qu’on s'éloigne assez du point c d’abscisse 1,86.
En ce qui concerne le maximum e, de (C) situé au point g d’abscisse X, — 5,14, seules les Binaires de spectre À en contrecarrent l’apparition, le second maxi-
mum de (A) correspondant à une abscisse nettement inférieure à 5,14; les Binaires de type G sont seules responsables de l'existence de la branche descendante (gk) et du maximum g que (G) est seule à présenter sur les six courbes de la figure 15 au delà de X — 5,14.
Enfin les Binaires de type G participent presque seules à l'apparition de la branche (kl) de (C), que (G) est par ailleurs seule à posséder, les Binaires de type À n'y contribuant que par un seul point.
Si nous portons en outre notre attention sur les nombres n dont sont affectés les points figuratifs des diagrammes de la figure 15, les diverses remarques précédentes peuvent se résumer comme suit :
L’allure générale de la courbe (C) est surtout influencée, dans le domaine des petites périodes par les Binaires de types B, À et G qui y sont relativement nombreuses, et dans celui des grandes périodes par les Binaires de type’G qui y dominent nettement.
N. 244. Sur les particularités des courbes (CI) et (CII) — Dans la région des courtes périodes, la branche montante (ab) de (CI) découle tout naturellement des parties de même nom des diagrammes (B) et (A) qui.correspondent aux domaines de plus grande fréquence de ces Binaires, le maximum e, des courbes (B) et (A) dont l’abscisse est voisine de 1,45 se retrouvant par suite sur (CI).
Au delà du point b dont l’abscisse est voisine de 1,47, l’allure nettement différente des diagrammes (B), (A) et (F) rend manifeste la différence des attitudes des Binaires de ces trois types à l’égard de la relation (Période-Excentricité) que nous avons signalée antérieurement (Cf. N. 233) et que nous avons rendue responsable des multiples irrégularités de la partie (cd) de la courbe (CT). Le minimum e, d’abscisse X; — 1,83 de (B) se retrouve toutefois sur (CI), mais l’oscillation (e, — e,) relative à l'intervalle (X;, X,) y est beaucoup moins grande.
Au delà du point d, dont l’abscisse est voisine de 4, la courbe (CI) présente comme (A) un maximum dont l’abscisse est voisine de 4,5, mais la branche descendante qui part de ce maximum est fort différente sur (CT) de celle trouvée pour (A).
. La courbe (CII) relative aux Binaires de Type II de Secchi, ressemble beaucoup à la courbe (G) dont elle reproduit assez fidèlement les diverses particularités (maxima ou minima) ; les diverses irrégularités de (G) s’y retrouvent toutefois un peu atténuées dans l’ensemble par l’influence des Binaires de type K
qui définissent au contraire Y = e comme une fonction toujours croissante de X — log Pr
En résumé, le manque d’homogénéité du groupe spectral (B, A, F) et même du groupe spectral (G, K) à l’égard de la relation (Période-Excentricité), diminue beaucoup l'intérêt qu’il peut y avoir dans ce cas à considérer les courbes (CI) et (CII) correspondant aux Types I et II de Secchi. Il nous semble préférable, maintenant que nous disposons d’un matériel plus abondant, d'étudier, comme nous l’avons fait, les courbes (B), (A), (F), (G), (K) et (M) relatives aux diverses classes spectrales.
N. 245. Conclusions. — Les grandes différences que présentent entre elles les courbes (Période-Excentricité) relatives, soit aux Types spectraux I et IT de Secchi, soit aux diverses classes spectrales B, À, F, G, K, M, mettent nette-
ment en évidence l’influence de la nature du spectre sur la forme de la courbe
(Période-Excentricité), mais cette influence est loin de se manifester d’une manière aussi simple qu’avaient pu le croire, en 1910, H. Ludendorff et W. W. Campbell, quand ils écrivaient que, pour toutes les classes spectrales, l’excentricité croît avec la période.
L'étude de la courbe (C) nous avait déjà montré que, conformément aux résultats obtenus en 1921 par R. E. Wilson :
Pour l’ensemble des Binaires de tous spectres, l’excentricité n’est pas une
fonction constamment croissante de la période.
L'étude des courbes (CI) et (CII) nous a montré que cette conclusion est également valable pour les Binaires appartenant aux Types spectraux I et II de Secchi. La même conclusion ressort de la courbe de R. E. Wilson correspondant à (CI); par contre, sa courbe analogue à’(CIT) paraît définir e comme une fonction seulement jamais décroissante de la période.
Enfin l'étude des courbes (B), (A), (F), (G), (K) et (M) nous a permis de constater que la conclusion formulée plus haut s'étend aux Binaires de chacune des diverses classes spectrales à une exception près. Nos recherches ont en effet montré que : à
S1 l’excentricité est une fonction toujours croissante de la one dans le cas
des Binaires de type K, il n’en est pas de même phare il s’agit des Binaires de
classes B, À, F, G ou M.
Les courbes (B), (A), (F), (G) et (M) présentent un certain nombre d’irrégu- |
larités (maxima, minima, etc.) qui se retrouvent d’ailleurs plus ou moins, SUivant le cas dans les courbes plus générales (C), (CI) ou (CII).
III. — INFLUENCE DE LA MAGNITUDE ABSOLUE DES BINAIRES SUR LA FORME DE LA COURBE (PÉRIODE-EXCENTRICITÉ)
N. 246. — R.E. Wilson (R. 61) a pensé trouver une explication partielle de la différence entre les courbes relatives aux Types I et II de Secchi dans le fait que les étoiles de Type I sont essentiellement des géantes, alors que les étoiles de Type II sont géantes ou naines, la courbe (CI) représentant dès lors la relation (Période-Excentricité) dans le cas des systèmes géants, tandis que la courbe (CII) figure le résultat de la combinaison de deux relations essentiellement différentes concernant l’une les géantes, l’autre les naines. Cet auteur a ainsi été amené à étudier l'influence de la magnitude absolue des Binaires sur la forme de la courbe (Période-Excentricité).
Considérant comme naine toute Binaire dont la magnitude totale absolue est mesurée par un nombre supérieur à + 2,5, R. E. Wilson a réussi à trouver, parmi les 235 systèmes dont il disposait, 140 géantes et 72 naïnes dont il s’est servi pour étudier la relation (Période-Excentricité) dans le cas des géantes et dans celui des naines, et pour tracer ensuite sur un même graphique les deux courbes correspondantes (R. 61, figure 3). Un examen attentif de ces deux courbes nous montre que : |
La courbe relative aux géantes ressemble beaucoup à celles concernant, soit l’ensemble des Binaires de tous spectres, soit les Binaires appartenant au Type I de Secchi ; elle présente en particulier comme ces dernières un maximum pour le groupe de périodes (25 j-100 j) et un minimum pour le groupe de périodes (100 j-5 ans).
La courbe relative aux naines s’écarte des précédentes en ce sens qu’elle ne présente ni maximum ni minimum; elle demeure constamment en dessous de la courbe concernant les géantes et paraît révéler un accroissement régulier de l’excentricité avec la période ; elle n’est par suite pas identique à la courbe fournie par les Binaires de Type II qui présente une large inflexion à tangente oblique.
R. E. Wilson en conclut (R. 61, p. 149) : -
« Ainsi, dans les systèmes géants, l’excentricité semble croître plus rapidement dans les plus courtes périodes et atteindre une valeur moyenne maximum de e pour des périodes supérieures à 50 ans. Dans les systèmes nains, l’excentricité paraît croître plus lentement et atteindre approximativement la même valeur moyenne maximum de e seulement pour de très longues périodes. Eu égard à la préférence marquée des systèmes géants pour les plus
courtes périodes, et des systèmes nains pour les plus longues périodes, une explication partielle de lanon-uniformité dela courbe moyenne, figure [analogue à (C)] est offerte sur cette base que la première moitié de la courbe moyenne est due aux systèmes géants avec leurs excentricités systématiquement plus grandes que la moyenne, et la seconde moitié aux systèmes nains avec leurs excentricités systématiquement plus petites que la moyenne.»
N. 247. — J. H. Moore et R. G. Aïtken ont repris dès 1924 les recherches précédentes (R. 62), mais en se plaçant dans des conditions un peu différentes : ils ont tout d’abord éliminé les Binaires dont la période est comprise entre 0 et 5 jours en raison de leur trop grande fréquence parmi les systèmes appartenant aux premières classes spectrales ; ils ont de plus admis + 3,0 comme magnitude totale absolue séparatrice entre géantes et naines.
Ces auteurs ont ainsi trouvé comme valeur moyenne de l’excentricité :
0,29 pour 75 Binaires de types (Oe-A5) renfermant seulement quelques naines,
0,21 pour 68 Binaires de types (FO-M6) renfermant 23 naines.
Bien que les 23 naines aient fourni pour l’excentricité moyenne une valeur de 0,12 contre 0,21 pour 64 Binaires présumées géantes, et que la différence notée plus haut puisse être imputée à la présence des 23 naines parmi les Binaires de types (FO-M6), J. H. Moore et R. G. Aïtken n’ont pas cru pouvoir
en déduire que les naines sont en moyenne associées à de plus petites excentri-
cités que les géantes. Ayant par ailleurs constaté fort peu de différence entre les excentricités moyennes relatives aux géantes et aux naines chez les Binaires Visuelles, ils ont estimé que leur discussion ne confirmait pas la conclusion à laquelle R. E. Wilson était parvenu, à savoir que :
L’excentricité est en général plus petite pour les systèmes nains que pour les systèmes géants.
Dans ces conditions, il semble qu'il y ait lieu d'étudier à nouveau l’influence de la magnitude absolue des Binaires sur la forme de la courbe (Période- Excentricité) en se basant sur le matériel actuel, de beaucoup plus abondant que celui dont disposaient les chercheurs, il y a vingt ans.
N. 248. Les données actuelles. — Nous possédons actuellement la parallaxe 5 de 461 des 533 Binaires dont les éléments nous sont connus. Il nous est par suite possible de déduire la magnitude totale absolue M de ces étoiles à partir de leur magnitude totale relative m, par simple application de la formule classique :
M=m+5+51l0og5s,
à condition toutefois de déterminer au préalable m au moyen des magnitudes relatives des composantes m, et m, dans le cas où ce sont seulement ces dernières qui sont fournies par les catalogues. La parallaxe employée est, par ordre de préférence, trigonométrique, spectroscopique ou dynamique suivant le cas ; nous nous sommes conformés, à cet égard, à la règle que nous avons adoptée au paragraphe N. 5 ; les magnitudes utilisées, m,, m, où m, proviennent du Catalogue de J. H. Moore (R. 2) pour les Binaires Spectroscopiques, de celui de W.S. Finsen (R. {) pous les Binaires Visuelles.
Les 461 magnitudes totales absolues calculées se répartissent comme suit :
M < 2,5 pour 272 Binaires, 2,5 < M < 3,0 pour 31 Binaires, M > 3,0 pour 158 Binaires.
La répartition des 461 Binaires correspondantes entre géantes et naines a été effectuée de deux manières différentes : dans le premier cas, nous avons pris comme magnitude totale absolue servant à séparer ces deux classes d'étoiles M, — + 2,5 comme R. E. Wilson; dans le second cas, nous avons adopté M, — + 3,0 comme J. H. Moore et R. G. Aïtken.
Aux 461 systèmes dont la magnitude absolue nous est ainsi connue, nous avons ajouté 62 autres Binaires présumées géantes parce que le type spectral de leur primaire est À ou B. Notre étude porte ainsi sur un total de 523 Binaires
qui se répartissent comme suit :
334 géantes et 189 naines pour M, = +25; 365 géantes et 158 naines pour M, = + 3,0.
Nous avons ensuite calculé dans le cas des géantes et dans celui des naines
la valeur moyenne de la période P; (exprimée en jours) et celle de l’excentricité e, pour les divers groupes de périodes envisagés au Tableau 69. Les valeurs de log P,;, de e, et celles du nombre » de Binaires correspondant, ont été consignées dans les diverses colonnes du Tableau 71.
Ajoutons, pour rassurer le lecteur, qu’un essai préalable nous avait montré que l’adjonction aux 461 Binaires dont la magnitude absolue est connue, des 62 Binaires seulement présumées géantes, ne change pas sensiblement la forme générale de la courbe (Période-Excentricité), les abscisses et les ordonnées relatives aux diverses irrégularités de la courbe (maxima ou minima) s’en trouvant à peine modifiées.
N. 249. Représentation graphique. — R. E. Wilson ayant seul publié une étude détaillée de la question, avec diagramme correspondant, nous nous sommes contentés de représenter graphiquement les résultats obtenus dans le cas où M, — + 2,5 examiné par cet auteur. À cet effet nous avons, comme d’ordinaire, porté en abscisses les valeurs de log P, et en ordonnées celles de Y —%; les divers points figuratifs ont été affectés du nombre r de Binaires correspondant. Les deux diagrammes obtenus constituent la figure 16; ils concernent respectivement : |
(CG) les géantes, (CN) les naines.
Nous nous contenterons, au cours de la discussion qui va suivre, d’indiquer rapidement les modifications observées quand on adopte M, — + 3,0 au lieu de M, = + 2,5 comme magnitude absolue séparatrice entre géantes et naines; elles sont d’ailleurs évidentes sur le Tableau 71.
TABLEAU 71 Influence de la magnitude absolue des Binaires sur la forme de la courbe (Période-Excentricité). Catégorie [BS+BV +BV'—{C)].